Lundi 23 novembre 2009
1
23
11
2009
22:05
Voici un article écrit par Claude Louis sur l'esprit, la Conscience sans
contenu et les oridinateurs que j'ai trouvé interpellant et en même temps, apportant un éclairage supplémentaire au thème constellations et spiritualité. Certaines des personnes lisant
régulièrement les bulletins de La voie Directe auront cet article en double ; désolée ! pour les autres je vous souhaite bonne méditation !
***********************************
La Voie Directe
Texte de Claude Louis
claude.lavoiedirecte@free.fr
***********************************
L’esprit pourrait-il être un fantastique ordinateur ?
L’esprit serait similaire à un système informatique ou plus exactement les ordinateurs seraient une extériorisation de l’esprit. Esprit et ordinateurs Mac ou PC ont des ressemblances, mais
évidemment l’esprit a des possibilités extraordinaires que les ordinateurs même les plus perfectionnés sont loin de posséder actuellement.
Les ordinateurs ont subi diverses évolutions en 50 ans et sont loin d'avoir terminé le développement de leur capacité. À partir des ordinateurs il y a eu des développements de périphériques et
surtout un élément étonnant et intéressant s’est mis en place, Internet.
Internet est un système qui relie tous les ordinateurs de la planète (au moins ceux qui s’y branchent), nous permet de communiquer entre nous et nous donne accès à une quantité impressionnantes
d’informations venant de tous les points de la planète, depuis chez soi, à partir de son terminal d’ordinateur Mac ou PC !
Ce réseau est une incroyable révolution, la deuxième en moins de 50 ans, la première étant l'avènement de l’informatique.
Est-ce que ces deux révolutions peuvent nous faire mieux connaître les possibilités de notre esprit ?
Est-ce qu’il serait possible que notre esprit, qui ressemble étrangement à un terminal d’ordinateur, soit relié à l’ensemble des autres terminaux, à l’ensemble des esprits des êtres humains !?
En observant un être humain, nous découvrons qu’il y a un être et un humain. L’humain se caractérise par le corps physique et une partie de l’esprit, parfois appelée âme ou mental humain. Dans
cette partie de l’esprit se trouverait l’être ou plus exactement les états d’être ou identités, nommé aussi la personnalité ou ego !
Puis il y aurait une autre partie de l’esprit beaucoup plus subtile et vaste, reliée ou beaucoup plus proche du Statique de Vie !
Le Statique de Vie, qui est la Vie même, est notre véritable nature, notre Essence.
Ce Statique est caractérisé par le non-mouvement, il est ici et maintenant dans le non-temps donc l’éternité, et aussi par la non-masse, donc l’espace.
Pouvons-nous avancer l'hypothèse que ce qui est ICI est partout !?
C’est la vieille définition que les religions ont donné à Dieu, l'omniprésence.
Nous pouvons aussi avancer l'hypothèse que la Vie est naturellement consciente, que la Vie et la Conscience sans contenu sont similaires. Ce qui veut dire que la Vie, ou Statique de vie, ou la
Conscience sans contenu, est ICI et partout à la fois.
Donc pour résumer, il y a la Vie ou Conscience sans contenu qui est ICI et partout à la fois et cette Conscience serait l’essence de tous les êtres sensibles.
À l'intérieur de cette Conscience sans contenu il y a des contenus de conscience et ces contenus c’est au minimum l’ensemble des corps spirituels et des corps physiques.
Je suis, nous sommes, vous êtes en Essence, la Conscience sans contenu.
Dans cette Conscience sans contenu j’ai, nous avons, vous avez un corps spirituel, un esprit semblable à un terminal d’ordinateur qui permet de rentrer en contact avec le monde virtuel, le monde
spirituel.
En plus, dans cette Conscience sans contenu, j’ai, nous avons, vous avez un corps physique qui est un second terminal pour rentrer en contact avec l'univers physique.
Les ordinateurs Mac ou PC, qui sont une projection du corps et de l’esprit de l’être humain, se trouvent reliés entre eux, par un système que nous nommons Internet.
Notre esprit qui serait comme un terminal d’ordinateur pourrait bien être relié à tous les corps spirituels, à tous les esprits de l’univers !
Mais qu'est-ce qui pourrait bien relier tous les esprits en réseau comme Internet le fait ?
Peut-être que la Conscience sans contenu, nommée Dieu par les religieux, qui est ICI et partout à la fois serait le “système” reliant tous les corps spirituels en réseau !
L'humanité Une... Chacun étant relié intimement les uns aux autres !
Vendredi 20 novembre 2009
5
20
11
2009
21:31
Ce que vous êtes
est simplement le fait d'être conscient.
Quoi qu'il arrive, vous restez uniquement la conscience,
vous êtes conscience et cette identité là ne peut pas être détruite,
cette identité ne peut pas être niée.
Osho
Est-ce que la constellation est pour autant une voie spirituelle ?
Selon mes conceptions actuelles, une voie spirituelle devrait proposer, outre une clarification méthodique de certaines zones du mental, un entraînement à développer certaines aptitudes qui sont
:
• La maîtrise de l’attention : il ne suffit pas de réduire les souffrances, il est aussi important d’apprendre à ne pas en créer d’autres et pour cela, il est nécessaire
d’augmenter ses capacités à faire face, à rester présent à ce qui est, sans se sauver, sans s’effondrer, sans attaquer. Apprendre à faire l’expérience de ce qui est en toute conscience au lieu de
subir les événements. D’ailleurs pour nettoyer un traumatisme qui n’a pas pu être confronté en temps réel, il est nécessaire d’avoir suffisamment d’attention disponible pour en faire l’expérience.
Seule la confrontation permet d’initier un changement, de transformer la souffrance en conscience.
• La maîtrise de ses pensées pour ne plus être créés par celles-ci.
• La maîtrise de ses intentions : qu’est ce que je veux pour moi ?
• La maîtrise de l’identification consciente
• La capacité à ressentir de plus en plus subtilement ce qui est en temps réel.
Beaucoup de voies traditionnelles comme le Zen, le Yoga proposent de tels enseignements, mais mon expérience m’a montré qu’elles manquaient de réels outils de clarification ou nettoyage de nos
zones d’ombre. Ces voies ont certainement, elles aussi, leurs
limites !
La constellation ne propose pas un tel enseignement ; c’est avant tout une méthode thérapeutique, une méthode de développement personnel qui nous donne la possibilité de comprendre les
conditionnements familiaux qui nous entravent et nous conduisent à des actes, des comportements, des pensées qui dépassent notre contrôle conscient. Elle nous permet ainsi de devenir plus
conscients de notre manque de libre-arbitre tout en ouvrant de nouvelles possibilités pour se libérer des mémoires familiales qui nous agissent. Et les changements fondamentaux qui se produisent se
font d’abord au niveau de l’esprit ou de l’âme.
La constellation nous conduit à sortir de la pensée magique de l’enfant. Elle nous fait passer d’un amour aveugle et inconditionnel à un amour lucide, compassionnel. Mais il ne faudrait pas, sous
prétexte de spiritualité, tomber à nouveau dans l’écueil de la pensée magique et croire que la constellation peut tout résoudre. Il ne faudrait pas croire que faire une constellation
n’implique pas de travail derrière.
Une constellation marque souvent la fin d’une intrication ou identification qui va demander parfois un long travail pour que cela soit ancré dans le quotidien d’une personne. Tout ce qui touche à
la relation à la mère ou au mouvement interrompu relève d’un processus profond et douloureux qui demande du temps. Il ne faudrait pas croire que parce que c’est « spirituel », il n’y a rien à faire
!! Se confronter à ses souffrances, à ses intrications ne relève pas de la pensée positive ou créatrice.
C’est la conscience de nos souffrances qui va nous conduire vers un chemin de conscience et peut être vers la Conscience de qui nous sommes en essence. C'est la confrontation avec nos zones
d'inconscience qui en permet la transformation en conscience et va nous ouvrir des portes vers des possibles jusque-là inconnus.
Nous avons inventé dieu.
La pensée a créé dieu pour elle-même.
Cela veut dire que, à cause de la tristesse,
de la peur et de la dépression, nous avons
créé quelque chose appelé dieu.
