Mercredi 5 mars 2008
Godelieve - Luxembourg

Je crois que la citation "s'il-te plaît" vient de Bert Hellinger ?  En tout cas çà ne passe pas chez moi !  Je peux éventuellement dire, "si tu veux bien, ou, es-ce que tu peux" mais "s'il-te plaît ne passe pas,
c'est comme une supplique.  J'ai réfléchi au pourquoi, eh bien, tout simplement parce-que je ne sais pas demandé, pas par arrogance, j'espère en tout cas, mais parce-qu'il n'y avait personne à qui demander ou  que je savais que les personnes présentes ne pouvaient pas ou ne savaient pas donner ce dont j'avais besoin.  Donc silence et demande bloquée.   De ce fait, c'est difficile à demander,  je ne demande jamais 
et j'ai même difficile à recevoir.  Après introspection, j'ai compris qu'alors j'existais pour l'autre, sentiment que je ne connais pas.
Donner et rendre service m'est facile, car c'est un programme de survie que j'ai bien développé.  Soit utile et on te tolèrera.....
Intéressant, comme quelques mots peuvent faire émerger des choses.


Réponse de Christiane

Bert Hellinger a utilisé cette formule "s'il te plaît" après restauration d'un mouvement interrompu ou pour favoriser cette restauration. Elle permet que la personne contacte le petit enfant en lui. et cela facilite des compréhensions comme tu as eues. Merci de ton témoignage et effectivement quand nous demandons à l'autre, nous existons. la demande fait même exister l'un et l'autre....


Heinz - Suisse

Belle découverte en vérité de pouvoir lier colère – amour – douleur.
Moment d’abandon dans la petite enfance, véhiculée toute une vie d’adulte.
Manque d’amour qui conduit aussi à s’acharner à faire pour prouver son amour et se faire aimer.
Vos réflexions sont une amorce puissante.

Réponse de Christiane

Merci. Le manque d'amour crée la douleur mais il est parfois plus facile de ressentir la colère que ce manque d'amour qui peut nous faire expérimenter un néant, un "désert" où la pulsion de mort est proche, tellement l'impuissance et la détresse sont grandes.
Nos manques nous amènent à mettre en place des programmes de compensation pour tenter de se faire aimer ; pour les uns, c'est un programme de perfection, pour d'autres c'est sauver les parents, pour d'autres, c'est réussir à tout prix. Tout cela n'est qu'amour conditionnel lié à des douleurs, des peurs, celles d'être rejetés, humiliés, abandonnés, trahis.
Notre existence pourrait être là pour nous permettre de défaire peu à peu ces conditionnements qui sont des freins à l'acceptation, la reconnaissance de qui nous sommes. Trouver la liberté d'aimer nos parents, notre histoire, de nous aimer tels que nous sommes et ainsi de retrouver le chemin de notre Vraie Nature qui est Amour inconditionnel.



Extrait d'un article de Virginie Megglé, psychanalyste - Guide du Mieux-Être

En général, même si nous avons couvé de la haine à l'égard de père et mère -ne serait-ce que pour réaliser la séparation et parachever "l'accoucement" - tout se passe avec le temps comme si  on avait besoin de les aimer plutôt que de les haïr, quelaues furent leur méchanceté et la gravité de leurs défaillances à notre endroit. Quand on a choisi de cultiver la vie. Quand on a eu la chance , le bonheur de pouvoir le faire aussi. Comme si haïr ses parents sans partage revenait à se haïr soi-même. Rien ne nous oblige à tout accepter sans discernement, mais rien ne nous autorise à tout rejeter avec haine. il ne s'agit pas de pardon. Mais de devenir  soi-même par delà les hostilités, avec nos ombres et nos lumières, nos contracdictions et nos complexités.
Apprrendre à mieux se connaître, et par contre coup, mieux comprendre les autres. C'est le rôle entre autres de la psychanalyse aujourd'hui qui nous permet de voir, ce que nous croyons ça-voir, que nous sommes ni tout à fait le même ni tout à fait un autre ; et que la séparation est indispensable, même si elle doit admettre de la haine.
C'est à ce prix que d'heureux et épisodiaues rapprochements, quelle qu'en soit la forme, pourront se produire.

La victoire de l'amour sur la haine et le détournement de ses pulsions agressives vers des buts "nobles" est la démarche de toute une vie. quand on est entré dans la haine, porté par un contrat familial, en sortir, apprendre à se soustraire à cette puissance qui nous affecte, à ne pas rester l'objet désigné d'un transfert appelle à la vigilance. Long apprentissage s'il en est un mais aussi ferment d'ententes qui préfèrement les relations d'amitié à celle d'initimitié.

Point de vue de Christiane : les constellations accélerent ce processus de rapprochement et de détachement par une expérience directe.



À lire quelques études sur les 5 conditions amoureuses du bonheur sur le site Chemin de Vie http://www.chemindevie.net/article-17348274.html


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Mercredi 5 mars 2008

Suite à l'article "mouvement interrompu et colère",  voici la retranscription d'échanges des échanges entre André (en rouge) et Christiane Perreau. (en noir), par ordre chronologique.

1 - Témoignage et question d’André

Je me permets de vous répondre car votre analyse du mouvement interrompu qui engendre de la colère me parle beaucoup. Et je trouve qu'on pourrait aussi l'associer à la bouderie.
 
On connaît tous le cas de l'enfant boudeur qui fronce le sourcil, remue  la tête, parce qu'il n'est pas content, refuse énergiquement tout ce qu'on lui propose. Cela peut faire sourire.
 
Mais quand il s'agit d'un adulte de 50ans qui cultive encore ce système de défense au point de s'enfermer plusieurs jours dans son bunker mental, plein de haines et de ressentiment contre le monde entier, y compris ses proches. A chaque fois une plongée infernale dans les bas fonds d'une rage intérieure démesurée et inextinguible.jusqu'à l'intoxication...
 
Souvent derrière cette attitude, il y a de la frustration, de la rage, de la colère, de la haine, autant de sentiments qui s'amplifient dans le vase clos de cette prison intérieure. Mais n'est-ce  pas aussi la réaction d'un  enfant en colère contre...ses parents, un mauvais traitement, une injustice, voire une incapacité à s'exprimer ...? N'est-ce pas aussi une réponse à un manque d'attention, d'amour...?
 
Qu'en pensez-vous? j'aimerais connaître votre point de vue là-dessus.


2 - Réponse de Christiane

Je vous remercie d’abord de votre témoignage, de votre réflexion très pertinente et de vos appréciations.
La bouderie est une expression de colère, elle est signe de contrariété, d’intentions frustrées. Les contrariétés sont dues à des pertes, d’un parent, d’une relation, de quelque chose ou de quelqu’un qui apportait du plaisir, qui satisfaisait un besoin, un désir.

