Mercredi 14 mai 2008



Vu sur le site Chemin de Vie de Dominique Jeanneret qui se trouve dans les liens

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Mercredi 23 avril 2008

En lisant avec intérêt le sujet du mouvement interrompu, j’ai eu spontanément le souhait de répondre en donnant un point de vue suivant l’Analyse Transactionnelle d’Éric Berne, puis j’ai « interrompu ce
mouvement » et cela m’a montré que ce sentiment, la spontanéité, peut être très fortement réprimée dans l’enfance (ce fut mon cas) pour adopter des comportements de conformité dont on peut mesurer la puissance d’invalidation dés lors que nous entreprenons un travail de connaissance et de conscience de soi.

Berne a conçu un concept de fonctionnement de « sentiments parasites ou rackets » qui sont des sentiments de substitution, des sentiments écrans à la place de l’expression d’un sentiment ou émotion authentique et profond. Ce sentiment, adopté et exprimé par le tout petit enfant, face à ses parents, parce que plus
« acceptable » et ainsi obtenir ce dont il a besoin : amour, reconnaissance, existence, protection, intérêt,
etc. .. restera dans la vie de la personne devenue adulte et se manifestera compulsivement, en fonction d’un événement extérieur (processus d’élastique ou de restimulation) mais sera inapproprié à la situation.

Au moins deux raisons essentielles à cela : d’une part il n’est plus en face des « mêmes figures d’autorité », donc pas les mêmes enjeux, d’autre part « il n’est plus un enfant », ainsi ce « racket » aura perdu de son efficacité, la réponse ne sera pas satisfaisante, d’où les sentiments de frustration, de déception, de colère, tristesse, etc…qui pourront amener la personne à « ré-aménager » son racket au bénéfice d’un autre ; c’est un peu comme la formule « un racket peut en cacher un autre ».

Le déguisement de ces sentiments ou émotions entraîne une inadaptation et contraint la personne devenue adulte à manipuler son environnement pour obtenir ce qu’il obtenait enfant sans avoir à le « demander » d’une façon directe mais en le « quémandant » à travers l’expression du sentiment choisi pour être le plus efficace .

Si la colère est un sentiment qui lui procure une remontrance de type, fessée, punition, isolement de la part des parents et que son besoin, à ce moment là, est d’attirer l’attention, il gardera ce sentiment parasite, parce qu’efficace : on le reconnaît, on s’occupe de lui, on n’est pas indifférent, ainsi, chaque fois qu’il aura besoin d’attention 20, 30, 50, ans plus tard, il aura des accès de colère incontrôlés et pas adéquats à la situation présente. Il se montrera dans des attitudes de comportement : amertume, provocant, hostile, rancunier, suffisant, agacé, etc …

Il en est de même des autres sentiments que sont la tristesse, la joie, la peur. C’est la même structure scénarique qui se développe. Berne donnait le nom de scénario, de pièce de théâtre. Le but est d’obtenir, par un « chantage affectif » ce que l’on ne peut demander délibérément. La demande étant, chez le tout petit enfant, son besoin d’amour et de toute puissance de ses parents.

Pour le sentiment de tristesse, pour être reconnue à travers lui, la personne montrera des attitudes de comportement : honteux, désespéré, léthargique, nostalgique, fatigué, ennuyé, malheureux, etc …
Pour le sentiment de joie, pour être reconnue à travers lui (enfant c’était le rayon de soleil des parents), la personne montrera des attitudes de comportement : agréable, exubérant, en forme, plein, d’espoir, etc …
Pour le sentiment de peur, pour être reconnue à travers lui, la personne montrera des attitudes de comportement : anxieux, modeste, coupable, inhibé, nerveux, plein d’appréhension, angoissé, timide, etc….

Le danger de la persistance des sentiments parasites est qu’ils ouvrent la porte à des jeux scénariques de : Victime, Sauveur, Persécuteur, apportant et confirmant au parasiteur le Bénéfice (ce qu’il obtenait enfant par le même stratagème, de ses parents) Secondaire (inconscient) Négatif (profondément dommageable dans l’ignorance de l’origine de ce comportement). Le B.S.N. est ce que la personne devenue adulte cherche à obtenir dans ses relations avec les autres, ignorant que les autres ne font pas  partie du cadre de référence de son enfance.

Pourquoi garder ces fonctionnements lorsqu’ils s’avèrent moins efficaces une fois devenu adulte ? probablement, mais c’est mon point de vue, pour une speudo-sécurité, en ne prenant pas le risque d’exprimer des émotions « non autorisées » et ainsi éviter le rejet ou jugement. En le mentionnant je constate que ces agissements ont un lien très proche avec « les méfaits » qui entraînent justifications et mensonges.
L’issue favorable étant de pouvoir reconnaître et confronter ces sentiments parasites lorsqu’ils apparaissent, d’une manière toujours exacerbés, par rapport à la situation présente.
Colère, tristesse, joie, peur comme sentiments parasites ou déguisés peuvent être remplacés par Colère, Tristesse, Joie, Peur en tant que sentiments authentiques et appropriés à l’instant présent par un Adulte Responsable.
Reconnaître ses rackets permet à la personne en exprimant ses émotions véritables, authentiques, d’ouvrir un espace d’énergie et de créativité.
Merci à toi Christiane, qui me donne l’occasion de m’exprimer, merci aux partages de tous.

Commentaire de Christiane

Merci Marie pour ce partage qui permet de comprendre qu'il y a des émotions secondaires qui cachent des émotions primaires et que ce sont ces dernières que nous cherchons à libérer dans le travail de constellations.
 

Je reviendrai ultérieurement sur ce sujet.

bonne lecture à vous.


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Lundi 21 avril 2008


Au cours d’une constellation, nous proposons souvent de dire à un parent cette phrase je te laisse ton histoire ou je te laisse ton destin afin de dénouer l’intrication et que la personne retrouve le chemin de son propre destin, libre de jouir de l’élan de vie transmis par ses ancêtres.