Quand vous êtes libre de la peur, libre de la souffrance,
il n'y a pas de besoin d'un dieu.
J. Krishnamurti
Christiane Perreau
Annexe 1 :
définition de l'esprit selon Claude Louis, auteur, philosophe et enseignant de La Voie Directe
claude.lavoiedirecte@free.fr
"L’esprit.
L’esprit n’est pas l’Être, la Personne, le Statique de vie comme certains semblent le croire. L’esprit serait comme une espèce de caméra, un caméscope, un appareil photo, et aussi un projecteur.
L’esprit est une machine virtuelle qui enregistre en continu toutes les séquences des réalités de l’univers physique et aussi de l’univers virtuel.
En plus d’enregistrer, l’esprit projette en trois D, sur l'écran holographique du monde, les divers enregistrements qu’il fait selon la volonté (théoriquement) de la Personne. L’esprit est un
intermédiaire entre la Personne et le corps physique.
L’esprit contient les divers programmes qui permettent de créer les réalités de l'existence, de les faire survivre, d’en faire l'expérience. Il contient aussi la personnalité, donc l'ego ainsi que
le réseau des incidents traumatiques... et beaucoup d’autres choses. L’esprit est le mental avec ses différents niveaux.
L’esprit est un système informatique extrêmement sophistiqué, indispensable pour capter, recevoir et gérer les informations venant du monde et pour envoyer des informations dans le monde.
L’esprit pourrait être considéré comme l'âme de la Personne, un intermédiaire entre la Non-chose non-duelle et les choses duelles, entre la Vie et la survie, entre l’Éternité et l’existence, entre
l’Espace conscient et les masses/énergies inconscientes.
Quand nous parlons de phénomènes sortant de l’ordinaire comme les phénomènes lumineux, les chakras, le troisième œil, les méridiens, la télépathie, l’impression de déjà vu, le voyage astral... nous
parlons des phénomènes et des manifestations du Statique de vie qui se produisent dans l’esprit. Connaissez-vous tout le potentiel et les formidables possibilités de votre esprit ?"
Vendredi 13 novembre 2009
5
13
11
2009
21:28
Voir notre vraie nature,
c'est entrer dans la vision de la non-matérialité,
dans la non-âme, le non-esprit, le non-corps.
Douglas Harding
Renaître à l'évidence
Constellation et Éveil à sa vraie nature
Toutefois, même s’il est question de « grande Âme » ou de Tout, il me semble que peu de personnes du monde des constellations ait le concept d’éveil à sa Vraie Nature. Or, selon ma conception, un
chemin spirituel devrait inclure cette donnée de façon claire. Et le but des constellations n’est pas de s’éveiller à notre Essence, à la Vacuité que nous sommes, même si cela peut arriver à toute
personne, qu’elle soit cliente, représentante, animateur au cours d’un stage ou même à tout moment de son existence. Et pour savoir que nous nous éveillons à qui nous sommes fondamentalement,
encore faut-il en avoir le concept !
D’ailleurs s’éveiller à sa vraie nature est un fait naturel. Il se pourrait que ce soit alors la Conscience qui prenne conscience d’elle-même dans le Ici et Maintenant.
Cette Conscience sans contenu n’a ni passé ni futur. Elle est ICI et s’éveiller à cela, c’est en faire l’expérience directe, immédiate. C’est une expérience qui court-circuite le mental, nos
fonctionnements habituels, nos identités existentielles.
La question est que cela ne dure que quelques instants, quelques heures, quelques semaines pour la majorité d’entre nous. En quoi les constellations pourraient nous faciliter cet éveil ?
Si nous ne pouvons stabiliser cet éveil, c’est-à-dire maintenir la conscience de qui nous sommes, c’est que nous sommes identifiés à des traumas, pris dans des cycles non aboutis, des intrications,
des charges émotionnelles et des intentions contradictoires qui aspirent toute notre attention et nous empêchent de voir que nous sommes celui ou celle qui fait exister les choses en les
nourrissant d’attention.
D’où l’importance de toute approche qui permet de réduire nos traumas, dénouer nos identifications compulsives qui nous font créer un futur à l’identique de notre passé. Toutes les expériences
douloureuses que nous n’avons pu intégrer constituent une « masse » dans la conscience que nous appelons inconscient et qui détermine nos existences. La constellation étant un outil qui permet de
se désidentifier d’intrications, d’identités va donc réduire la confusion et participer à ce processus de clarification. Mais la constellation a ses limites et ne peut tout solutionner.
La constellation pourrait nous apprendre une chose fondamentale, à savoir que nous ne sommes pas ce à quoi nous nous identifions. En effet, la Conscience sans contenu donne existence aux choses,
aux réalités en s’identifiant. Ainsi nous sommes identifiés à nos corps, nos émotions, notre mental, nos amours, nos rancoeurs….
Or la constellation nous donne l’opportunité de vivre une expérience pas banale et en toute conscience ; en effet un représentant va, durant un séminaire, plusieurs fois s’identifier tour à tour à
des personnes mortes ou vivantes, à des concepts comme la maladie, la mort, l’ordre, la connaissance, les forces de vie et il va en sortir. C’est-à-dire qu’il fait l’expérience de différents états
d’être puis reprend ses identités habituelles.
N’est-ce pas étrange cette capacité à représenter quelqu’un ou quelque chose puis à s’en retirer, le plus simplement du monde. Tout le monde sait faire cela. Pas besoin d’apprentissage.
S’identifier est une aptitude naturelle ; d’ailleurs la majeure partie de nos apprentissages, nous les avons faits par identification ; c’est le mode d’apprentissage des enfants, de la Vie ! Le
problème pourrait être que cette aptitude ne soit pas maîtrisée. Et en ce sens, les constellations représentent un excellent entraînement.
Et nous pourrions concevoir qu’à force de s’identifier et de désidentifier, quelqu’un pourrait prendre conscience qu’il n’est rien de tout cela, qu’il n’est pas tous ces rôles y compris qu’il n’est
pas son corps, ses émotions, son histoire, son mental, son esprit ou son âme. Il pourrait prendre conscience qu’il n’est ni ceci ni cela mais fondamentalement celui qui prend conscience, celui qui
définit, celui qui s’identifie, celui qui élimine, celui qui ressent ; il pourrait prendre conscience qu’il est la source créatrice de son destin et qu’il est fondamentalement la Vie.
C’est le propre de la Vie de s’identifier…. Sauf que la vie que nous sommes se fait piéger par la souffrance et le plaisir. En effet, ce qui lui est agréable, elle souhaite le faire persister
et ce qui lui est désagréable, elle ne le confronte pas, le refuse, le refoule, créant ainsi des couches d’illusions, de l’inconscience et de l’aberration. L’existence avec ses objectifs et ses
buts dure plus qu’une constellation et la Vie pourrait se perdre dans des cycles multiples non terminés qui l’éloignent sans cesse de qui elle est. La Vie ou la Conscience sans contenu se perd dans
la jungle des contenus de conscience qui n’en finissent pas, d’autant que nous avons du mal à clore nos cycles. Ainsi la Vie se piège t-elle dans le monde de la dualité et se rétrécit à
l’existence, au monde de la forme et du nom, au monde limité, elle qui était illimitée….
Le propre d’une constellation est d’intégrer de nouveaux points de vue, d’élargir le champ de conscience d’une personne, d’un système. En effet, elle englobe les opposés, inclut les bourreaux, les
victimes, les morts, les vivants, les identités contraires ; elle nous fait sortir d’un point de vue étriqué pour nous accorder à ce qui est, pour reconnaître ce qui a été quoique ce soit (viol,
inceste, infanticide, trahison), sans jugement, ouvrant ainsi une voie qui rassemble et unifie ce qui semblait inconciliable. En ce sens, la constellation œuvre vers le non-duel, particularité de
la Conscience sans contenu.
Ce que j'appelle la vision parfaite n'est pas
voir les autres, mais soi-même
Chouang-Tseu (IIIè siècle avant JC)
(à suivre)
Christiane Perreau
Vendredi 6 novembre 2009
5
06
11
2009
21:18
Jusqu'à présent,
vous vous êtes considérés comme étant le corps
et ayant une forme.