L’adulte qui fonctionne encore avec ce comportement n’est plus un adulte ; il exprime des états d’être d’un petit enfant bloqué dans certains traumatismes dont le mouvement interrompu. Cet adulte a été réactivé par des circonstances de son temps présent (une contrariété avec le compagnon, souvent  quelqu’un dont il est très proche et qui lui est cher) et qui lui font perdre toute relativité, toute objectivité au point d’avoir des comportements inappropriés voire aberrés pour une personne de 50 ans. Il ne peut plus se comporter en adulte. Et il dirige sa colère contre son compagnon, son enfant, sa secrétaire mais ils ne sont pas en cause. Ce ne sont pas eux les objets de sa colère. L’origine de la colère se situe dans le passé

La personne est alors déterminée par les traumatismes non conscientisés, non intégrés et elle perd son pouvoir de décision, d’action ; elle est “agie” par les blessures non comprises. Elle est en réaction, comme désintégrée. Elle ne peut pas faire autrement à ce moment-là. Ce n’est plus un adulte mais un petit enfant de 3 ans qui crie son désespoir de ne pas être compris et accueilli tel qu’il est.

L’enfermement d’une personne sur elle-même est le signe d’une grande souffrance qui n’a pu être résolue. Nous sommes des êtres de relation et c’est la relation qui construit le bébé, le fait exister. S’il ne peut entrer en relation, c’est que des liens n’ont pas été construits ou ont été rompus (c’est le cas dans le mouvement interrompu, c’est le cas lorsqu’un bébé n’est pas désiré parce que la mère avait un désir de garçon et non de fille ou pas de désir d’enfant ou la maman était trop fragile psychiquement, etc.).

Alors l’enfant ressent toutes ces émotions de frustration, de rage, de haine et d’impuissance en réaction à des manques d’attention car l’attention portée à un enfant tout comme la compréhension sont de l’amour. Aimer c’est comprendre. L’enfant se nourrit de l’attention, de la présence qui lui sont données. Ce sont des besoins fondamentaux à sa survie et son équilibre physique, émotionnel, mental.

Sauf qu’un parent pris dans des intrications transgénérationnelles n’a pas ou peu d’attention disponible pour son conjoint et ses enfants. Il ne peut pas. Il est identifié à ses pensées, ses traumatismes, ses émotions sans en être réellement conscient. Il devient la colère par exemple mais sans pour autant la décharger réellement. Il est pris dans le passé par des liens invisibles qui l’emprisonnent. Il est présent physiquement mais absent affectivement, psychiquement. Il est souvent vide, “ailleurs” et ne peut satisfaire les besoins d’amour de l’ enfant qui, du coup, ne peut être lui-même. Ce qui le met aussi en colère.

Or, un enfant frustré et furieux ne peut pas montrer ses sentiments par peur d’être encore rejeté ou raillé ou invalidé par des réflexions du genre : “mais ce n’est rien, fais pas cette tête-là, regarde moi pas comme çà”. L’enfant est perdant sur toute la ligne et il va se replier un peu plus sur lui-même (bouder), contrôlant ce qu’il ressent, exprime et décidant qu’il vaut mieux se débrouiller seul voire, que cela ne vaut pas la peine d’exister. Certaines maladies graves comme le cancer ont de tels programmes dans leurs causes.

Le parent qui devrait être le référent est perdu et ne peut être un soutien pour son enfant qui devient alors le “pourvoyeur” d’amour, assumant des responsabilités qui ne sont pas les siennes ; il y a inversion des rôles ; et si certains enfants le font avec amour et trouvent cela normal (en constellations, nous voyons certaines personnes qui ont du mal à restituer à leurs parents leur rôle de parents), d’autres en éprouvent de la colère voire de la rage, de la haine. C’est de l’amour inversé ou refroidi.
Nous appelons ce phénomène une parentification. Le client aura besoin de dire à ses parents “je vous déteste” mais, fondamentalement, il aura besoin de dire : “aimes moi ou s’il te plaît prends moi dans tes bras”. Là est le besoin primaire frustré qui origine la colère et la rage. Et à partir de là, la personne peut s'autoriser à ressentir les manques d'amour, d'attention.

La plupart du temps, le parent a manqué aussi  d’attention de son propre parent. Il sera alors important de suivre la piste du besoin manquant, de l’amour “refroidi”  ou dévié dans la lignée. C’est là que se trouve l’origine du mouvement interrompu et c’est là qu’il doit être restauré. Et c’est cette colère-là qui doit être ressentie ainsi que le besoin inassouvi et c’est cela qui peut soulager.
Il sera nécessaire de restaurer les liens entre la grand mère et la mère par exemple, et ensuite entre l’enfant et sa propre mère.
Il sera nécessaire de remettre de l’ordre dans la lignée en clarifiant qui est qui et où est la place de chacun selon l’arrivée chronologique dans le système. Des phrases comme “toi tu es ma grand mère et moi je suis ta petite fille et maman, tu peux prendre du soutien chez ta mère, moi je suis ta petite, ton enfant et toi, tu es ma mère”  vont faciliter ce processus.
Quand les besoins premiers sont vécus, la colère disparaît. Et l’amour et la vie circulent à nouveau dans cette famille  dont le constellant peut se détacher tout en y trouvant un ancrage, une force.
Il retrouve le chemin de ses propres désirs dans le temps présent.



3 - Témoignage d’ André

A mon tour de vous remercier de m'avoir répondu aussi vite. Vos explications sont très claires et très justes. J'ai relevé le phénomène de
" déconscientisation" qui explique le décalage entre la réalité et la perception réactive du boudeur. C'est vrai que dans mon cas, c'est souvent en réaction à ..,ou contre...et insensiblement je bascule dans un autre monde, où je ne reconnais plus personne, tout entier à ma fixation "le monde me rejette, je rejette le monde" avec une rage d'autant plus décuplée qu'elle est impuissante si l'on se place du point de vue d'un enfant de 3/4 ans.
 
Un autre passage de votre texte a aussi retenu mon attention, celui où vous évoquez le phénomène de parentification. J'ai souvent eu dans mon enfance le sentiment de jouer un rôle trop grand pour moi, celui du rédempteur de la famille, le gentil petit garçon, le petit saint destiné au séminaire. Entre l'alcoolisme d'un père et la violence d'un frère aîné, j'étais l'exemple et le réconfort voire le défenseur de ma mère, ma tante, ma soeur. Avec le message inconscient de ne surtout pas ressembler à "ce méchant papa et méchant frère."....!
 
Bien sûr que je vous autorise à publier toute cette correspondance, surtout si cela peut servir à d'autres. Et par votre intermédiaire, j'aimerais bien aussi recevoir des témoignages sur la bouderie, cette  infernale distorsion du temps.
 
Merci pour votre accompagnement.