Or, demander à un adulte/enfant de prononcer ces mots alors que son histoire et celle de son parent sont étroitement mêlées depuis parfois 40, 50 ans peut relever du défi, générer de la confusion, de la peur, des résistances, de l’incompréhension. Le constellant ou son représentant donnent à voir d’abord des parties meurtries de l’enfant. Et ces mots sont d’abord entendus par l’enfant blessé avant d’être intégrés par l’adulte.

Il sera alors opportun de préciser  je te laisse ton histoire avec tes parties d’effondrement, ta tristesse, ta maladie, ton cancer, ta folie, ta dépression, ta violence selon le cas. Il est important de nommer ces parties qui sont disfonctionnelles, aberrées et anti-survie et qui font que les derniers arrivés dans le clan inversent le flux de vie en tentant de nourrir leurs ancêtres au lieu d’y puiser de l’énergie.

Si ces parties ne sont pas clairement identifiées, la personne risque d’avoir l’impression d’abandonner le parent, de le lâcher ce qui réactivera la culpabilité déjà présente et qui fait obstacle à prendre père et mère.

Car si l’enfant a pris sur son dos une partie de l’histoire d’un parent, c’est dans l’intention de sauver, soulager, soutenir ce dernier, de combler le vide créé par un parent exclu ou mort ; ce mouvement est mu par une autre intention fondamentale qui est celle d’appartenir au clan familial. Et pour appartenir à sa famille, l’enfant est prêt à payer un lourd tribut. Faire quelque chose pour le clan donne bonne conscience et entretient un sentiment d’innocence. Cela évite de contacter la peur, l’angoisse, l’impuissance. Appartenir est un besoin vital pour survivre.

Certains enfants croient qu’ils ne peuvent appartenir à leur famille qu’en se conformant à la folie d’un père, à l’énergie destructrice d’une mère ou en dupliquant le cancer d’une grand-mère, d’une mère. Ils croient que c’est à ce prix qu’ils pourront recevoir amour et reconnaissance.

Ils ne savent pas que la fidélité dont ils témoignent est porteuse de désordre, de mort pour eux-mêmes et les générations à venir ; ils ne réalisent pas que de telles intentions sont irréalisables et génératrices d’une impression d’échec constant qui va  saper la confiance en soi et en la vie. De tels enfants développent ensuite les croyances qu’ils sont nuls, incapables, pas à la hauteur, qu’ils doivent être parfaits sinon ils ne méritent ni bonheur ni réussite.

Parce qu’ ils prennent en charge de tels fardeaux, ils vont se heurter à leurs limites, à leur impuissance ; ils se sentent dépassés par la tâche qu’ils se donnent car ils n’ont pas les ressources pour gérer une mission qui est impossible, au-dessus de leurs forces, capacités et qui ne peut que conduire à l’échec et au désespoir.

Pour tenter de manier la mission qu’ils sont imposée et ne pas  ressentir l’impuissance, ils vont se croire
« tout-puissant » et mettre en place beaucoup d’efforts pour réaliser cette croyance ; il en résultera souvent que le corps et le mental s’épuiseront. Mais devenir un enfant dont le combat persiste et lui donne le sentiment d'exister, évite de ressentir les blessures et  l’impuissance.


L’enfant intriqué, parentifié mûrit trop rapidement et de ce fait, son processus de croissance est bloqué. La force d’un adulte vient de décisions lucides, responsables où il évalue avec conscience ses limites,  faiblesses et forces. Or, le petit enfant, dans la pensée magique, avec ses pulsions instinctives, ignore ses limites, se mettant ainsi en danger. Il ignore également que cela aura des conséquences sur les générations à venir.

Il sera alors opportun de préciser  je te laisse ton histoire avec tes parties d’effondrement, ta tristesse, ta maladie, ton cancer, ta folie, ta dépression, ta violence selon le cas.

Nommer permet de distinguer les parties saines, porteuses de vie des parties malades, destructives. Cela permet de discerner que le chemin de guérison passe par la restitution de responsabilités qui n’appartiennent pas à l’enfant mais aux parents et par la reconnaissance de ce qui est. Car en luttant contre certains des aspects ou faits négatifs, nous restons prisonniers.
Sans cette clarification, l’enfant ne pourra pas aller vers une résolution et se détacher car il reste lié par un sentiment de culpabilité et l’idée qu’il peut faire quelque chose pour ses parents.

Nommer ces parties permet de reconnaître que tout n’est pas « mauvais » chez le parent et facilite alors l’identification aux côtés positifs et l’accueil de ce qu’ils ont donné au prix que cela leur a coûté.
 
Nos parents sont des Êtres qui ont plusieurs identités comme nous-mêmes d’ailleurs :

-la mère attentive, intelligente, capable de raison, de douceur, de créativité
-la mère déficiente qui ne prend pas responsabilité pour ses actes et reste dans la dépendance affective, cherchant du soutien chez ses enfants au lieu d’aller le prendre chez ses propres parents ou auprès de son conjoint
-la mère qui travaille avec compétence
-la mère dont la propre mère est morte d’un cancer fulgurant ou en donnant naissance à un petit frère ou en se suicidant pour suivre son propre père mort d’un accident.
-la mère vivante, joyeuse, légère.

Prendre père et mère, c’est reconnaître toutes ces facettes, au-delà du jugement, des considérations et que c’est à ce prix que nous sommes vivants.  Toutes ces identités constituent la Personne et en exclure certaines empêchen de se sentir entiers, pleins.
Ainsi, dire Je te laisse ton histoire, c’est dire je te laisse tel que tu es. Je renonce à vouloir te changer et je vais vivre mon propre destin, et pour ce qui m’a manqué, blessé, je vais m’en occuper.

En retrouvant son propre élan, ses propres intentions,  nous nous relions alors au parent aimant, à cette partie intacte et non blessée que toute Personne porte en elle. Ou plutôt que toute Personne est en Essence : le Soi, lConscience, Vacuité.