Là réside l'ignorance fondamentale
et la cause première de tous les maux
Ramana Maharshi
Et qu’en est-il de la « grande Âme » ?
Même si Bert Hellinger ne semble pas utiliser ces termes, ma compréhension actuelle de la « grande Âme » serait qu’elle correspond à ce que certaines voies spirituelles appellent Statique de Vie,
Dieu, Conscience sans contenu, Vide, Tout dont émane toute chose et qui donne vie à (anime) tout ce qui est manifesté. Difficile de définir cette conscience sans forme, mais pour mieux
en saisir la nature nous pourrions dire qu’elle est espace conscient, éternité, amour, présence, unité, qu’elle n’a ni commencement ni fin. Cette conscience sans contenu serait donc d’une toute
autre nature que l’univers physique ou mental.
Bien que Bert Hellinger n’emploie pas le terme de « grande âme » dans le passage suivant, « l’âme donne vie. Tout ce qui s’anime de l’intérieur, se forme, se développe puis disparaît, est
conduit par l’âme. L’âme se dirige dans l’espace et le temps vers des objectifs qui correspondent à un ordre donné dans des circonstances données.(5) », j’émets l’hypothèse que c’est ce dont
il parle.
Et lorsque Bert Hellinger évoque l’âme, les mouvements de l’âme ainsi que trois niveaux de conscience que sont la conscience familiale, la conscience systémique et la conscience supérieure, nous
pouvons comprendre qu’il s’agit des contenus de conscience de la Conscience sans contenu et donc des manifestations de la
« grande Âme ».
En ce sens, les constellations ont effectivement à voir avec ces réalités immatérielles qui n’appartiennent pas au monde physique, à la matière. Quand nous représentons une personne décédée ou
vivante, un pays, un concept, une émotion, un système, il s’agit bien de mettre à jour des contenus qui ne sont pas corporels, même si cela passe par un client qui a un corps, un esprit et des
représentants qui servent de capteurs au champ de conscience qui va être représenté.
Tout ce que les constellations nous montrent, ce sont des mouvements -mouvements de l’âme selon l’expression de Bert Hellinger- qui étaient jusqu’alors invisibles dans le monde objectif même si la
personne pouvait en constater les effets (j’ai l’impression de vivre des sentiments qui ne m’appartiennent pas, je n’ai pas ma place, j’ai une maladie, etc.). Ainsi la constellation
objective ou met de la masse sur les mouvements de l’esprit d’une personne, ses intentions, sur les dynamiques qui meuvent son système familial comme l’identification inconsciente à une autre
personne, l’exclusion, le déséquilibre entre prendre et donner ou dans l’ordre d’ancienneté.
Avoir introduit la notion d’âme dans la méthode des constellations, considérée par beaucoup comme une thérapie brève est un phénomène nouveau. En effet, depuis un siècle, cette notion a
plutôt été mise de côté par les thérapeutes (à quelques exceptions près, dont C.G. Jung) tout comme par le monde médical ou scientifique. Ainsi la constellation nous conduit à prendre
conscience que nous appartenons à des systèmes beaucoup plus grands que nous en tant qu’individus se vivant séparés voire isolés des autres, du Tout.
Soyez intéressé par vous-même plus que toute autre
expérience,
Soyez avec vous-même, aimez-vous vous-même ;
La sécurité ultime se trouve seulement dans la connaissance de
soi.
Soyez honnête avec vous-même et rien ne vous trahira.
Nisargadatta Maharaj
(à suivre)
Christiane Perreau
(5) B. Hellinger Entlassen werden wir vollendet cité p. 117 dans Constellations systémiques – C.Potscka-Lang et M. Engel
Vendredi 30 octobre 2009
5
30
10
2009
18:22
Libérez vous du nom et de la forme.
Que reste-t-il ?
Le vide…
mais ce vide est plein à ras bord, il est très habité.
Nisargadatta Marahj
Constellations et Spiritualité
Bert Hellinger et plusieurs constellateurs évoquent les constellations en termes de processus spirituel. Récemment au 2ème Congrès des Constellations organisé par la L.U.S en Alsace,
j’ai à nouveau entendu de tels propos et je me suis demandée en quoi les constellations pouvaient avoir quelque chose de spirituel.
Nous utilisons souvent des mots sans vraiment clarifier les concepts qu’ils représentent ce qui risque de créer des incompris et de la confusion mentale ; j’ai donc eu le goût de me clarifier et de
partager avec vous mes réflexions. Elles ne sont ni exhaustives ni définitives ; elles ne sont qu’une facette de ma réalité actuelle, de points de vue du moment qui laisse une ouverture à tout
changement et toute nouvelle pensée.
Comment définir ce qui est spirituel de ce qui ne l’est pas ?
Quelle est la définition de spirituel ?
Spirituel vient du latin spiritalis « propre à la respiration » « immatériel »
Le petit Robert dit :
1. Qui est esprit, de l’ordre de l’esprit considéré comme un principe indépendant
2. Propre ou relatif à l’âme, en tant qu’émanation et reflet d’un principe supérieur, divin,
3. Ce qui appartient à la nature immatérielle de l’âme, opposé au corporel et ce qui concerne l’âme en tant qu’émanation ou reflet d’un principe supérieur
4. Qui est d’ordre moral, n’appartient pas au monde sensible, à la matière physique
L’esprit serait donc le monde des réalités virtuelles, des pensées, des croyances, des schémas mentaux, des dogmes, des religions, des philosophies, des points de vue ; l’esprit est le monde du
mental et ce monde ne se limite pas à l’intellect mais englobe des contenus de conscience personnels, familiaux mais aussi culturels, religieux, politiques propres à l’humanité. L’esprit d’une
personne est donc encadré par l’esprit de son système familial, des groupes auxquels elle appartient, du pays dont elle est issue et du champ de l’humanité.
Alors qu’est ce que l’âme par rapport à l’esprit ?
La racine latine est anima qui veut dire souffle, air et qui s’oppose à corpus = corps.
Le petit Robert la définit ainsi
1. Principe spirituel de l’homme, conçu comme séparable du corps.
2. Principe de la vie morale, conscience morale
3. Ensemble des fonctions psychiques et des états de conscience
4. Ensemble des états de conscience communs aux membres d’un groupe.
Constance Potschka-Lang et Mathias Engel ont tenté eux aussi de définir cette notion dans leur livre Constellations systémiques et citent le Duden (1):
« le terme de « Seele(2) », (…) issu de l’allemand ancien est probablement un dérivé de « See »(3) et signifierait à l’origine « appartenant aux eaux du lac ». Selon une
ancienne croyance germanique, l’univers aquatique était la demeure des âmes, avant la naissance et après la mort . »(4)
Ils citent également l’encyclopédie Brockhaus
« l’âme, principe métaphysique de la vie, représenté comme force de vie ou porteur de vie. Selon certaines écoles de croyance, l’âme se séparerait du corps ou s’incarnerait dans d’autres
êtres au moment de la mort (migration de l’âme). Aristote distinguait trois univers de l’âme : l’âme végétative (métabolisme, reproduction), l’âme sensitive (perceptions, sensations) et l’âme
rationnelle (raison, esprit). »
Ainsi âme et esprit ont-ils des points communs et pourraient être de nature similaire. Ils appartiennent au monde virtuel, immatériel et j’émets l’hypothèse que l’âme pourrait désigner une partie
de l’esprit qui est un vaste monde que nous avons du mal à imaginer, concevoir. L’âme, partie intégrante de l’esprit, pourrait être comme une interface que chaque personne a et qui lui permet de
faire un lien entre le monde physique fait de masse, d’énergie, d’espace et de temps et le monde de la Vacuité, terme utilisé par les bouddhistes, que d’autres nomment Conscience sans contenu,
Non-Manifesté, Non-Chose, l’Être, le Soi, la Vie et qui est notre Vraie Nature.