4 - Réponse de Christiane


Un adulte qui se trouve confronté à des comportements aberrés ou névrotiques de son parent, par exemple, ne sera pas en colère; il sait que les ressentis négatifs sont dus à des souffrances non gérées du passé ; il a conscience du processus et reste objectif.  Le décalage entre la réalité, ce qui est, et les perceptions de la personne vienne du fait qu’il s’agit de réactivité qui fait perdre le côté rationnel, objectif, conscient. Le boudeur, le jaloux, la haineuse, la contrariée sont perturbés par des traumatismes non solutionnés qui déforment la réalité. Il y a distorsion entre la chose réelle et ce qu’il en est perçu, interprété, pensé. Et c’est une forme d’inconscience ou de “déconscientisation” comme dit André.
La personne perd son pouvoir de discernement.
Arthur Janov  dans Le Cri Primal disait que  “l’objectivité est l’absence de sentiments inconscients qui poussent le sujet à détourner la réalité de sa souffrance pour l’orienter vers la satisfaction de ses besoins”.

Concernant la parentification, c’est cela, l’enfant se sent le grand, le responsable de Papa, Maman, de la fratrie et il peut même en éprouver une sorte d’orgueil, un sentiment de toute-puissance. Et cet enfant peut même devenir le défenseur de sa mère ce qui est une perversion car il risque de ne plus pouvoir reconnaître son Père en tant que père et le rejeter.
Et rejeter l’un de ses parents peut avoir des conséquences : cela lie à la personne rejetée, celui qui rejette se prive de toute l’énergie vitale venant de ce côté, et certains iront ensuite se faire payer cette exclusion en étant malades, par exemple. C’est une manière d’être loyal que d’expier.
Un enfant a besoin d’être loyal à ses 2 parents et s’il ne le peut pas d’une façon saine, il le fera d’une façon détournée : être alcoolique comme Papa par exemple que Maman critique et dénigre à cause de cela même !!!! Ou devenir boulimique ; en mangeant l’enfant est fidèle à Maman qui dit que tout ce qu’elle donne est bon et en vomissant, il est fidèle à Papa pour lui montre que ce que donne Maman n’est pas bon pour lui. Cela prend aussi des formes moins dramatiques, comme faire les mêmes études que Papa alors qu’un autre désir habite l’enfant.




Être quelqu’un d’autre que soi-même - c’est être mort.
Le cri primal – Arthur Janov













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Vendredi 29 février 2008

Extrait d’un témoignage de Anne-Claire



La première lecture du bulletin m'a quasiment fait m'effondrer en larmes ...Ce sont les mots de Bert Hellinger qui m'ont le plus touchée "ici, la colère est l'autre face de l'amour [...] puisque je ne laisse pas exprimer sa colère, il entre en contact avec le sentiment sous jacent à la colère: l'amour et la douleur"

Ça m'a bien sûr renvoyé à ma mère et si je pensais que j'avais "réglé" le problème de la colère vis à vis d'elle via la constellation, je me suis aperçu qu'il n'en était rien ... ou peut être suffisamment pour m'apercevoir du sentiment d'amour qu'il y avait derrière. Et là.... quelle douleur !! Je l'avais déjà ressentie lors de la constellation, mais ça me semblait plutôt assez bon, une impression de réconciliation, avec une charge émotionnelle qui se libère.

Aujourd'hui c'est différent. le sentiment que je ressens est plutôt celui d'un manque, d'un vide intersidéral. J'aimerais la redécouvrir, communiquer avec elle, maintenant que la colère est calmée. j'aimerais la connaître tout simplement en tant qu'être et à la place, ce vide, ce manque. J'avais l'impression cet après midi d'être une espèce d'enveloppe sans consistance, flasque, comme si mes organes étaient remplacés par ce vide, comme si mon estomac était un gouffre abyssal et ma cage thoracique une boite vide.

Finalement, la colère c'est bien pratique... ça donne de la consistance; ça fait gonfler le torse, un peu comme le font les militaires... et comme le sous-entend Bert Hellinger, ça donne l'impression du pouvoir. Quelle illusion !!!...Mais quelle douleur derrière l'illusion ! quelle souffrance ......Quelle frustration ? Quel sentiment de solitude ? Peut être un peu des 2...

Le reste du bulletin m'a par contre peu parlé, en particulier lorsqu'il dit "ressentez vous la puissance issue de ces mots [...] Papa s'il te plait- Maman, s'il te plait", J'avoue ne pas les ressentir...Peut être parce qu'il y a encore du chemin à parcourir !

Pour le stage j'espère pouvoir venir le we de janvier, je te confirme prochainement. Est ce qu'on peu venir à plusieurs membres de la même
famille ? (une de mes soeur serait peut être intéressée)

Merci de ton "écoute" via web, le fait de réfléchir plus précisément m'a permis d'y voir un peu plus clair et libérer beaucoup d'énergie bloquée...



Commentaire de Christiane Perreau

Ce précieux témoignage montre combien la colère est une émotion qui est souvent contactée dans les constellations et la restauration du mouvement interrompu. C'est une étape qu’il est nécessaire de confronter (faire face), de conscientiser et d’expérimenter. Pour certains, la colère est tellement refoulée qu’elle ne peut être exprimée ou tellement interdite qu’ils n’osent pas dire et ne peuvent la dire même dans un cadre sécuritaire comme un groupe de constellations.

La peur que ce ne soit pas accueilli, la peur du rejet, de la perte de l’objet d’amour, du jugement ou de la raillerie font que des systèmes d’interdits, de sécurité sont là. Ils préfèrent retourner la colère contre eux et se taire, ajoutant une couche supplémentaire de refoulement aux refoulements initiaux, originés par le traumatisme premier.

Alors il est primordial de prendre en compte cette émotion, de l’inclure dans le processus ce qui permettra à la personne d’aller plus loin dans son chemin de guérison, de réconciliation et d’accueillir d’autres facettes de sa construction mentale et de son système familial. Une colère qui est entendue, comprise soulage et ouvre un champ d’expériences. La personne réalise dans ce cadre thérapeutique que ce n’est pas si dangereux que cela de dire sa colère.

Mais l’étape suivante et essentielle comme le dit Bert Hellinger est que cette personne puisse contacter les émotions qui sont cachées sous la colère.

Et comme le témoigne Anne-Claire, ce peut être une profonde douleur, un total désespoir, un grand vide et un sentiment d’amour vis à vis du parent qui n’a pu être exprimé jusque là. Cette colère est là comme un bouclier qui masque le sentiment d’amour ou une béquille qui permet de tenir debout malgré la souffrance.

Et ce qui sera réparateur sera de vivre ces émotions-là qui contiennent toute la charge du traumatisme et emprisonnent la personne dans des structures mentales et émotionnelles qui l’empêchent d’être créateur de sa propre existence et de vivre son temps présent. Car comme le rappelle Guy Corneau dans une interview à Nouvelles Clés, “le passé non digéré formate sans cesse le présent comme le logiciel dans l’ordinateur formate l’expérience.” Et l’élan interrompu fait vraiment partie de ces logiciels opérant à notre insu qui nous conditionnent à répéter des expériences douloureuses, notamment dans nos relations affectives et sentimentales.