Christiane Perreau


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Vendredi 11 avril 2008

Introduction de Christiane Perreau


Comme déjà indiqué, il est des colères transgénérationnelles ; il peut aussi s’agir d’une autre émotion comme la tristesse ou la peur. Ce sont des émotions qui n’appartiennent pas directement à la personne mais qui résulte d’identifications et de cycles non clos : exclusions, injustices, actes néfastes, deuils qui ont engendré des ressentis négatifs.

Ainsi une fille peut être identifiée à la colère de sa mère qui a été mise à la porte de chez elle, avec ses 4 filles et dépossédée de ses biens par son mari, père des enfants ; la mère n’a pas exprimé de colère, refoulant sa douleur et prise dans l’urgence d’assurer sa survie et celle de ses filles ; mais, maintenant c’est une fille qui l’adresse à une personne totalement étrangère à l’histoire (son compagnon) et pour qui c’est donc totalement incompréhensible et irrationnel.

La personne “possédée” par une telle émotion ne peut se contrôler et en souffre. Elle peut dire “j’ai le sentiment de porter une colère qui ne m’appartient pas” mais dans les moments de réactivité, elle devient la colère, ignorant l’origine de cette émotion qu’elle assume à la place de sa mère. Mais cette colère est inefficace ; elle ne s’adresse pas au destinataire (le père). Cette colère mue souvent par un sentiment d’injustice (défendre la mère dans cet exemple) crée une injustice supplémentaire puisqu’elle est adressée à une personne innocente (le compagnon ou les enfants). Ce sont des colères qui affaiblissent les personnes au lieu de leur permettre de retrouver leur intégrité, leur force. En constellations, nous appelons cela un double transfert.

Fernand dont voici le témoignage a fait une constellation sur ce thème : en effet ses fils alors âgés de 12 et 14 ans issus d’un deuxième mariage ainsi que lui et sa compagne étaient régulièrement en proie à des colères terribles alors qu’il y a de l’amour entre eux. Les relations avec son fils aîné âgé de 38 étaient également difficiles. Dès la mise en place  de cette famille, les représentants sont pris de colère voire de fureur s’apparentant à une énergie destructrice ; tout laisse supposer qu’il manque quelqu’un et qu’un incident grave s’est passé dans la lignée féminine de la mère de Fernand.  Dès l’introduction des absents (victime et coupables présumés), un changement important va se faire dans la constellation.

Le témoignage de Fernand est d’autant plus intéressant qu’il est précis dans la chronologie des faits qui se sont produits après ce travail que Fernand a fait fructifié jusqu’à maintenant. Cela permet aussi de voir qu’une constellation peut transformer certains comportements immédiatement et que pour d’autres, il est nécessaire de compléter le travail comme a si bien su le faire Fernand.

Merci Fernand pour ce partage authentique.

******************************


Témoignage de Fernand : La suite de ma Constellation Familiale

 
Le nœud de la colère dans la lignée des femmes étant dénoué grâce à cette constellation familiale, voici comment j’ai expérimenté l’amour qui peut maintenant circuler dans mon clan.

 
Ma Constellation Familiale :
(21.08.2005)
 
Le nœud de la colère des femmes :
Christiane souligne que cette colère chez les femmes de la lignée est due à une tragédie tels un suicide, un homicide ou un infanticide. Le fait réel n’étant pas connu, il s’agirait dans mon cas (selon une intuition de Christiane) de l’homicide d’une femme de la génération précédant ma grand-mère maternelle. Cette femme crie à l’injustice à travers la lignée des femmes et demande réparation.

Cette tragédie est d’abord réparée, cette lignée des femmes réharmonisée à travers un rituel très précis et chaque génération répare les conséquences de cette colère en remettant l’ordre naturel entre les membres du clan. Ce dont je me souviens c’est que la lignée des femmes du côté de ma mère a été guérie à travers trois générations. Tout cela à travers les représentants.

À la fin, la colère disparaissant, j’assistais à la joie familiale s’exprimant par des accolades et des embrassades comme dans une véritable fête de Noël.

 
La suite de cette constellation….
(21.08.2005-23.02.2006)
 
Lorsque ma constellation fut terminée, j’ai demandé à Christiane ce que je devais faire maintenant avec ce qui venait de se vivre par représentants porteurs de l’inconscient de mon clan. Tu n’as rien à faire. Laisse cet événement agir par lui-même dans ton clan et accueille les résultats, m’a-t-elle répondu.
Après six mois, voici les résultats que j’ai pu observer.
 
1. La colère dans ma famille : (notre couple et nos deux garçons)
Ce comportement survenait au quotidien, entre les enfants et nous comme parents. Ces colères souvent irrationnelles ont presque complètement disparu deux mois environ après la constellation. C’est comme si cette situation n’avait jamais existé. Le respect de chacun n’est pas totalement acquis, mais il y a un espace pour évoluer. Je me souviens d’une rencontre à quatre pour régler un conflit lié au harcèlement de l’aîné envers son frère cadet. Contrairement à ce qui se passait habituellement, le plus vieux reconnaît son comportement et accepte de faire son possible pour s’améliorer. Donc, il sort de sa colère revendicatrice et irrationnelle, et adopte un comportement plus responsable face à la situation. En dix ans de répétitions de la même situation, cette évolution survient évidemment pour moi en lien avec ma constellation.

De plus, durant ma constellation, les deux représentants de moi et de ma compagne se rejoignent spontanément dans une accolade. Christiane souligne alors ce geste entre les parents comme la source de guérison de la colère chez les enfants. L’exemple d’harmonie entre les parents agit plus efficacement sur leur comportement que toute autre action directe sur eux, ou en tout cas rend celles-ci plus efficaces.
Deux mois après, nous nous sommes engagés tous les deux dans un groupe de croissance personnelle où nous avons travaillé la relation entre nous. Non pas directement la colère puisqu’elle n’était pas là,  mais sur le respect de toutes les composantes de la relation : confirmation, écoute…Et voilà, nous avons tenté de devenir un modèle pour nos garçons, plus par nos actes que par nos paroles. Nous avons ouvert notre cœur en étant authentiques et vulnérables comme personne, ce qui nous donnait l’impression de sortir de notre rôle de parent.
 