(à suivre)
Christiane Perreau
(1) Duden Etymologie, volume 7 p.112 de Constellations systémiques – C.Potscka-Lang et M. Engel
(2) l’âme
(3) le lac
(4) Même si l’on ne retrouve pas l’univers aquatique dans l’étymologie du mot français « âme » (qui lui évoque le « souffle vital », le domaine du vent), il nous a paru intéressant de garder
dans cette traduction la référence à « See », le lac et à d’anciennes croyances germaniques.
p.113 Constellations systémiques – C.Potscka-Lang et M. Engel
Jeudi 15 octobre 2009
4
15
10
2009
21:48
Comme disait une participante du congrès, «nous ne sommes que mouvements
interrompus». Ils sont quasi inévitables, mais il ne s’agit pas de les nettoyer tous, une vie n’y suffirait peut-être pas !!! Il s’agit d’enlever ce qui gêne le plus en allant au moment
le plus ancien, celui qui sert de pilier fondateur aux autres mouvements interrompus et qui contient de la douleur primaire, des émotions primaires.
Plus la personne pourra aller au cœur de ce mouvement initial, plus elle aura la possibilité de s’en libérer et donc de se libérer d’une chaîne de mouvements interrompus. C’est comme faire sauter
le poste de commande d’une armée ou ôter la première perle d’un collier qui maintient les autres.
Pour cela, il nous semble nécessaire de nettoyer un minimum les émotions secondaires qui sont à la périphérie. Certes, Bert Hellinger dit qu’il ne faut pas s’y attarder et aller aux émotions
primaires le plus rapidement possible. Mais ces émotions secondaires sont là et c’est avec elles que la personne arrive le plus souvent. Et elles lui servent de bouclier bien souvent, lui
évitant ainsi la confrontation avec les émotions primaires, plus douloureuses.
C’est ce que la personne connaît et qui va souvent avec un incident qu’elle se rappelle mais qui est aussi en périphérie, un peu comme la pointe d’un iceberg. Or, cet incident a souvent un
antérieur que la personne a bien refoulé pour survivre et qui peut même remonter à la période fœtale (la maman enceinte a eu une grande frayeur ou perdu une amie très proche ou un papa) ou peu
après la naissance (le bébé n’arrive pas à prendre le sein, il a des coliques, maman a eu une césarienne). C’est ce moment-là que nous voulons découvrir, rendre visible pour que la personne
comprenne pourquoi elle a mis en place toutes ces stratégies de survie. Si elle comprend, elle retrouvera de l’affinité pour ce qui s’est passé, pour elle et son parent.
Comment aller vers l’inconnu, vers les émotions primaires qui maintiennent en place les comportements inadéquats ? L’expérience nous a montré qu’en prenant ce qui était là (et c’est conforme au
principe de réalité qui inclut ce qui est, ce qui se montre), nous pouvions dégager la voie et atteindre l’endroit et le moment où ce mouvement s’est arrêté pour la première fois. Alors la personne
retrouve son mouvement à elle, sa spontanéité intrinsèque qui vont lui permettre d’entrer à nouveau en relation avec elle, avec les autres, en
confiance, à partir du Centre qu’elle est, reliée à ses parents.
Nous n’essayons donc pas de « remettre du mouvement », préférant un travail en profondeur, apte à initier une transformation dans l’existence d’une personne. Notre intention est d’impulser un
mouvement de vie dans la durée où la personne puisse intégrer dans son champ de conscience, non seulement son père et sa mère avec parfois un contexte transgénérationnel, mais aussi, des
parties d’elles-mêmes qu’elle a toujours niées et qui font obstacle à se vivre pleine et entière.
C’est ainsi que nous avons conçu un travail spécifique au mouvement interrompu avec des exercices qui utilisent le placement de la constellation et facilitent le face à face à venir avec la mère ou
le père. L’observation de ce qui se passait pour les clients et leur feed-back nous ont fait évoluer vers des séminaires de longue durée (6 jours cette année, 7 jours l’an prochain), avec
l’objectif que chacun puisse aller profondément et tranquillement dans ces structures aberrées, douloureuses et ait du temps et de l’espace pour intégrer ces expériences.
Le travail inclut des moments de contact structuré, toujours en lien avec la mère ou le père, des plages de bonding thérapeutique = étreinte codifiée qui favorisent la restauration à venir, tout en
révélant des zones fragiles et en amenant des prises de conscience. Notre objectif est que toute personne reparte en ayant bouclé son processus, avec des indices positifs : soulagement, ton
émotionnel plus élevé, meilleur élan à faire, nouvelles possibilités, nouveaux points de vue.
Et c’est en donnant suffisamment de temps que l’inconnu, le plus ancien, le plus fondateur dans la séquence d’élans rompus peut être contacté, devenir accessible et
confrontable.
Et les exercices préliminaires au face à face servent à cela ; ils permettent de commencer à réduire la charge émotionnelle, les résistances, les peurs, ce que la personne n’a jamais osé dire et
même penser . Des compréhensions se font. La confrontation devient ainsi plus aisée, en contact avec les émotions primaires. Peu à peu la restauration de l’élan vital prend forme et la plupart des
participants pourront le mener au bout, en allant dans les bras du parent ce qui sera alors prolongé par un moment de bonding dont la fin sera initiée par le client, lorsqu’il se sentira
suffisamment rempli au point de pouvoir se détacher pour expérimenter le monde.
Bien que ce soit l’objectif, le rythme du client est respecté et rien ne sera fait pour forcer « cette nouvelle naissance ». Si cela venait trop ou de façon inopportune, artificielle, la
restauration perdrait de la puissance et le client en pâtirait et serait frustré. Ne pas aller dans les bras du parent n’est pas un échec, seulement une étape nécessaire et propice à un
travail intérieur et ultérieur qui permet l’émergence de nouvelles informations.
Ce processus peut demander plusieurs interventions, en fonction du travail thérapeutique déjà fait par la personne, de l’importance des traumatismes vécus, de sa capacité à pouvoir accueillir ce
qui est. Faire l’expérience du chaos pour retrouver un nouvel ordre intérieur est un long chemin de patience, de compassion vis-à-vis de soi et d’autrui.
Entreprendre ce voyage aux sources de l’élan brisé, c’est apprivoiser l’ingérable avec ses cuirasses de protection, ses couches de refoulement, ses douleurs cristallisées. Cela demande
beaucoup de sécurité, de patience, de compassion pour que cet être qui souffre et s’ouvre à ce que fut l’ingérable l’impensable, l’innommable parfois. C’est à ce prix qu’une personne peut renouer
avec ses forces de vie, transmises par ses parents et qui, jusque-là étaient restées bloquées dans un incident, un moment traumatiques.
Vous pouvez découvrir l’intégralité de cet atelier
et faire connaissance avec notre travail de façon vivante,
en vous procurant le DVD
« Comment intégrer le mouvement interrompu »
auprès de la L.U.S info@libre-université-samadeva.com
*************************
Dans la rubrique Page,
découvrez des témoignages de personnes
ayant vécu le stage de cet été
ainsi que le calendrier des stages 2010
Vendredi 9 octobre 2009
5
09
10
2009
21:40
Voici un développement de
l’atelier/conférence
donné par Brigitte Asselineau et Christiane Perreau
au 2ème Congrès des Constellations Familiales et Systémiques
à La Libre Université du Samadeva
au Clos Hermitage au Hohwald (Alsace).
Nous remercions particulièrement Coline d’Aubret,
organisatrice de ce congrès,
de nous avoir invitées à présenter nos recherches
remarquées par Daniela Conti et Coline d’Aubret
au travers de nos articles sur ce sujet
L’objectif des constellations familiales est de permettre à une personne de se réconcilier avec elle-même, ses parents , « prendre père et mère » et le système
auquel elle appartient. Or, pour réaliser cet apaisement, nous rencontrons deux obstacles majeurs qui sont :
1. Les intrications qui sont des mouvements inconscients vers une personne du système qui a été exclue afin de la « représenter », de lui donner la place qu’elle devrait
avoir. Les constellations rendent visibles ces identifications et les dénouent d’une manière remarquable.