Et cela passe souvent par dire à sa mère ou son père “s’il te plaît, prends moi dans tes bras” et ainsi ressentir qu’il n’y a plus de danger à aller vers son parent et lui exprimer son amour, déposer son chagrin, sa détresse et toutes ces larmes retenues depuis si longtemps. Certains disent alors qu’ils ont 50, 60 ans, “c’est si bon de pouvoir enfin reposer, m’abandonner dans tes bras ou j’attendais cela depuis si longtemps”.

Mais pour faire ce pas, il est nécessaire d’être accompagné et de bénéficier de toute la sollicitude d’un groupe bienveillant. Il est nécessaire aussi de voir que ce n’est plus le petit enfant de 2, 3 ans qui traverse cette douleur mais l’adulte qui est autorisé à redevenir un petit enfant et qui prend soin du petit blessé qui est en lui.

Les stages sur le mouvement interrompu sont exclusivement consacrés à ce processus ; ils se font avec un nombre limité de personnes afin que chacun puisse bénéficier  de toute la présence et de tout le temps nécessaires à cette restauration.




Participation de plusieurs membres d’une même famille à un stage de constellations

C’est tout à fait possible et cela permet d’avoir une vision plus holistique du système et d’intégrer plusieurs points de vue en même temps. Cela apporter aussi une meilleure compréhension du vécu, des comportements des membres participants. Un mari peut enfin comprendre pourquoi sa femme est peu disponible ou en colère, une femme peut réaliser pourquoi son compagnon la quitte régulièrement, une mère peut entendre pourquoi son enfant est malade. C’est un moment qui permet d’augmenter son affinité pour son frère, son compagnon, sa soeur, sa mèr
e.
 
 

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Vendredi 29 février 2008

La restauration du mouvement interrompu permet de prendre la mesure de la douleur qu'a ressenti le petit enfant suite à ces moments où il s'est trouvé seul dans l’existence, sans mère, sans maman pour pouvoir accueillir son élan naturel d’aller vers l’être aimé, l'être référent qui permet de tisser le lien et procure sécurité et amour.

Ce travail facilite l'émergence d'émotions douloureuses qui ont été contenues, retenues jusque là dont la colère, légitimement ressentie par le petit enfant dans ce traumatisme ; c’est une étape nécessaire  qui a besoin d’être reconnue, accueillie et exprimée par l’adulte au cours d'un travail de restauration de cet élan. Cette expression est une clé qui ouvre la porte à des sentiments plus douloureux comme le désespoir, la tristesse, la peur du rejet ou de l’abandon, qui sont inacceptables et ingérables pour un petit enfant.

Ces émotions fortes ont été refoulées, pour mieux survivre, et restent des handicaps pour une personne adulte, dans ses relations affectives, lui faisant vivre des échecs, de la frustration et une difficulté à exprimer ses émotions. Un côté dépressif habite souvent cette personne et l’empêche d’aller vers l’autre de façon naturelle et d’aller dans l’existence avec allant. Un programme sabote, à son insu et à ses dépens, son existence actuelle.

C’est la traversée de ces émotions et la prise de conscience de décisions prises alors comme “ça ne vaut pas la peine d’exister, à quoi bon, ça ne sert à rien d’aimer” qui permettent à la personne de commencer à terminer ce cycle inachevé. Ces décisions réactives devenues réaltiés pour la personne peuvent alors être réactualisées et de nouvelles statégies élaborées.
L’adulte resté bloqué, prisonnier dans ses blessures d’enfant va pouvoir vivre les expériences du temps présent sans y coller, projeter les empreintes des douleurs du passé.

“Les sentiments violents comme la colère remontent souvent au point où un élan précoce a été interrompu, là où l’enfant n’a pas pu poursuivre dans son élan. La colère permet à l’enfant de se protéger contre la douleur d’aimer. Ici, la colère est l’autre face de l’amour.
En thérapie, si je laisse le sujet exprimé sa colère, je ne fais que reproduire ce qui s’est passé jadis, car l’élan reste interrompu. L’expérience se répète mais la solution est absente. la colère donne au sujet l’illusion d’être supérieur à ses parents. Dans de telles crises, certains vont jusqu’à dire au père ou à la mère : “je vais te tuer”. Puis ils bercent l’illusion d’avoir commis l’acte par le fait de l’exprimer et d’avoir atteint leur but. En fait, ils n’ont rien atteint du tout et ils s’en puniront par la suite.
Lorsque que quelqu’un s’apprête à entrer dans une telle colère dans une thérapie, je l’arrête. Car cette colère ne sert qu’à refouler quelque chose. Puisque je ne le laisse pas exprimer sa colère, il entre en contact avec le sentiment sous-jacent à la colère : l’amour et la douleur. Ces deux sentiments sont inséparables. L’amour est bien plus douloureux que la colère. En fait, l’amour est le plus douloureux des sentiments parce que nous le vivons accompagné d’un sentiment d’impuissance absolue. Donc si j’exprime ma colère, je nie mon impuissance : je ne la ressens pas.
Arrivé à ce point-là, il est impératif que la personne concernée dise “s’il te plaît”. Ressentez vous la puissance issue de ces mots, contrairement à l’accès de colère ? “Papa, s’il te plaît – Maman, s’il te plaît.” Quelle puissance et quelle douleur ! Dans certaines situations, un enfant a pu se sentir abandonné alors qu’il a  simplement été oublié, par mégarde. Ce sentiment d’abandon suscite en lui un profond désespoir. S’il permet à ce dernier de s’exprimer en thérapie, l’effet sera bénéfique. Ce n’est pas un refus ou une défense face à l'abandon, mais un moyen de l’aborder dans son coeur. Voilà qui est bénéfique”.1


Restaurer le mouvement interrompu, c’est recontacter ce moment où l’élan a été coupé afin de libérer les charges émotionnelles restées bloquées et donner à la personne la sécurité nécessaire pour aller vers l’autre. Ce processus apportera un soulagement, une libération à une personne blessée qui retrouvera de l'énergie et de la joie à exister.

Christiane Perreau


1 citation de Bert Hellinger, extrait du livre de Berthold Ulsamer Manuel des Constellations Familiales



Des stages conçus et animés par Brigitte Asselineau et Christiane Perreau
abordent d'une façon spécifique cet élan interrompu et sa restauration.
Pour en savoir plus, demandez le programme détaillé.










































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Dimanche 24 février 2008

 
Merci de nous faire partager les compréhensions et les interrogations des uns et des autres.
C'est toujours très intéressant.
 
Personnellement j'ai trouvé que la relation parents/enfants était de premier ordre pour conscientiser les vieux programmes qui agissent constamment à travers nous.
Quelle surprise d'entendre parler la tante Machin à travers la bouche de mon père, possédé par la colère froide, ou ma mère à travers ma propre bouche, mise à nue par la xème nuit sans sommeil à tenter de calmer les coliques de la dernière-née. Quelle consternation de voir si facilement voler en éclat le vernis social, les principes éducatifs et les bonnes résolutions ! Comme le "naturel" revient au galop dans ces moments extrêmes. Et comme nos enfants sont des maîtres dans l'art de voir et d'exploiter toutes ces petites failles qui ne demandent qu'a s'ouvrir en crevasses vertigineuses, d'autant mieux qu'elles ont été joliment camouflées ...
 