2. Un téléphone de mon aîné François :  (05.09.2005)
Mon fils François, né d’une première union, et qui n’a pas vécu au quotidien avec ma famille actuelle issue d’une deuxième union, était présent dans ma constellation par un représentant et avait reconnu ses deux demi-frères et leur mère par la formule rituelle. Deux semaines après ma constellation, François agit d’une façon totalement imprévisible : il téléphone pour souhaiter bonne fête à l’un de ses demi-frères. Sans aller dans les détails pour expliquer ce geste, je peux affirmer qu’il exprime sans équivoque l’amour qui circule dans le clan.

3. Un geste-surprise de mes frères et sœurs : (25.10.2005)
Lors de mon anniversaire de naissance, mon frère et mes quatre sœurs m’envoient une carte collective accompagnée d’un cadeau avec un petit mot bien senti de la part de chacun. C’était la reconnaissance de mon rang d’aînés, clairement indiqué dans leur souhait. Habituellement, je recevais des cartes impersonnelles par internet ; ça m’a beaucoup touché. Totalement imprévisible ! L’amour circule dans le clan. Comme moi, mes frères et sœurs avaient été profondément affectés par les colères de notre mère.

Voilà! c’est une histoire à suivre.

4. et maintenant avec du recul : (12.2007)
J’ai poursuivi ma démarche sur la colère durant les deux ans qui ont suivi ce témoignage (févr. 2006 à déc. 2007). Après cette belle euphorie des premiers six mois qui ont suivi ma constellation, nous fûmes plongés, moi et Lise, dans la tourmente, adolescence de nos deux fils 14 et 16 ans. Ce qui ramenait Lise dans la colère et moi dans la dépression : un modèle transgénérationnel.
En bref, les incidents de santé m’ont amené à travailler en sorte que je prenne contact avec mes propres colères exprimées en mots pour qu’elles ne deviennent pas des maux. C’est tout à fait récent comme retournement : de la dépression/paralysie à la colère/créatrice. Après ces nombreuses méditations quotidiennes durant ma marche matinale de 5 kms, j’en suis venu à poser deux gestes psychomagiques inspirés de Salomé et Jodowrosky et formulés dans le respect des Constellations selon Hellinger. Les deux lettres adressées à mes parents et remises sur leur tombe m’ont permis de me reconnecter avec le courant transgénérationnel dont ils étaient les porteurs et transmetteurs en dépit de leurs limites; soient l’amour inconditionnel de ma mère et la force courageuse de mon père.
Ça commence à fonctionner : Lise sent de moins en moins le besoin de jouer à la Ger-maine et moi je réussis à jouer mon rôle de père structurant. C’est ainsi que nous cheminons tous les quatre vers une plus grande humanité en métamorphosant notre biologie. Tout cela a comme point de départ cette Constellation sur la colère que j’ai faite avec toi il y a de cela deux ans et demi déjà. Comme le temps passe vite! Et aussi, comme il se remplit de conscience grâce à cette session. Un grand merci à toi!




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Mardi 1 avril 2008
Quand surdité rime avec abandon
 
Cette constellation est retranscrite avec l’autorisation de la cliente et afin de préserver son intimité, les prénoms ont été changés.
Pour alléger cet exemple, tout n’a pas été mis, notamment les interventions de Christiane (CP) et les déplacements dans l'espace.
Quand Olivia est écrit en orange, il s’agit de la représentante qu’a choisie Olivia.
Quand Olivia est écrit en noir, il s'agit de la cliente.

CP : qu’aimerais tu pour toi ?
Olivia : entendre
CP : depuis quand n’entends-tu pas ?
Olivia : plus ou moins 25 ans
CP : comment est-ce arrivé ?
Olivia : suite à des vertiges de Ménières
CP : qu’est ce qui s’est passé ?
Olivia : une situation avec la belle famille stressante
CP : y a-t-il des antécédents familiaux ?
Olivia : ma mère a eu une mastoïde à 7 ans aux 2 oreilles.
CP : autre chose ?
Olivia : mon père a été obligé de travailler comme interprète pour les Allemands et a été accusé, à tort, d’avoir collaboré.
Il est alors parti en Afrique.
À 6 ans, mes parents se sont séparés et à 12 ans, j’ai été mise en pension par ma sœur aînée en Italie. Les événements de l’indépendance en Afrique ont empêché notre retour.

CP : prends une personne  pour tes 2 oreilles, une autre pour le symptôme, la surdité et une pour toi.

Ensuite Olivia les place en fonction de son ressenti du moment. Elle met les oreilles derrière sa représentante qui fait face au symptôme.

Olivia regarde parterre et dit « quand les oreilles arrivent, çà me pousse là-bas », désignant un endroit au sol et « çà me donne mal à la tête à droite ».
« Et avec le symptôme, j’aimerais être juste à sa place ». Olivia est alors prête à tomber avec un mouvement de vrille du corps.

Les oreilles : « oreille droite tirée vers le haut et la gauche vers le bas et sur le chemin d’entendre. Les sons sont extrêmement forts et me traversent…vrillée par les sons ».

Le symptôme : j’entends moins bien (il se penche vers la droite). Je suis contente d’être face à Olivia. (Les yeux se ferment un peu)

CP déplace les oreilles afin que les 3 représentants formant un triangle et se voient ; elle demande ensuite ce que cela change

Olivia sent un soulagement, sa jambe gauche devient lourde et est à nouveau attirée par un point parterre.
Les oreilles se sentent tristes et isolées.
Le symptôme a la jambe droite plus enfoncée et plus lourde.

CP : y a-t-il eu un avortement pour toi ou dans ta famille ?
Olivia répond que non. Des enfants morts ? : réponse « oui ».
CP introduit alors quelqu’un pour représenter ce que nous ne savons pas, ce qui reste à découvrir et demande à Olivia de lui indiquer où la bonne place pour ce qui l’attire par terre.