2. Le mouvement interrompu qui est cet élan spontané, instinctif d’un enfant vers son parent, sa mère essentiellement et qui ne peut aboutir pour diverses raisons largement
évoquées dans des articles précédents. Ce mouvement est fait de ces ruptures dans la relation précoce, lors des premiers attachements de l’enfant à sa mère. Même si un attachement est impossible,
même s’il n’y a « rien », il y a un attachement avec « rien » ce qui est relatif parce qu’il n’y a jamais « rien », mais c’est cette empreinte qui va conditionner l’existence d’adulte d’un tout
petit. Ainsi, un attachement insécure, anxieux est un attachement, un attachement morbide est un attachement.
3. Ces deux obstacles fondamentaux s’imbriquent l’un dans l’autre. Une mère qui est identifiée à une aïeule morte jeune manquera de disponibilité pour son enfant : une partie de
son attention est au service de cette aïeule reniée. Cela sera d’autant plus conséquent si cette maman est née prématurément et a été séparée de sa propre mère durant 3 semaines. Lorsqu’elle
donnera naissance, ces deux mouvements risqueront d’être un empêchement à accueillir pleinement son enfant, lui causant une rupture propice à d’autres pertes similaires et des comportements
malades. Cela va agir sur la maman consciente des mouvements de retrait de son enfant qui va se culpabiliser et se vivre comme une mauvaise mère qui ne sait pas répondre aux besoins de son
enfant….ce que l’enfant va percevoir…
Presque toute constellation nous donne à voir un enfant qui ne peut pas aller vers sa mère ou son père, manifestant des mouvements de repli, de colère, de rage, de peur, de panique, refusant sa
mère ou son père car les blessures sont encore trop béantes. Aller vers le parent signifierait s’exposer à un nouvel abandon, à un nouvel échec et donc de se retrouver seul, impuissant face à
la douleur.
La crainte d’échouer est trop paralysante car elle réactive la douleur « primaire » (celle ressentie dans la première rupture) où l’enfant a peut-être pris la décision de mourir pour
renoncer à l ‘existence ou pour mettre fin à tant de souffrances (çà vaut pas la peine d’exister, çà sert à rien). Décisions contre balancées par d’autres intentions contradictoires (je vais
me débrouiller seule, je me ferme comme une huître, je m’oppose et résiste) qui mettent une personne dans de perpétuels conflits intra-psychiques, la bloquant dans une existence rétrécie,
angoissante, chaotique.
Nous avons constaté que même si ce mouvement est traité dans le cadre d’une constellation (en allant au point de rupture et même en impliquant directement le client face à son père ou sa
mère), il reste très difficile et peu fructueux quant aux répercussions dans l’existence de la personne.
Ceci est d’autant plus marqué quand le contexte traumatique est trop lourd : inceste, maltraitance, abandon, humiliation, honte, maladies graves, handicaps physiques ou mentaux, infanticide
dans les lignées ou toute situation ayant nécessité l’éloignement du cercle familial (mise en prison des parents, placement à la DASS ou dans une institution thérapeutique).
C’est aussi valable pour des personnes qui ont éprouvé tant de manques d’attention, tant de ruptures qu’elles ont érigé entre elles et leurs parents un mur de haine, de résistances qui les
empêchent de prendre quoique ce soit des parents, se coupant ainsi d’une partie d’elles-mêmes et se privant de la force vitale qui vient des parents. Leur lien d’attachement est un lien de
dépendance qui empêche toute autonomie, enfermant dans la souffrance et la structure égotique malade.
Tout n’est pas systémique et le mouvement interrompu, qui est déterminant dans la construction d’une personnalité, est avant tout un mouvement émotionnel qui mérite plus d’attention, plus de temps
et des étapes intermédiaires afin de nettoyer les charges qu’il contient et faciliter l’approche du point de rupture qui demande au client une capacité de confrontation accrue et un contexte
soutenant et sécuritaire. Ainsi une intervention plus thérapeutique semble justifiée.
Il nous est apparu qu’il était nécessaire de dépister non seulement le moment de cette rupture mais aussi de permettre à une personne de faire l’expérience des émotions restées en suspens,
retenues, refoulées depuis tant d’années et de mettre à jour les obstacles, les mécanismes, les mouvements qui l’empêchent de retrouver cet élan vital.
N’oublions pas que le petit enfant, à fortiori le fœtus, n’a pas les moyens de gérer ses états émotionnels, traumatiques mais il en fait l’expérience dans son corps. C’est ainsi qu’il bloque
son diaphragme, limitant sa respiration pour ne plus sentir sa douleur, qu’il contracte le haut de son dos, de sa nuque, qu’il contient sa rage dans ses mâchoires.
Ce qui est vécu comme dangereux et ingérable par le petit enfant est mis de côté, refoulé dans un espace de sa conscience appelé l’inconscient. Il a reçu quelque chose qu’il n’a pas pu prendre avec
lui et qu’il tente de maintenir à l’extérieur de lui, faisant de lui, de nous, des personnes morcelées, fragmentées, clivées. C’est en faisant l’expérience des mouvements figés, des mouvements
contradictoires, des mouvements émotionnels restés incomplets que la personne pourra compléter et achever cette expérience douloureuse. Seule l’expérience de la charge permet l’intégration d’un
traumatisme, ouvrant le chemin de l’unité.
S’il reste trop de charges émotionnelles alors qu’une restauration a été initiée,
celles-ci resteront actives et se réveilleront lorsque la personne sera confrontée à une situation dont les ingrédients rappellent la rupture initiale. Par exemple, une rencontre amoureuse qui
compte beaucoup et prend de l’importance va raviver les souvenirs d’abandon, de perte s’ils n’ont pas été clarifiés, intégrés.
Nous avons émis l’hypothèse qu’en nettoyant le plus possible la charge émotionnelle, c’est-à-dire en allant à la racine ou au plus près du premier incident d’élan brisé, le client
retrouverait de l’espace, des unités d’attention et d’intention disponibles qui permettraient au mouvement d’attachement de jaillir à nouveau. Cet élan d’amour est vital et ne demande
qu’à se déployer ! C’est quelque chose de spontané, de naturel.
(à suivre)
Vendredi 2 octobre 2009
5
02
10
2009
12:45
Edith (stage mouvement
interrompu)
Avec maman, cela va doucement, mais il y a encore des hauts et des bas. Il me faudra sans doute encore quelques stages pour enraciner un nouveau type de relation dans le
concret.
Commentaire de Christiane
Il est clair qu’un travail de constellation initie des changements chez nos parents parce que de l’ordre a été remis dans le système ; chacun est un peu mieux à sa place ce qui libérera certains
comportements inadéquats. Mais cela ne peut modifier leurs structures mentales... Ces modifications constatées répondent à cette loi systémique où toute modification d'un système entraîne des
ajustements de ce dernier, chaque partie étant sans cesse en interaction.
Nous sommes les seuls à pouvoir modifier le changement que nous souhaitons voir dans le monde et dans notre propre environnement. Et ce changement commence par notre propre changement ce qui
nous est parfois difficile car nous nous heurtons à des identités anciennes, créées dans la douleur pour survivre et qui fonctionnent en automatique, à nos dépens. Le changement implique
d’aller vers l’inconnu or le connu, même inconfortable, même handicapant nous rassure….
Il se pourrait que le changement fondamental que nous ayons à faire est celui du deuil que nos parents puissent changer…. Cesser d'espérer dans des parents idéaux. Espérer qu’ils changent nous
maintient dans une dépendance. Par contre, commencez à les voir tels qu'ils sont, avec leurs points forts et leurs points faibles, en intégrant ce qui a été blessé en nous, ouvre le chemin de
l'autonomie émotionnelle, affective.
Ainsi, orienter notre attention sur notre propre transformation nous donne de l’énergie. Comme préconisait Krishnamurti, seule la révolution silencieuse peut apporter une mutation de la
conscience.
Enfin Edith, regarde quelles parties ou identités de toi sont mal à l’aise avec ces parties de ta mère. Est ce que ce sont des identités de la petite tant blessée et frustrée ou sont-ce des
identités du temps présent ?