Voilà la leçon de laisser passer la vie à travers soi.
Pour intégrer il n'y a pas d'autre chemin que d'accepter humblement ce qui est.
Comment aimer ses enfants, ses parents, sans accepter de voir le miroir qu'ils nous tendent.
Nous voilà, c'est nous, notre famille.
Me voilà, avec tous les miens (comme disent si bien les amérindiens)


Christiane

Merci Annie de cette réflexion très pertinente. Oui, nous sommes notre famille qui reflète des parties de nous que bien souvent, nous avons du mal à accepter, à comprendre, à aimer.


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Dimanche 24 février 2008

 
Plus la rupture de cet élan a été précoce, plus l’enfant va construire des croyances fantasmatiques concernant la relation à l’Autre et, l’adulte qu’il va devenir s’enfermera dans un mode relationnel où il sera incapable  « d’aller vers » craignant à nouveau d’être déçu, trahi ou tout simplement de rencontrer le vide, le chaos dus à l’absence de l’Autre. «Comme je n’ai rencontré personne lorsque j’en avais besoin, qu’il n’y avait pas d’Autre pour moi ou accueillir mes peurs, mes colères, etc., j’ai la croyance invisible, non consciente, qu’il n’y aura jamais personne pour satisfaire mes besoins. Donc je me débrouille tout seul et je ne demande jamais rien à personne.»
 
Cet enfant n’a pas pu s’appuyer sur une mère ou un père qui étaient disponibles pour lui, totalement présents à lui dans une écoute accueillante et empathique, capables de satisfaire ses besoins, capables de lui donner une attention bienveillante qui procure le sentiment d’être compris, aimé et d’avoir sa place au sein de la famille et dans l’existence. Des pensées comme « qu’est ce que je fais sur terre ?, je n’ai pas demandé à venir, moi !, de toute façon, je n’ai jamais eu de place… » le hantent. Il n’a pas pu
« prendre père et mère » comme base solide de sa construction. Tous ces manques feront de cet enfant un adulte qui, n’ayant pu prendre appui sur ses parents, ne pourra pas non plus prendre de l’Autre et recevoir ce qu’aujourd’hui la Vie pourrait lui donner.
 
L’élan est coupé et le mouvement est interrompu dans les deux sens.

 
Il arrive aussi que le bébé soit confronté à des ruptures répétitives du lien.
C'est-à-dire que parfois, il sera en contact avec sa mère ou son père, puis pour une raison qu’il ignore et ne peut maîtriser, le lien va s’interrompre. Le contact avec ses parents sera alors une succession de ruptures de lien entraînant là aussi de graves perturbations dans le psychisme de l’enfant.
Ce qui représentera pour l’adulte autant de choses qui commencent mais ne peuvent jamais aboutir. Une succession de démarrage, « d’allers vers » et de ruptures de l’élan qui font que tout s’écroule et s’arrête net.

Ces personnes seront beaucoup dans la pensée, l’imaginaire (elles rationalisent leurs souffrances, leur existence) et ont du mal à entreprendre, à passer à l’action. Elles ont tendance à tourner en rond ou à hésiter longuement « j’y vais, j’y vais pas ». Les élans interrompus sont vécus comme autant de pertes, d’échecs et entreprendre implique le risque de ne pas y arriver. Un nouvel échec raviverait trop ceux du passé. Ou alors passer à l’action demande de déployer beaucoup d’efforts, les sensations de plaisir étant rares, voire inconnues.
 
Ce premier élan interrompu est souvent suivi d’autres mouvements interrompus car dans les premières années de son existence l’enfant peut-être amené à vivre des situations qui vont le couper de sa mère, son père, sa fratrie. Un enfant peut être momentanément placé chez ses grands-parents, une nourrice, de la famille éloignée parce que sa mère est en dépression ou hospitalisée pour maladie, ou bien encore accouche d’un autre enfant ou à cause d’une mésentente du couple parental, d’un divorce, d’un décès dans la famille, etc. Toutes ces raisons font que l’amour de l’enfant ne peut plus aboutir, ne peut plus être reçu. L’enfant doit à nouveau faire face au vide, au néant.
 
Des difficultés à entrer en relation ou à maintenir une relation, des tendances à vivre replié sur soi vont se manifester chez la personne adulte qui peut se sentir vidée d’elle-même, inexistante.

Toutes ces difficultés vont faire que l’enfant ne pourra pas prendre son père et/ou sa mère, c’est-à-dire les accepter eux et leur histoire.
Il ne pourra pas les reconnaître comme ses parents et rejettera tout ce qui vient d’eux. Ainsi le rejet devient comme une protection, une barrière de déni qui évite d’être en contact avec nos souffrances d’enfant insatisfait par des parents qui n’ont pas pu ou pas su être en lien avec nous et nous accueillir inconditionnellement. Des parents, qui bien souvent, n’ont pas été en lien avec leurs propres parents et sont eux-mêmes extrêmement carencés.
 
En effet, tous ces obstacles se retrouvent amplifiés par l’histoire héritée des parents, des ancêtres. Qui dans la lignée a connu la maltraitance, la folie, la dépression ? Qui dans la lignée n’a pas pu créer de liens avec ses propres parents ? Qui a perdu un père à la guerre et s’est retrouvé orphelin, sans les repères structurants de celui-ci ? Qui a perdu une mère morte en couches ou suicidée ou partie brusquement du foyer familial et n’a pas été contenu par des bras maternels ? Autant de coupures qui peuvent être constatées lors de la mise en place des lignées maternelles ou paternelles. Autant de coupures qui font que le présent de la personne n’est autre qu’une répétition de l’histoire familiale transgénérationnelle qui cherche à être reconnue et comprise.
 
Bien que nous ayons eu de bonnes raisons de ne pouvoir reconnaître nos parents, cela nous a coupés du simple fait qu’ils nous ont donné la vie et du coup, cela nous empêche de prendre notre vie en mains. Nous ne pouvons pas reconnaître que nous sommes vivants et ce, grâce à nos parents, nos ancêtres. Nous ne pouvons pas concevoir que nous avons droit au bonheur.
 
Le plus souvent, nous constatons malheureusement que ce comportement dessert la personne, car en rejetant ses parents c’est comme si elle rejetait une partie d’elle-même, une partie qui porte la Vie. Elle se prive d’une force vitale et rassurante qui pourrait lui permettre d’aller son propre destin avec liberté et joie. En faisant cela, elle peut aussi se punir pour le fait d’être déloyale envers ses parents en se limitant dans son existence, en se privant de plaisir. Dans certaines maladies graves, nous retrouvons cette dynamique : “je t’ai tant rejeté, exclu que je vais me punir en étant malade”.