Les oreilles s’assoient à terre en disant : «ah non pas çà, çà va se savoir ». Mais les douleurs se calment.
Le symptôme s’asseoit au sol.
Olivia découvre un besoin en regardant la personne introduite et a des vertiges. Elle dit « ce que nous ne savons pas, c’est pas ma mère, je la découvre »
Alors entre cette personne et Olivia s’ébauche un mouvement très doux qui les amène à se toucher du bout des doigts. Elles sont sœurs.

CP à Olivia : Y a t-il une sœur avec qui tu as eu un lien avec plus important

Olivia : oui, celle qui était mon aînée et qui a remplacé ma mère. il y a eu 10 enfants.

Introduction de la mère qui se sent étrangère, non concernée et a des frissons. Elle voit sa fille comme une étrangère qui la dérange.

CP propose à la mère de dire à Olivia :
-    « tu me déranges et cela a été difficile pour moi d’avoir tous ces enfants ».

Olivia répond avec un ton de colère :
- « je suis avec eux malgré toi et ce que tu me dis me fait mal »

Introduction du Père face à la Mère.
La Mère dit au Père : « je t’en veux énormément »

CP demande si la mère a eu un premier amour ce que confirme Olivia.

Introduction du premier amour qui se sent triste et dit c’est dommage. La Mère dit qu’elle a fait le mauvais choix, qu’elle a beaucoup souffert et demande à son premier amour de la prendre une dernière fois dans les bras. Ils sont émus et se prennent dans les bras l’un de l’autre, longuement ce qui les soulage. Ils ressentent alors encore de la douleur, mais qui peut se transformer ; ils se séparent en paix.

Les oreilles ressentent beaucoup de tristesse.
Olivia est de plus en plus en colère.
Le Père dit à la mère : « je t’en veux de ne pas avoir été plus disponible pour moi ».
La Mère répond « je ne savais pas être plus disponible »

Les oreilles n’ont plus de douleurs, rééquilibrées et disent : « je peux entendre car les choses sont dites »
Le symptôme : « disparu »

La Mère veut aller vers le Père.
Les oreilles disent : « les parents avaient du mal à s’entendre »
Le symptôme : « çà me prend à la gorge (Olivia dit que son père a bu et que ses parents ne se sont jamais vraiment entendus.)

Père et Mère se rapprochent avec un peu de compassion.
Le Père à la Mère : « je sais que je t’ai imposé beaucoup ; c’était trop, tous ces enfants »

Olivia passant de tristesse à colère et se blottissant contre sa sœur : « je suis la vie gâchée de ma mère. Je voudrais être sous terre ; et maintenant elle s’en prend à mon père !! »

Les oreilles : « il y a d’autres hommes, d’autres enfants. »
La Mère : «il fallait bien que je prenne un peu de plaisir et de tendresse ailleurs. »
Olivia très en colère : « la première vérité de la sainte nitouche ! »
Le Père, stable : « cela me dégrise et je comprends ».
Les oreilles se rééquilibrent.
Le symptôme a moins mal à la gorge et aux yeux.

La Mère au Père, suite à leur séparation : « je prends ma part de responsabilité dans ce qui n’a pas marché entre nous. »

CP invite le Père à dire la même chose qui répond « je le sens pas, c’est dur »
CP lui met son propre Père derrière lui ce qui le soulage et l’invite à dire les mots lentement en les ressentant.

Olivia se sent apaisée du fait que sa mère reconnaisse ce qui a été.

La représentante sort pour laisser sa place à Olivia.

CP place Olivia face à sa sœur et lui demande de dire :
-    « j’ai failli mourir »
Olivia pleure et ajoute :
« j’ai pas compris que tu me laisses ; je serai morte pour toi, tu n’as toujours rien compris, je me suis sentie abandonnée ».
Olivia pleure beaucoup. Les oreilles et le symptôme viennent vers elle. Elle commente que sa grande sœur a fait beaucoup pour elle mais aujourd’hui elle m’ignore.

La Sœur dit à Olivia : «  je vois ta souffrance et je vois combien je t’ai fait mal.
La Sœur continue : « je te comprends, peux tu m’entendre, dois- je te le répéter ? En fait je te découvre.»
Les oreilles : « çà fait chaud »
Olivia : « je ne te crois pas »
Les oreilles : « j’entends et je vais t’aider à entendre »
Olivia hésite et dit :
- «maintenant je peux exister et m’entendre »
La Sœur répète et Olivia entend.
Les 2 sœurs se réconcilient et les oreilles les entourent alors que le symptôme s’asseoit parterre.

Olivia se retourne alors vers sa mère, très en colère mais n’ose rien dire.
Sa Mère lui dit : « je comprends que tu as beaucoup souffert »
Olivia ne dit rien et sa mère dit : « je peux entendre ce que tu dis »
Le Père lui dit : « je t’entends »
Olivia dit qu’elle a peur et honte de ses parents, puis très en colère, elle dit à sa mère : « tu t’en fichais de moi »

Olivia voit alors des larmes dans les yeux de sa mère qui dit :
-    « je comprends que tu as beaucoup souffert ; je n’ai pas pu t ‘accueillir comme mon enfant ; je suis profondément désolée ».

Olivia se sent mieux et dit : « j’ai besoin que ce soit entendu et je comprends ; j’ai entendu ce que tu me dis »

La Mère pleure en disant « ma fille »
Olivia se rapproche de ses parents.
Le symptôme dit qu’il n’a plus rien à faire.
Les oreilles se sentent guéries.
Quand surdité rime avec abandon
 

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Mardi 1 avril 2008

Introduction

La constellation de symptôme n’est pas là pour guérir, mais pour sortir des points de vue connus, des idées reçues, des croyances illusoires ; elle complète les approches que la personne a déjà entreprises, donne de nouvelles pistes d’exploration, de compréhension.
Elle met en lumière bien souvent que la maladie ou la mort ont pour origine un amour aveugle qui pousse à mettre son existence en danger pour sauver l’autre et rééquilibrer le système.
La maladie et la mort, vues dans le contexte familial sont la conséquence d’exclusions, d’intrications où une personne (et les enfants savent très bien faire !!) a cru qu’elle pouvait sauver un parent en souffrant à sa place, retrouver ceux qui sont morts, défier la mort en prenant de grands risques avec la drogue ou l’alcool, sacrifier sa santé pour expier un acte néfaste non assumé par son auteur.