Jean Pierre (stage mouvement interrompu)
Depuis le stage, je peux dire que je ressens bien ma nouvelle voix qui me donne l’impression d’être devenu un « homme ». Ca me procure un grand plaisir ! Autre chose :
j’attendais avec quelques interrogations de voir comment j’allais me comporter l’avant dernier week-end (du 22-23 Août) où je devais me rendre chez mes parents. Je me demandais comment je serais en
face d’eux après ce qui s’était passé pendant le stage. Et là je dois dire que j’ai été déçu.
Je pensais que je pourrais faire face et me comporter en « homme » justement, et je suis une fois de plus « retombé » dans une de mes « créations » (pour ceux qui ne suivent pas la voie directe, je
traduis : il s’agit de quelque chose, une pensée, une émotion ou un acte que je crée. Cela se fait de façon plus ou moins consciente et en étant plus ou moins satisfait du résultat). En
l’occurrence donc je suis retombé dans une création « indésirable » dontj’ai l’habitude. Je me suis retrouvé face à mes parents et ma mère a dit une chose qu’elle répète à longueur de temps à
savoir que j’étais « comme son père ». Et donc là, j’ai réagi par la création
« clown » j’ai fait donc un peu l’idiot, sans rien dire. Cela fait maintenant plus d’une semaine que cela s’est passé, et depuis, j’ai mal à la gorge (quelque chose est resté coincé dans la
gorge car je n’ai pas réussi à parler), j’ai une oppression dans la poitrine et des maux de tête. Je me suis dit que cela partirait avec le temps mais pour l’instant ça n’est pas le cas. Lorsque
l’incident s’est passé, j’ai réalisé une « création » qui est restée « coincée » parce que je n’ai pas su faire face ce qui aurait voulu dire exprimer à ma mère mon mécontentement (euphémisme sans
doute....) en restant conscient. Voilà donc où j’en suis aujourd’hui.
Réponse de Christiane
Je comprends que tu sois déçu d’être retombé dans ta vieille création face à tes parents mais surtout n’invalide pas pour autant le chemin parcouru. Le système
familial est puissant et il est des plus délicat de trouver notre propre autonomie face à lui, surtout lorsque des créations, des programmes ont été mis en place pour notre survie, depuis
notre enfance. Les automatismes reprennent vite le dessus car nous sommes effet de ce système familial et effet de nos automatismes. Le champ de force de tout système est très puissant et nous y
sommes soumis sans vraiment le conscientiser.
Si nos systèmes familiaux n'avaient pas eu cette force depuis des centaines de générations, nous ne serions pas là.....ils ont survécu grâce à certaines stratégies sur lesquelles nous pouvons nous
appuyer et laisser celles qui handicapent notre propre existence, notre épanouissement personnel qui ne se fait pas au détriment de nos ancêtres, bien au contraire.
Pour retrouver ton pouvoir de décision et faire ce qui est juste pour toi, il s'agit de continuer à clarifier (nettoyer les traumas, terminer les cycles, les expériences restées bloquées comme le
mouvement interrompu par exemple) et de renforcer des aptitudes comme l’attention, l’intention, la maîtrise de nos actions.
Le clown t’a bien servi et maintenant il te dessert au point de somatiser ; qu’aimerais-tu faire vis-à-vis de ta mère par exemple pour exprimer ton mécontentement ? Pourrais-tu l’appeler au
téléphone et lui dire ce qui est resté coincé dans ta gorge ? Ou bien lui écrire ? Quelles actions pourrais-tu entreprendre maintenant et qui soient accessibles, en prenant par exemple appui sur la
partie “homme” qui est là, en train de s’exercer ?
Sans oublier que parfois il est bon de suspendre une relation le temps que nous soyons aptes à confronter ce qui est ; cela s’appelle une retraite stratégique où nous allons d’abord augmenter notre
capacité à faire face, à être présents et respecter nos propres besoins. Si prendre sa mère ou son père est source de force, d'unité pour beaucoup d'entre nous, cela demande des étapes
intermédiaires.
Une de ces étapes peut être celle de se retirer, notamment pour ceux qui sont confondus avec un de leurs parents ; se dissocier d'abord du parent, de l'emprise de ses désirs ; comment
prendre d'un parent auprès de qui nous nous sommes perdus, en fusion avec ses besoins ? Comment prendre d'un parent qui a maltraité ou abandonné ? Le reconnaître comme son père, sa mère est déjà
une étape essentielle ; aller dans ses bras est trop dangereux pour l'enfant et pas souhaitable pendant un certain temps...
Michèle (mouvement interrompu et constellations)
Sitôt rentrée à Bruxelles après cet été si enrichissant, j'ai vu mon fils Pierre (23 ans) à qui j' ai partagé mon expérience de ce stage.
Il a été vraiment toute ouie...
Alors, voyant combien cela l'intéressait, je lui ai proposé que nous fassions une séance de Bonding. Immédiatement, il a été d'accord et il a fixé Le Moment deux jours plus tard. Nous nous sommes
mis d'acord sur l'heure de début et je lui ai dit bien clairement qu'il pourrait prendre autant de temps qu'il le désirait. Je l'ai invité aussi à noter les pensées, les images et/ou les rêves
qu'il pourrait avoir entretemps à ce propos.
Quand je suis allée le chercher hier, il m'a parlé de son rêve et sur le principe de décryptage des rêves ( = "film" dont nous sommes le réalisateur, l'acteur et chacun des décors ), il a "revu"
son rêve à travers les yeux de chaque personnage et de chaque élément du décor.
... Une fois arrivés à la maison chez moi, je lui ai demandé comment il se sentait... et puis, je me suis assise bien à l'aise dans mon divan et Pierre est venu dans mes bras comme un tout petit...
et ce fut une heure et demi de bonheur complet, pour lui, comme pour moi.
Merciiiii spécialement à Brigitte et à Christiane de nous avoir inspiré cet exercice...
Commentaire de Christiane
Merci de ce témoignage fort émouvant et c’est une belle restauration que tu as faite tant pour ton fils que pour
toi ; car le mouvement interrompu est vécu dans les 2 flux.
Si l’enfant est confronté à une grande détresse dans cet élan brisé vers son parent, celui-ci est également confronté à son impuissance ; il se pourrait que ce parent ne comprenne pas ce qui se
passe pour son enfant, faisant des interprétations erronées qui empêchent toutes réelles communication, compréhension. du genre "je suis une mauvaise mère, je ne sais pas aimer mon
enfant"...
Et puis ce parent pourrait parfois être réactivé dans sa propre blessure d’élan interrompu et donc plus apte à manifester son soutien, sa rationalité, sa capacité à empathiser avec son enfant
et ce qui se passe. ce n'est plus un parent qui est là, dans sa force d'adulte, mais l'enfant blessé, qui a lui aussi été rejeté.
Il est difficile d’être un parent ayant du savoir-faire, du savoir-être quand ses propres blessures ne sont pas guéries, quand des cycles douloureux relatifs à sa propre histoire restent actifs,
voire béants.
Lundi 21 septembre 2009
1
21
09
2009
18:51
Gérard (stage constellations)
J’ai le sentiment d’appartenir à une famille dans laquelle la communication est fluide avec des membres qui échangent et changent !
J’essaie de rester sur un bon niveau vibratoire, ce n’est pas toujours évident.
Quoi qu’il en soit, le monde qui m’entoure a changé par ce que j’ai changé ma manière de le percevoir.
Ana : identification à une grande sœur non-née, avortée (stage constellations)
L'effet est immédiat.
Je reflétais dans un premier temps à Christiane qu'il me semblait évident que quelque chose avait changé, mais que je ne l'avais pas encore nommé.
Ce qui est présent, c'est : maintenant, je suis réellement moi
Je n'ai eu de cesse, depuis je ne sais quand, de vouloir être entendue, de vouloir apparaître, de vouloir être vue. Même mes recherches en homéopathie (selon rajan sankaran) me menaient dans cette
direction : m'individuer et les symptômes que j'observais et voulais comprendre étaient de cet ordre.
J'avais plein de choses à dire et ne disais jamais rien, j'étais silencieuse. j'avais plein de choses à faire et ne faisais jamais rien, j'étais inactive. je tentais diverses formes d'apparences
physiques, dans la coiffure, l'habillement, et je ne me sentais jamais vue.