Mais prendre père et mère, ce n’est pas prendre tout ce qui vient d’eux, ni prendre tout ce qui vient de nos ancêtres. C’est d’abord restituer à chacun ce qui lui appartient : à l’un sa folie, à l’autre sa maladie, sa tristesse, sa colère, ses actes néfastes. C’est dissocier ce qui est “bon de ce qui est mauvais”. C’est faire le tri de nos responsabilités et de celles de nos ascendants.

Prendre père et mère implique un double mouvement : celui de remettre à chacun ce qui lui appartient et celui de se relier au courant de Vie qui vient à travers les nombreuses générations qui nous ont précédées.
Prendre père et mère, c’est accepter ce qui est sans jugement, c’est donner du sens à ce qui est. C’est la possibilité de replacer nos ancêtres dans leur dignité et leur force. Ainsi nous pouvons nous détacher de ce qui fait mal et nous autoriser à devenir “grands”, autonomes, capables de faire croître ce don de la Vie. Et un jour, de le transmettre à notre tour. En faisant cela, nous nous permettons de devenir responsables de notre existence et nous rendons à nos ancêtres leur pouvoir.
 
Prendre père et mère c’est aussi et avant tout prendre la Vie en nous.

Brigitte Asselineau et Christiane Perreau



Selon Monique Bydlowsky, l'aptitude à devenir mère implique la reconnaissance
d'une gratitude à l'égard de celle qui a donné la Vie.
C'est ce qu'elle appele la dette de vie.
Monique Bydlowsky, La dette de vie, PUF




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Samedi 23 février 2008

Godelieve écrit :

En lisant ta lettre sur prendre père et mère et les traumatismes liés au manque d'un des parents et le vide qui s'en suit, je vais relever la réflexion.

Etant dixième d'une famille, je comprends que je n'ai pas été désirée ni d'aileurs les autres, car ma mère nous a assez dit qu'elle en aurait voulu que deux.....
Ma mère n'était pas maternelle, mais comme elle l'a aussi souvent dit, il ne nous a manqué de rien, soit disant de la nourriture etc.....
Elle n'a pas connu l'affection et donc ne savait pas la donner.

Je pense que les enfants heureux sont rares, car comme Freud l'a dit, éduquer comme vous voudrez, ce sera toujours faux.
Donc nous sommes pratiquement tous dans la galère. Nos parents, étant des hommes et des femmes avec leurs difficultés et leurs problèmes, ont fait ce qu'il pouvaient, même si c'était très peu.
J'ai élevé 5 enfants et malgré toute ma bonne volonté, j'ai fait des erreurs, comme mes enfants en font avec leurs enfants.
Dommage que le métier de parents  s'apprend sur le tas et que ce sont les enfants qui subissent l'apprentissage des parents !
Je pense qu'à la naissance commence notre chemin initiatique dans cette vie et à nous d'en faire le meilleur
Les uns s'en sortirons et d'autres auront des difficultés.

Personellement je ne me suis jamais sentie vide, mais comme tout le monde j'ai du et je dois encore travailler sur moi pour évoluer et me comprendre et donc comprendre mes parents tels qu'ils étaient.



Commentaire de Christiane :

Merci de ce point de vue qui élargit la réflexion.
C'est juste, il est difficile de donner ce que nous n'avons pas reçu. Et le métier de parents est difficile car à chaque enfant, il est nécessaire de s'adapter. Chaque enfant est unique et a besoin d'une attention toute particulière.

Bien souvent, c'est quand nous devenons parents, que nous pouvons mieux prendre conscience de nos limites, nos incompétences, de notre manque de savoir faire voire de notre impuissance. Chaque parent va, suivant son passé et le travail de clarification, connaissance de lui, faire de son mieux.
Les constellations nous  montrent que si les parents n'étaient pas pris dans des intrications, encore aux prises avec leurs blessures d'enfants, ils seraient beaucoup plus disponibles , attentifs à leurs propres enfants. Ce n'est pas de la mauvaise volonté....c'est de l'impossibilité et de l'inconscience. Mais lorsque les traumatismes sont importants, la capacité à être conscient s'en trouve réduite.

Et puis les générations passées étaient beaucoup plus pris que nous ne le sommes actuellement dans des questions de survie. Telle mère se levait à 4 heures du matin pour tirer les vaches, telle autre faisait la lessive à la main de toute la famille avant d'aller à son guichet de postière, telle autre devait cumuler les heures de ménage pour arriver à nourrir ses enfants. Tel père est revenu des camps de concentration malade....il est toujours important de resituer les faits dans un contexte social, culturel, historique.

Chaque génération a accumulé des souffrances, des blessures que peu de personnes ont appris à gérer, à se libérer. Actuellement, toute personne désireuse de mieux être a un choix considérable de thérapies et approches de développement personnel, spirituel. Cela est assez récent et c'est une chance.

Et cela nous met devant nos responsabilités en tant que parents, en tant qu'être humain. Que faisons nous de nos souffrances ? Que faisons nous de ce que l'on nous a fait ?  Quelle conscience en avons-nous ? Et ainsi en tant que parents, nous pouvons continuer à agir en travaillant sur soi et en apprenant à mieux communiquer avec nous-mêmes et nos enfants. Le système est ainsi fait que si un élément du système change, le système change, ce que confirme de nombreuses personnes ayant fait un travail de constellations.

Il ne s'agit ni de condamner, ni de juger nos parents, ni qui que ce soit. Ce serait à nouveau exclure ce qui crée du désordre dans n'importe quel système et va à l'encontre de l'amour, de l'harmonie.
Il s'agit de comprendre les souffrances de chacun, des enfants comme des parents. Il s'agit d'intégrer ces blessures pour que chacun retrouve sa plénitude et sa liberté.


Prendre, cela  veut dire  qu’on prend les choses telles qu’elles sont.
C’est un acte d’humilité.
On prend ses parents tels qu’ils sont.
Et on se prend tel qu’on est.
On se réconcilie avec soi-même, on trouve le calme intérieur.
On ne porte pas de jugement de valeur. Ni en bien, ni en mal.

Constellations Familiales
Bert Hellinger & Gabriele ten Hovel



 

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Vendredi 22 février 2008

Suite à la Prière au matin de la Vie, Edith de Bruxelles demande : Est-ce vraiment le chemin de tout prendre de nos parents ? Que signifie aussi ce "tout prendre ?



PRENDRE PÈRE ET MÈRE

Brigitte Asselineau et Christiane Perreau

 
Il arrive parfois que l’on n’ait pas pu prendre ni père ni mère. En effet, lorsque les parents ne sont pas disponibles physiquement et/ou psychiquement à l’enfant, de façon continue bien sûr mais aussi de façon discontinue, cela occasionne des troubles plus ou moins graves dans son développement affectif.
Plus l’enfant est jeune, et plus l’absence de présence vécue dans la relation précoce mère/enfant sera traumatisante. 
 