En effet, comme le dit Bert Hellinger , « les illusions égarent le malade ou le mourant , dans une forme de pensée, de désir et de comportement « magiques » qui leur font croire que la maladie et la souffrance volontairement endossées pour un autre contribueront à le libérer de son destin tragique »

La maladie est aussi la conséquence d’incidents, de conflits ingérables en temps réel qui dépassent la personne qui se trouve seule face à son désarroi et ne peut le communiquer   ; elle tente alors de le solutionner en étant malade.

La constellation va alors participer aux prises de conscience douloureuses sur les causes de cette réalité et faciliter l’intégration de ce qui était jusqu’ici incompréhensible voire inadmissible ; le handicap auquel une personne peut consentir devient alors une source de connaissance et non plus un obstacle même si celui-ci demeure. Au lieu de lutter contre le symptôme, celui-ci devient un allié respecté.

Cela permet de trouver des ressources inédites pour pouvoir faire face à la maladie voire à la mort avec courage et sérénité.


Christiane Perreau



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Jeudi 27 mars 2008
 Mort

Je suis debout au bord de la plage
un voilier passe dans la brise du matin
et part vers l'océan
il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse de l'horizon.

Quelqu'un à mon côté dit : "il est parti"
parti vers où ? Parti de mon regard, c'est tout !

Son mât est toujours aussi haut
la coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue
est en moi, pas en lui.

Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit "il est parti",
il y en d'autres qui le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux
s'exclament avec joie : "le voilà "

C'est çà la mort !

William Blake


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Mercredi 26 mars 2008
Les enfants…
 


Vos enfants ne sont pas vos enfants.
 
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.
 
Ils viennent à travers vous, mais non de vous.
 
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

 
Vous pouvez leur donner votre amour, mais non point vos pensées,

car ils ont leurs propres pensées.
 

Vous pouvez accueillir leurs corps, mais pas leurs âmes,

car leurs âmes habitent la maison de demain,

 que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.


 
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,

mais ne tentez pas de les faire comme vous.
 


Car la vie ne va pas en arrière,

ni ne s’attarde avec hier.


 
Vous êtes les arcs par qui vos enfants,

comme des flèches vivantes,  sont projetées.
 
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini,
 
 et Il tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
 
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie.
 
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.


 
Khalil Gibran.  
 


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Jeudi 20 mars 2008

Commentaire d'Hélène de Québec suite à la lecture Des liens qui libèrent de Gunthard Weber

J'ai bien apprécié les propos de la page 54 Prendre son père et sa mère :

«on ne devient pas père et mère à cause de ses qualités morales....Un enfant ne peut se sentir en accord avec lui-même et trouver son identité que lorsqu'il se sent en accord avec ses parents... qu'il les prend tels qu'ils sont et les respecte comme ils sont».

Voilà tout un défi qui peut demander beaucoup de travail et une bonne dose  d'humilité. Je comprends que tant que je n'ai  pas franchi cette étape je peux passer ma vie à m'illusionner sur mon cheminement !

 

Point de vue de Christiane

Devenir Père ou Mère est un choix actuellement pour beaucoup de personnes, donc porteur d'une certaine conscience ; mais nos parents, grands parents n'ont pas eu ce choix, le contrôle des naissances n'existaient pas ; mais que ce soit un choix ou non, il est évident que les qualités morales ne sont pas déterminantes, influantes. Les programmes de survie de l'espèce humaine poussent la majorité des gens à devenir père ou mère et c'est bien indépendamment des qualités d'une personne. Comme le dit Bert Hellinger, c'est "l'accomplissement d'un certain acte" qui fait que nous sommes pères ou mères. Et il ajoute "si quelq'un accepte d'accomplir cet acte, il s'insère dans un système qui le dépasse et qu'il sert, indépendamment de ses qualités morales".

C'est peut être aussi une tentative de redonner  ce que nous avons reçu, la vie et pour laquelle nous sommes en dette vis à vis du donneur. En ce sens nous pourrions dire que nous participons à quelque chose de bien plus grand que nous. La question serait : quelle conscience avons-nous de tout cela et avec quelle conscience participons-nous à cette chaîne humaine ? Dans quelle conscience ou inconscience accomplissons nous cet acte ? N'est ce pas cela qui pourrait faire une différence ?

Effectivement c'est un défi que de consentir à ses parents tels qu'ils sont sans vouloir les changer. Cela implique souvent de renoncer au parent idéal que nous avions imaginé, à porter sa souffrance, ses émotions, à le sauver et  à attendre quelque chose en plus ou en moins de lui. C’est beaucoup mais c’est libérateur car tant qu’il y a attente, espoir, il y a une dépendance qui freine l'autonomie de la personne.

Et ce défi va dépendre de la façon  dont les parents ont aussi accepté, aimé l'enfant tel qu'il était et donc comment eux-mêmes ont reconnu leurs propres parents. Or l'enfant a souvent fait l'objet de projections, d'attentes, pris dans des intrications et devenant le parent de ses parents ce qui fait qu'il n'a pas pu se construire une image de bonne mère et de bon père. La mise en place des lignées maternelles ou paternelles montrent souvent ces reproductions de génération en génération.

Ce défi est ainsi soumis à la prise de conscience que chacun est pris dans un réseau de relations qui lui ôte beaucoup de libre-arbitre. Les constellations nous aident à conscientiser ces faits mais aussi à retrouver un peu de liberté vis à vis de tels conditionnements.
Il est très touchant de voir une personne réaliser qu'elle est vivante
parce que ses 2 parents -eux seuls, pas d'autres et tels qu'ils sont- lui ont transmis la vie qui coule à travers les lignées paternelles et maternelles depuis la nuit des temps et que çà continue malgré tout. Ce qui est évident devient soudain réel.