Cette dernière constellation où je plaçais ma fratrie et mes parents remit vraiment les choses en place. Chacun avait la sienne, ma grande soeur non-née est apparue, je l'ai vue; je pouvais enfin
(et cela ne veut pas dire que je voulais m'en séparer puisque je l'aimais tellement que je suis devenue elle, en partie), donc, je pouvais enfin être moi, vivre mon existence et ne pas la passer à
essayer de la faire voir : ce que je faisais en fait, était une tentative de la voir, (de l'avoir, cette grande soeur, et non pas de l'être). j'avais besoin de la reconnaître, d'en avoir
conscience.
C'est chose faite !
Cela me confirme, que quand on trouve le point d'attache du symptôme, il est vu, pris, compris et n'a plus besoin d'être "au crochet" d'une personne pour exister !
Comme le dit Christiane, confronter, faire face à ce qui est, sans reculer, sans attaquer, sans s'effondrer, c'est reconnaître (naître de nouveau avec) ce qui est, c'est l'intégrer (ne plus
l'exclure), c'est reconnecter au sentiment d'unité ; c'est cela la paix, ce n'est ni la lutte contre la guerre ni son opposé !!!
J'ai aussi vu le lien avec la précipitation qui apparaissait chez mon père. Je l'ai reprise à mon compte pour être mieux à mon service pour faire apparaître cette grande soeur non-née, parler vite
pour être entendue, faire vite pour être vue, être très active pour apparaître.
Je vous suis reconnaissante pour la présence que vous avez investie pour me permettre plus de clarté et revenir à moi afin de mieux encore accomplir mon destin, c'est-à-dire, ce à quoi je me
destine.
Je vous remercie de m'avoir permis de vous rendre ce même service afin d'être dans la communication, verbale et non verbale, et surtout dans l'accomplissement de ma destinée !
Commentaire de Christiane
Remettre chacun à sa place dans un
système est déjà un travail important dont les répercussions sont la plupart du temps conséquentes. Une simple remise en ordre d’une fratrie au complet va modifier le champ de conscience d’une
personne qui soudain peut prendre sa place, la sienne.
En effet, l y a une loi fondamentale qui régit tout système, à savoir qu chacun a le droit d'appartenir au système dans lequel il est né, sans considération pour ses qualités, ses actes, ses
connaissances, qu'il soit vivant ou mort.
Dès que nous naissons dans un système, nous y sommes liés, nous devenons l'enfant de nos parents et membre intégrant de ce système là. Et c'est l'ensemble de ses membres qui fait la spécificité de
ce système. et personne ne peut être exclue pour quelque raison que ce soit.
Ainsi, un système est équilibré et fonctionne harmonieusement lorsque tous ses membres ont leur place, notamment en fonction de leur ordre d'arrivée dans le temps, y compris les personnes mortes.
Et si chacun est à sa place et vu, il n'y a plus lieu que quelqu'un s'identifie pour combler le vide que représente une personne oubliée, niée, morte.
En plaçant sa fratrie, Ana a pu voir cette grande soeur avortée, là-bas, différente d'elle ce qui sort Ana de la transe, de l’intrication : « oui je te vois et comme je te vois, je
ne suis donc pas toi, toi tu es toi et moi je suis moi et tu gardes une grande place dans mon coeur».
Le fait de voir est fondamental car ce à quoi nous sommes identifiés, nous ne le voyons pas, nous le sommes. Nous sommes cette soeur, ce grand père, cet oncle, cette tristesse, cette
injonction ; il n'y a aucune distance entre celui qui s'identifie et l'objet d'intrication. Voir indique donc un décollement de l'intrication, une différenciation et c'est donc un pas majeur
dans une constellation, dans le processus d'individuation d'une personne.
Il est fréquent de rencontrer des personnes identifiées à un frère iou une sœur mort prématurément qui vivent pour deux ; elles cherchent à faire vivre à travers leurs faits et gestes
le disparu, l’exclu. Récemment une personne qui conscientisait qu’elle était identifiée à une jumelle morte in-utéro, me partageait qu’elle achetait toujours les choses par 2, que ce soit
l’alimentaire, les vêtements, les présents. « j’achetais aussi pour elle, pour la représenter »
Jeudi 17 septembre 2009
4
17
09
2009
16:36
Cet été j'ai opté pour des stages résidentiels et de longue durée dans l'optique que
cette immersion totale permette d'entreprendre une démarche approfondie dans un cadre protégé où l'intégration des nombreuses dimensions qui se montrent soit facillitée. Ainsi Brigitte Asselineau
et moi-même avons animé un stage sur le mouvement interompu appelé "prendre père et mère" pendant 6 jours et j'ai donné un stage de constellations familiales et systémiques de 4 jours.
Afin de vous faire partager quelques expériences, la reprise des articles sera consacrée à quelques témoignages qui paraîtront soit sous cette forme, soit dans la rubrique "page" sous l'item
"témoignages" afin que ces données restent intéressantes et non submergeantes.
Voici donc le premier article, avec quelques commentaires, consacré exclusivement au travail de Jean-Luc qui a poursuivi l'intégration de son travail en faisant un compte rendu des 2 constellations
qu'il a vécues. Merci encore à Jean-Luc pour le beau travail effectué et partagé.
cp
Tu ne changeras jamais les choses en combattant ce qui existe
déjà.
pour changer les choses, construis un nouveau modèle qui rendra l'ancien
obsolète.
Buckminster Fuller
Témoignage de Jean Luc
Voici quelques informations
En tant que représentant du symptôme, il m'est apparu de façon extraordinaire, que toute reconnaissance le faisait
fondre, et que tout refus ou agression le faisait devenir de plus en plus autonome et puissant.
En tant que représentant d'une injonction, j'ai vu qu'elle portait les forces de vie, et qu'il ne fallait pas la
combattre, mais l'accueillir !
Commentaire de Christiane
Il en est du symptôme comme de tout contenu de conscience ; si nous résistons, si nous refusons, si nous
agressons, nous faisons persister le symptôme, la douleur. Pour résister, nous devons investir beaucoup d’attention sur ce que nous ne voulons pas, donc nous donnons de la puissance à ce qui
nous fait peur, nous fait mal, est indésirable.
Quant aux injonctions comme "sois sage, tu es un saint, tu es fort", etc., elles captent une partie de notre
attention que nous les adoptions ou que nous les refusions. Les combattre nous piège.
Par contre les accueillir permet de comprendre ce qui se passe et d’intégrer les parties de nous qui sont
enfermées, figées dans cette injonction ; et c’est en intégrant ces parties de nous (en les prenant avec nous) que nous récupérons de la force, de l’énergie et que nous désintégrons ce
que nous ne voulons pas. Seule la compréhension permet d’intégrer. Intégrer, c'est transformer de la masse, de la confusion en conscience.
Sinon nous entretenons une division, une dualité et nous sommes alors des personnalités morcellées,
ballotées tantôt par la partie « sois un saint » et tantôt par celle qui dit « je ne suis pas un saint
».
Les constellations montrent de façon très claire
l’importance d’inclure les contenus de con pour retrouver notre pouvoir, notre unité et qui nous sommes en Essence, le Soi, la Conscience sans contenu. Elles nous montrent combien
l’exclusion d’une partie de nous, de nos parents, d’un ancêtre, quels que soient les comportements, entraîne le chaos dans un système. Il en est de même
pour le système « être humain » que nous sommes et c’est le chemin vers le divin que nous sommes.
Voici un résumé des 2 constellations vécues par Jean Luc
1ère constellation : un premier
amour
La demande de Jean-Luc : « je veux savoir quel est l'origine de ce besoin fusionnel que j'éprouve,
me sentant en permanence étouffé, prisonnier d'un aspect féminin ».
Je découvre avec beaucoup de surprise que ma mère sait qu'elle n'a pas fait ce qu'il fallait pour m'élever comme un petit garçon.
Mon représentant éprouve une hargne et une rage folle contre elle, et se détache de tout pour ne rien ressentir. Il exprime ensuite, que la colère qu'il éprouve pour ma mère, est en fait de
l'amour qu'il n'a pu donner.