Ces personnes se sentent vides ou peut-être plus exactement, elles sentent du vide en elles. Certaines personnes en arrivent même à penser que l’existence en général, pas seulement la leur, est vide et que la vie n’a pas de sens. Elles ne se sentent rattachées à rien ni personne. Elles sont effectivement dans le vide, absentes.
Toutes ces sensations de vide qui nous habitent, ou nous entourent, ou dans lesquelles nous avons parfois l’impression de tomber comme dans un puit sans fond, sont le signe d’une absence de lien qui a pris ses racines dans l’enfance, dans la relation avec nos parents. Ce manque de lien, et parfois même malheureusement l’absence totale de lien, va entraîner de graves perturbations dans notre construction affective et générer des difficultés relationnelles dans notre vie d’adulte.
 
En effet, lorsque le lien n’a pu se créer dans notre petite enfance, c’est-à-dire que nous n’avons pas pu être dans un vrai lien sécurisant et nourrissant avec notre mère et/ou notre père, nous allons nous construire avec ce vide. L’enfant va ressentir ce manque  dû à un attachement insuffisamment sécure, et l’intérioriser en lui comme un grand vide affectif et relationnel qui le conduira à croire, une fois devenu adulte, que tout n’est que vide.
 
Malgré toutes ses tentatives pour combler ce vide, cet adulte ne réussira hélas jamais à se sentir plein. Chacun aura son stratagème inconscient pour ne pas, ou ne plus ressentir le vide qui l’habite. Il en va de sa survie.
Ainsi pour combler ce vide intériorisé, certains deviendront boulimiques, d’autres fumeront ou auront recours à l’alcool ou aux drogues et s’enfermeront dans des comportements addictifs.
D’autres vivront des relations néfastes ou insatisfaisantes, qu’ils maintiennent afin de ne pas être confrontés au vide, au néant. N’ayant pas  été suffisamment reliés dans leur prime enfance, ils restent dépendants de ces relations. Le manque d’attachement dans l’enfance implique une difficulté à se détacher, d'une part de nos parents, d'autre part dans nos relations d’adultes ; en fait, c'est une difficulté à trouver notre propre autonomie.

D’autres encore vont construire un monde imaginaire qui les met hors réalité et certaines démarches spirituelles ne sont que des tentatives de compenser ces manques et de trouver une nouvelle famille, un père « absolu ».

Certaines femmes auront beaucoup d’enfants pour essayer d’échapper à cette sensation de vide. Elles se sentiront remplies durant leurs grossesses et rempliront aussi leur maison avec une famille nombreuse. Elles auront ainsi, tout du moins le croient-elles, combler le vide intérieur qui les habite et le vide extérieur qui les entoure. La catastrophe se produit bien souvent au moment où les enfants partent de la maison, laissant ces personnes face à elle-même et leur ombre.

Bien évidemment toutes ces tentatives inconscientes sont vaines. Le vide sera toujours là quoi que l’on fasse pour lui échapper. Il sera toujours là tant que nous ne lui ferons pas face, tant que nous ne l’aurons pas expérimenter dans toutes ses dimensions, tant que nous n'aurons pas compris les causes de ce malaise.
 
Bien entendu il y a des quantités de raisons qui font qu’un enfant n’a pas eu les liens rassurants dont il aurait eu besoin. 
Dans les premières années de leur existence, certains enfants doivent faire face à des incidents familiaux comme la dépression d’un parent, la séparation, la confusion, la maladie physique ou mentale des parents. D’autres subissent de lourds traumatismes comme l’abandon, la folie familiale, le suicide d’un parent, la maltraitance, l’inceste.
Dans tous les cas, cela va laisser de grandes plaies qui vont engendrer une première réaction de rejet des parents et souvent l’impossibilité d’appartenir à sa famille puis, pour les adultes que nous sommes devenus, une grande difficulté à se sentir en lien avec les autres. Ces adultes se vivent isolés, séparés, fragmentés.


Ces problèmes ont souvent commencé plus tôt, dès la naissance si l’enfant n’a pu rencontrer le regard accueillant et chaleureux de sa mère ou d’une personne profondément touchée par sa venue. Spontanément le bébé cherche le regard de l’autre qui le confirme dans son existence. Il a besoin de sentir dans ce regard bienveillant, mais aussi dans le corps de sa mère, au travers du contact physique avec elle, qu’elle est en lien avec lui et qu’il peut à la fois se nourrir de ce lien et s’y rattacher. 

Si l’enfant ne peut pas sentir ce lien profond qui l’unit à sa mère et/ou son père dans les premiers jours de sa vie bien sûr, mais aussi tout au long de son développement affectif, il manquera l’attachement qui lui est indispensable. Cet attachement, que nous pouvons voir comme un besoin de base nécessaire, vital à l’enfant, lui apportera toute la sécurité dont il a besoin. Si cet attachement a été impossible dans l’enfance ou insécurisant, anxiogène, voire toxique, il sera extrêmement difficile, pour cet enfant, de s’attacher par la suite à quelqu’un d’autre.

Incapable de gérer une telle situation de détresse émotionnelle, l’enfant plongera dans un abîme de solitude et de vide souvent cause d’un profond désespoir.
Il sera confronté à une grande détresse psychique dont il intériorisera les manques comme étant du vide en lui. Par la suite, pour ne pas risquer de revivre une situation si douloureuse, et pour s’en protéger, il évitera tout attachement, vu comme dangereux parce que source de souffrance, et réfrènera le mouvement naturel qui le pousse à aller vers l’Autre et à être en relation avec les autres.
 
Ceci est le signe d' une rupture de l’élan vital ou d'un mouvement interrompu.


Un bébé tout seul, çà n'existe pas

Winnicott


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Mercredi 20 février 2008

Extraits d’un échange entre Christiane et Annie suite à un stage de constellations ;
les propos d’Annie de Montpellier sont en bleu et les commentaires de Christiane en rouge.


Le travail d'intégration de ce que nous avons vécu pendant les constellations peut, je l'imagine, aller encore plus loin en apportant du sens.

Oui le travail des constellations peut être nourri par la personne qui va donner du sens, qui va faire des liens avec son histoire, ses comportements, ses émotions ainsi que les attitudes et ressentis de certains membres de sa famille ; cela peut devenir comme un puzzle qui prend forme. La personne continue à comprendre ce qui limite son propre destin, ce qui lui appartient et ce qui vient de ses ancêtres.
Il est intéressant de dessiner l’image finale, d' écrire à un parent, de revoir mentalement le film de la constellation, en pleine conscience. Ce sont des actions importantes surtout dans les 15 jours, 3 semaines qui suivent le travail ; c’est cultiver la nouvelle image, un peu comme un jardinier arrose ses semis afin qu’il germent.


Concernant le groupe
Nous partagions une grande intimité, celle des difficultés de nos vies alors que nous ne nous connaissions pas et pourtant, être là tous ensemble était simple, nous nous écoutions avec respect, sans jugement. C'est également le sentiment que j'ai eu en observant les êtres de ma propre constellation, la distanciation favorisant un état d'esprit de respect et d'amour, comme si un certaine implication, qui ne serait pas juste dans la relation, empêchait de voir cela. Le mot qui est là aujourd'hui: "paix".