Si cette personne est présente, en vie, c'est que quelqu'un lui a donné un minimum d'attention pour survivre. Le prix à payer pour être en vie est de naître dans telle ou telle famille, avec telle ou telle intrication. À chacun ensuite de gérer cela avec le plus de conscience et de persévérance possibles.


Les constellations aident à concrétiser, intégrer que nous ne sommes pas nos comportements, que nos parents ne sont pas leurs comportements. C'est un chemin plus ou moins long suivant les blessures de chacun et du système qui permet enfin que la bonne mère et le bon père soient alors en nous et nous.

 


Question d'Hélène

J'ai éprouvé de la difficulté avec les propos d'Hellinger (p. 128) au sujet des femmes qui n'ont pas d'enfants. «Une femme trouve son accomplisement et atteint sa grandeur et son plus grand poids spécifique en ayant beaucoup d'enfants»... «Rien d'autre n'est aussi valable». «Les femmes choisissent   un métier... une illusion d'évolution..."  J'avoue que j'ai trouvé ses propos durs pour les femmes qui se retrouvent dans cette situation sans avoir consciemment décidé de ne pas avoir d'enfants. Peut-être n'ai-je pas saisi le véritable sens de se propos ???

 

Point de vue de Christiane

Je ne partage pas ces propos même si l'expérience de la maternité reste unique et merveilleuse pour la plupart des femmes ; je pense qu'il est heureux que les femmes actuelles puissent trouver leur accomplissement, leur plénitude en se réalisant sur le plan professionnel, spirituel, affectif. Je trouve heureux qu'elles puissent être des femmes actives, épouses, amantes, mères. Mais je trouve aussi dommage qu'une femme qui élève ses enfants ne soit pas plus validée, reconnue.

Depuis 2000 ans, avec les religions monthéistes, les femmes ont beaucoup souffert, physiquement et psychiquement. Et c'est quelque chose qui a encore de l'incidence sur la sexualité, l'amour chez les femmes. Les femmes de Québec qui, sous l'influence de l'église catholique, ont donné naissance à des fratries de 10/12 enfants se sont-elles épanouies ? Si j"en crois les interventions que j'ai faites auprès de tels systèmes, la survie a été difficile pour ces femmes comme pour les enfants, les aînés devenant les soutiens, les parents des plus jeunes. Je ne vois pas où est le grandeur à part quelques femmes qui sont réellement épanouies avec des grossesses multiples et de nombreux enfants. 

Et puis il y a les femmes qui n'ont pas choisi de ne pas être mères, mais qui, prises dans des identifications, n'ont pu réaliser leurs souhaits, ou ont compris trop tard les raisons de leur solitude ou stérilité ou non-désir.

Bien sûr, les femmes actuelles perdent parfois de leurs qualités féminines à assumer une vie professionnelle bien remplie et une vie de famille également intense. Elles s'affirment parfois au détriment de leurs valeurs féminines, menant tout de front. Et en évinçant quelque peu les hommes de leur existence, en ne donnant plus de place aux hommes qui perdent leurs repères.

Mais il est important d'avoir présent à l'esprit que les femmes ne peuvent pas s'ouvrir aux hommes  si elles n'ont pas intégré leur lignée féminine ; tout comme un homme ne pourra vraiment vivre sa masculinité que s'il peut avoir du soutien, de la force de sa lignée d'hommes.

Peut être Bert Hellinger estime t-il que le fait de participer à la transmission de la Vie est grand ? Et je peux comprendre cela surtout lorsque quelq'un fait cette expérience d'être un simple maillon de la chaîne des humains ce qui est émouvant. Mais, j'émets aussi l'hypothèse que la plus grande réalisation que puissent faire un homme ou une femme, c'est de découvrir leur vraie nature qui est au-delà du monde de la dualité, qui est Vacuité, Conscience, Non-Être selon certaines Traditions.  Car qui sommes-nous au-delà de nos comportements, de nos corps, de notre génétique ?

 

 

 

 

 

 

 


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Jeudi 20 mars 2008

Réflexion sur le pardon
par Jacques Salomé


Autrefois valorisé par les chrétiens comme un acte de charité envers ceux qui nous avaient porté préjudice, le pardon est à la mode ! Il est aujourd'hui recommandé par tous les tenants de la pensée positiviste, comme une démarche nécessaire et souhaitable pour être mieux avec soi-même.
Incontestablement le fait de pardonner contient les germes d'un apaisement. Les ressentiments et les rancœurs contre celui qui nous a blessé s'apaisent, les ruminations et les pensées négatives diminuent et la relation avec celui auquel on a pardonné semble s'améliorer. Je voudrais cependant apporter quelques réflexions sur le sens du pardon, non dans sa dimension idéologique (ne pas entretenir de sentiments négatifs en soi et envers autrui), mais dans sa dynamique paradoxale. Pour cela rappeler les quatre grandes blessures que nous inscrivons en nous dans l'enfance et qui peuvent se réveiller à un moment ou un autre de notre vie d'adulte.


   L'injustice.
     Quand nous sommes accusés à tort, impliqués par erreur, ou que nos valeurs, nos convictions profondes sont bafouées ou blessées.

   L'humiliation.
   Quand nous sommes dévalorisés, disqualifiés, abaissés, que notre valeur n'est pas reconnue. Des sentiments diffus vont s'éveiller et se traduire par des doutes, de la non-confiance, une blessure de l'image de sol.

   L'impuissance.
    Quand nous sommes forcés, abusés, violentés physiquement ou moralement. Ce sera l'ensemble des violences qui ont maltraité à des degrés divers, notre corps ou notre psychisme.

   La trahison et la tromperie.
       Quand avec confiance, abandon nous nous étions confiés, engagés envers l'autre et qu'il transgresse cette confiance, cet engagement. Quand un être proche, cher, aimé n'est plus fiable.

Au moment des faits, dans la situation de crise, de conflits ou de violence le pardon ne peut-être présent, il ne peut être envisagé. Ce qui domine c'est la souffrance, l'incompréhension ou le désespoir.
Il faut souvent du temps pour retrouver des ressources, de la confiance, se rattacher à des valeurs, se reconstruire. Mais le temps ne suffit pas pour retrouver une image positive de soi ; le conseil qui est trop souvent proposé d'oublier, de pardonner ne me paraît pas non plus suffisant.