J'éprouve une vive douleur au cœur, comme s'il était fendu !
On découvre que dans sa jeunesse, elle a été amoureuse de quelqu'un de plus âgé qu'elle. Mais cet homme souhaitait une relation d'amitié, la considérant comme beaucoup trop jeune ( peut-être 14
ans). Ma mère a été cruellement blessée qu'il ne voit pas sa richesse, elle même se sentant du même niveau. Son amour est resté platonique. Cet homme, ami de la famille, a préféré rester fidèle à
la famille plutôt qu'à elle. Alors qu'il représentait la liberté pour elle.
N'ayant pu investir cet amour dans son mari (révolte contre les hommes), elle l'a reporté sur moi. J'ai été élevé comme son amour platonique! (castré !)
Elle savait le tort qu'elle me faisait, mais si elle ne me gardait pas, elle serait morte de chagrin.
Elle se rend compte qu'elle a été avec moi comme son amoureux. Elle a conscience de m'avoir planté un poignard dans le dos.
Lors du travail on dés-identifie mon représentant de l'amoureux, ce dernier reconnaissant sa lâcheté.
Le représentant s'est senti trompé, nié dans son corps, celui-ci n'ayant pas d'importance dans une relation platonique.
Je vois où je me suis mal construit, cette recherche fusionnelle était en fait ma mort, alors que pour moi c'était une recherche vitale.
Commentaire de Christiane : la dynamique des premiers partenaires
Quand un homme ou une femme connaissent un premier amour qui ne peut aboutir pour diverses raisons, ( les parents s’opposent à cette relation, l’un des amoureux se lasse, découvre que cette
relation ne correspond pas à ses intentions, l’un des amoureux part à la guerre ou s’expatrie, va faire des études à l’étranger ou tombe malade ou meurt), ce mouvement d’amour reste souvent
inachevé.
Des sentiments, des émotions ne sont pas exprimés, des mots, des pensées sont tus, créant incompréhension et confusion. Cela va bloquer la personne dans cette unité de temps, dans cette
phase de son existence.
Les premiers amours ont une force que n’ont pas les suivants ; l’attachement, le lien à l’autre est plus marqué, ce qui ne veut pas dire que l’amour est plus grand et peut être... y a-t-il
de ce merveilleux des premières expériences. Toute rupture va causer une grande blessure qui risque de prendre appui sur ce que nous appelons le mouvement interrompu. Toute rupture non intégrée,
c’est à dire où les ressentis ont été niés, refoulés, minimisés, restera active et source de troubles chez une personne et dans son système.
Or dès qu’il y a relation intime avec une autre personne, celle-ci fait partie de notre système, même si par la suite il n’y a plus de sentiments entre ces personnes. Et du coup ces dernières
auront une grande influence dans le système actuel de la personne, si les faits et la personne n’ont pas été suffisamment reconnus, honorés ou s’il reste des ressentiments, des rancoeurs, de la
haine.
Le risque alors est qu’un enfant s’identifie à ce partenaire oublié, pour lui donner une place dans le système. Et cela occasionne des intrications comme celle vécue par Jean-Luc. Le parent ne
voit pas son enfant comme son enfant, mais projette sur lui le ou la partenaire qui a manqué. L’enfant va entrer dans cette place, ce rôle et devenir le petit homme de maman ou la petite
femme de papa. L’enfant pourra aller jusqu’à rivaliser avec sa mère pour une fille ou avec son père pour un homme.
Seulement il maintient cette place en tant qu’adulte ce qui va lui occasionner des difficultés à créer ses propres relations amoureuses ; ainsi des personnes se retrouvent dans
l’impossibilité de créer un couple, ne rencontrent que des amours impossibles, restant dans des positions d’amants ou d’amantes, voire auront des difficultés à créer une relation avec
quelq’un de sexe différent.
La solution sera toujours de désidentifier la personne de ce partenaire « je n’ai rien à faire avec toi » et de lui faire comprendre que cette relation ne la regarde pas et qu’elle est
vivante grâce à son père et sa mère. Des phrases comme « c’est bien que tu n’aies pas épousé cet homme ou cette femme, sinon je ne serai pas là ; ma place est à côté de vous, papa,
maman » vont sortir la personne de sa transe et la remettre à sa place d’enfant qui peut alors exprimer sans danger son amour au parent concerné.
2ème constellation : le grand père est mort à la guerre
La demande de Jean-Luc : « Je veux savoir où vont mes forces de vie (n'en ayant pas beaucoup) »
Je découvre, sans trop de surprise, maintenant, que mon père est relié, comme aimanté par son père, qui est mort à Verdun lors de la guerre de 14/18.
On découvre ainsi que le grand-père, d'une certaine façon, ne sait pas, ou ne veut pas savoir ou entendre* qu'il est mort. Ses compagnons morts à côté de lui, mais plus conscients, arrivent à le
sortir petit à petit de son sommeil. Il finit par avouer qu'il ne supporte pas de ne pas avoir vécu et de ne pas avoir revu sa famille.
Un travail peut commencer pour qu'il accepte sa mort, et ainsi libère sa descendance.
Je sens des tensions très anciennes au niveau de la taille se relâcher.
Mon père, régénéré par l'énergie qui circule à nouveau en lui, peut se tourner vers moi, et m'accueillir! Il me nomme par mon prénom. Cela me fait un bien immense.
Devant cette situation, une grande détente s'installe, une énergie nouvelle me traverse, elle me fait me rentrer vers l'intérieur de moi, et je connecte mon identité!
J'ai le sentiment très fort que ma quête, la recherche de mon père, est finie! Et même que toute quête est finie, et surtout cette quête spirituelle, qui m'a fait partir dans tous les sens !
C'est aussi la fin d'allers et venues dans le monde des morts.
Je peux alors me blottir dans ses bras et reprendre le lien interrompu depuis x années !
*Mon père et tous ses enfants ont de grosses difficultés auditives!!
Je dois ajouter que le travail sur mon père a pu avoir lieu grâce à celui effectué au stage "prendre père et mère".
Je commence une nouvelle vie, ma vraie vie ?
Mais ce que j'ai vécu avant, a quand même une très grande valeur !
Je suis infiniment reconnaissant à toutes et à tous!!
Commentaire de Christiane : l’influence des morts
Dans cette constellation, nous voyons combien les morts ont une influence dans les lignées à venir ; Le père de Jean-Luc a peu connu son père qui est mort à la guerre de 14/18. Et une partie de
son existence sera consacrée à chercher ce père mort ; ainsi le père de Jean-Luc deviendra à son tour un père absent.
Nous observerons que le grand père paternel n’a pas voulu, pas pu prendre conscience qu’il était mort, afin de ne pas ressentir la perte de son fils, de sa famille. C’est un phénomène que nous
rencontrons souvent lorsque les gens sont morts trop tôt, foudroyés par un accident, à la guerre ; le corps est bien mort, mais une partie de leur esprit (leur âme) erre entre le monde des
vivants et le monde des morts. Il se pourrait qu’il y ait différents états de mort…
C’est en donnant du soutien à ce grand père avec d’autres soldats morts à la guerre comme lui, perdant tout, leur jeunesse, leurs intentions à vivre, à construire une existence, fonder une vie de
famille qu’il pourra commencer à faire face à sa douleur, à ses pertes. Faire face libère…
Il peut alors reconnaître son fils et prendre conscience qu’il a "perdu l’existence mais pas son fils".
Ainsi les morts oubliés, exclus, pas suffisamment reconnus exercent une influence importante sur 4/5 générations. Et plus l’exclusion est grande, plus l’influence est forte et plus quelqu’un de
plus jeune s’identifiera aux morts, pour tenter de leur donner une place dans le système.
Cela ne veut pas dire que ces morts soient malveillants vis-à-vis des vivants mais qu’ils représentent une force d’attraction inexorable qui perturbe l’ordre systémique tant que leur intégration
n’est pas faite.
Ainsi, si nous leur accordons la place qui leur revient, nous pouvons être en paix avec le système et nous-mêmes. Et nous observons alors que les personnes dégagées de l'intrication
bénéficient alors d’une force nouvelle, de ressources qu’elle n’avait pas imaginées.