Dans l'esprit de la Méthode E.S.P.È.R.E.(®) que j'enseigne, le pardon sera remplacé par une démarche symbolique de restitution, de remise chez l'autre de la violence reçue. En fait une confirmation que la violence qu'il a déposée sur nous est bien la sienne. Il ne suffira pas de pardonner au sens habituel du terme, c'est-à-dire de donner à l'autre un quitus de son acte ou de son comportement qui aurait une triple fonction :


     1) Soigner et réparer la relation meurtrie ou dénaturée par "ce qui s'est passé".
     2) Libérer le pardonné de sa faute, voire de sa culpabilité.
     3) Réconcilier le pardonnant avec lui-même.

En pardonnant, tel que nous le faisons habituellement, je crois que les points 1 et 2 sont atteints et que la plupart des gens en restent là. Pour le dernier point, pour que le pardonnant puisse se réconcilier avec lui-même, se laver de la violence reçue, je crois qu'il est important d'accompagner la démarche, par la remise d'un objet symbolique. Je vais illustrer ma proposition avec quelques exemples concrets :


 Si une petite fille a été violentée à dix ans par le sexe d'un adulte, je propose qu'elle dessine, sculpte, modèle un sexe masculin, fasse un paquet et envoie le tout à son agresseur. Ceci avec un mot d'accompagnement disant entre-autres : « je vous restitue la violence que vous avez inscrite dans mon corps, je ne souhaite plus la garder en moi durant des années à venir. Cette violence est bien la vôtre ».


Car au-delà du pardon, tel qu'il est pratiqué, c'est cette démarche qui libérera cette ex-petite fille, devenue adulte de toute l'auto-violence qu'elle peut entretenir en elle depuis l'événement. Par exemple : blocages sexuels, vaginisme, infections génitales, appréhension de tout rapprochement sexuel même avec des êtres chers…


Il ne suffit donc pas de pardonner à son violeur ou à son agresseur, encore faut-il ne pas garder en soi la trace de la violence reçue. Dans un autre exemple plus banal, tel petit garçon qui a reçu de la part de son père ou d'un enseignant des jugements de valeurs ou des disqualifications, peut écrire les mots blessants sur un carton et les restituer, toujours avec ces mots d'accompagnement mentionnant : « Oui papa c'était ton point de vue sur moi, cette opinion je le laisse chez toi » ou, « Oui monsieur le professeur c'était bien votre croyance à vous, de penser que j'étais un idiot ou un paresseux. Cette croyance je la laisse chez vous ! »


Avec cette démarche symbolique, on démystifie le paradoxe contenu implicitement dans le pardon classique, où le pardonné va beaucoup mieux, on lui a donné quitus de son acte ou de son comportement, mais le pardonnant lui continuera à être pollué, imprégné par la trace toujours en lui, de la violence reçue. Même s'il se réconcilie en pardonnant avec l'image de lui même, il lui appartient de ne pas garder dans son corps, dans son imaginaire ou son psychisme, la violence déposée.


Si le pardon est l'amorce d'une libération et d'un mieux-être, il n'en épuise par pour autant tous ces possibles.
Lâcher-prise sur des souvenirs négatifs est une chose essentielle, mais se libérer et se réconcilier avec le meilleur de soi est un beau cadeau à se faire. La pratique des actes symboliques peut nous y aider.


Commentaire de Christiane

Ce texte a été transmis par Dominique  <http://www.oser-com.com> et Hélène de Québec. vous pouvez aussi retrouvé ce texte sur  http://www.j-salome.com/02-methode/0206-themes-application/260-maladie-02.htm. il m'a paru intéressant de le publier car il explique de façon claire ce qui risque de se passer chez celui qui pardonne.

Les constellations familiales nous permettent cette restitution symbolique, tout en permettant à la personne de faire l'expérience des ressentis négatifs liés aux tramatismes et à son rythme. C'est parfois difficile et long pour une personne de contacter sa haine, sa colère, même de nommer qu'elle a été humiliée ou maltraitée et de restituer cela à un parent. Certaines personnes pour survivre se sont sur-adaptées, se sont repliées dans l'indifférence et se sentent coupables d'avoir des émotions négatives vis à vis de leurs parents et de les exprimer.

Restituer au parent ou à un ancêtre ce qu'il a fait, ce qui lui appartient, donne souvent mauvaise conscience au "pardonnant" qui  craint ainsi de ne plus pouvoir appartenir au système. Beaucoup de nos décisions pour aider, sauver, pardonner sont mues par ce besoin vital de se sentir appartenir à notre clan. C'est pour cela que les enfants sacrifient leur propre destin au profit de celui de leurs parents, Et se sentir appartenir donne bonne conscience.

 

Partage d'Hélène de Québec

Concernant les propos sur les blessures,  Salomé reconnaît les mêmes que L. Bourbeau -sans hiérarchie chronologique cependant tout en les situant généralement avant l'âge de 10 ans-. Il les nomme blessures archaïques : trahison, abondon-rejet, humiliation-honte, injustice, impuissance et il en a ajouté une 6ème : intrusion dans l'intimité, qui peut aller jusqu'à l'abus comme dans les cas d'inceste.

Toutes ces blessures ne sont pas hermétiques, mais plutôt très voisines l'une de l'autre. Je pourrais facilement avoir vécu une situation d'injustice (disons la dominante) dans laquelle je me serais aussi sentie profondément humiliée, trahie, rejetée.  L'essentiel étant de prendre conscience dans quelle mesure j'ai «soigné et guéri» ces blessures, sinon elles pollueront mes relations actuelles avec des personnes qui n'ont rien à voir avec ce passé. Salomé a écrit un petit livre qui s'intitule «Je mourrai avec mes blessures» (Entretiens avec Jef Gianadda Éditions Jouvence); cette lecture m'a apportée beaucoup de paix.


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