C'est juste ce que tu dis concernant la distanciation : les constellations permettent de donner une forme à une image mentale inconsciente mais à laquelle nous sommes souvent bien “collés”, identifiés (sinon nous pourrions en être conscients) ; cette image est alors projetée à l’extérieur de nous, mise à distance avec de la masse ; les représentants ou des symboles sont concrets et permettent de stabiliser cette image mentale, de maintenir notre attention sur une histoire qui est d’ordinaire trop chargée émotionnellement pour que nous l’expérimentions, l’observions seul.
Une image mentale est virtuelle avant tout, même si elle a un peu de masse ; par ailleurs cette image mentale est souvent compactée comme un film l’est sur un DVD. La constellation utilise ainsi l’espace pour rendre le film visible, lisible, pour déployer une histoire.
C’est aussi commencer à objectiver une charge subjective.
 

Cette notion que je connais dans le cadre de la relation d'aide mais dont je n'aurais pas à ce point soupçonner l'importance dans le cadre des relations familiales, ni surtout les distorsions que le non respect de ce principe pouvaient occasionner : ne pas priver l'autre de ce qu'il doit gérer pour être pleinement lui, que l'on doit par ailleurs reconnaître et honorer pour être soi.

C'est effectivement un des grands principes de la constellation : chaque personne, que ce soient les membres de la famille, les parents ou le client, est considéré comme une personne capable de gérer ce qui lui arrive, même si c’est très lourd.
Faire confiance à la personne lui donne de la puissance à vivre ce qui se présente. Et comme tu le soulignes, le non-respect de cette règle entraîne des distorsions considérables dans les systèmes : enchaînement d’intrications, de répétitions de génération en génération. Le non-respect de cette règle ne permet pas à une personne de retrouver sa propre autonomie.

 
Également l' expérience fut très forte pour moi, dans le sens où je découvrais à quel point il était possible de ressentir à la place de l'autre. Je n'aurais jamais pensé cela possible et j'en suis encore extrèmement surprise....... Au sujet de ces choses très nouvelles pour moi, si cela était possible, j'aimerais bien avoir ton sentiment : des pistes à suivre pour affiner ce qui m'apparaît aujourd'hui sous une forme assez "brute"? une qualité de présence particulière à développer dans ces moments là ? participer à une nouvelle expérience de constellation ?

Nous sommes la Vie et une aptitude fondamentale de la Vie est de ressentir et de s’identifier.
C’est ainsi que nous pouvons nous identifier à une histoire, une personne que nous ne connaissons pas mais aussi un pays, une maison, la mission d'une entreprise, un concept comme l’amour ou l’ordre ou la "chose" qui est cachée dans cette séquence ; nous allons avoir divers ressentis qui peuvent être des manifestations physiques, des émotions, des impressions (c’est plus léger, un peu comme une onde), des mouvements révélateurs d’émotions ou d’intentions, des mots. Tous ces phénomènes n'appartiennent pas au représentant. En fait, c’est le système, le champ de forces du demandeur qui parle à travers les représentants qui sont comme des capteurs, des récepteurs.

Pour affiner ces perceptions, il est nécessaire de développer des aptitudes telles que la présence, l’attention, les ressentis. Il est important aussi de s'entraîner à s’identifier et se désidentifier.
Si nous souffrons, c’est parce que nous n’avons pas pu nous désidentifier de certaines expériences douloureuses. Nous pourrions dire que nous restons collés à l’expérience.

 
Voici en quelques mots (j'ai découvert tants de choses...) différents aspects de l'"après-stage" liés tant au travail sur soi qu'à mes apprentissages actuels dans le cadre de la relation d'aide que je souhaitais partager avec toi.

Merci





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Dimanche 17 février 2008
Il n’y a qu’un coin de l’univers
que vous
pouvez améliorer :
c’est vous-même

Antoine St Exypéry
Hélène écrit :

Mon commentaire à votre réponse à ma question sur une expression du texte  «La prière au matin de la Vie»  -pour te faire plaisir-.
J'ai beaucoup apprécié votre réponse qui a tout à fait comblé la partie d'incompréhension du sens véritable de cette phrase à laquelle je résistais quelque peu. Remplacer ces mots par «en ton honneur» me semble aller davantage dans le sens d'honorer la personne tel que vous l'expliquez si bien: respect, estime de soi, dignité et considération.
 
Réponse de Christiane
merci

Hélène écrit :

Je savais que l'expérience d'une constellation produit des fruits, et j'aimerais vous faire part, tel qu'indiqué dans mon dernier courriel,  de ce que j'ai vécu dans les deux jours qui ont suivi la formation.
 
J'ai deux soeurs dont l'une avec qui je m'entends très bien, et l'autre dont l'agressivité monte en moi à sa seule pensée  Elle ne m'a rien fait en particulier, c'est comme ça... mais ça a sûrement un fondement.  Je me rendais chez elle suite à une invitation et avant de m'y rendre, (plus ou moins à reculons) devant une grande photo de famille je lui ai parlé à peu près dans les termes dont je me souvenais car je n'avais pas le texte( La prière au matin de la vie). Les mots «chère soeur je prends tout de toi ... au prix que cela t'a coûté, et que cela me coûte...tu es la grande (elle est l'aînée des filles), je suis la petite... tu donnes, je prends...» ont eu beaucoup de mal à sortir; j'ai dû les répéter plusieurs fois, jusqu'à l'apaisement. L'effet a été assez spectaculaire, car, à ma grande surprise, notre rencontre s'est très bien passée et en aucun temps je n'ai ressenti la moindre agressivité envers elle. Les prochaines semaines me diront si c'est une guérison à long terme! J'en déduis que lorsqu'on a retrouvé l'harmonie et la paix totales avec ses parents, cela a aussi des rebondissements sur la fratrie.

Réponse de Christiane
Merci de partager cette expérience fort intéressante avec nous ; lorsque nous disons ces phrases et qu'il y a des résistances, des obstacles qui émergent, c'est précieux d'accueillir tout ce qui vient car c'est une chance de transformer ce qui est indésirable, refoulé, inconscient en conscient ; nous faisons ainsi de la place pour créer quelque chose de nouveau.

Dans ce procédé, vous pouvez vous aider d'une photo comme l'a fait Hélène, vous pouvez fermer les yeux et voir une présence, une image de vos parents ; vous pouvez tout siplement dire les phrases et ressentir ce qui se passe en vous.
Mais si c'est trop difficile, vous pouvez poser un objet, un symbole devant vous, ce qui facilitera la mise à distance et le maintien de l'attention. En effet quand la relation est trop chargée, vous pouvez rencontrer de la confusion, de la résistance et l'image du parent est très instable.

Et puis ressentez ou regardez ce qui se passe aussi chez la personne à qui vous adressez ces paroles.

Nous ne pouvons transformer nos existenes qu'en regardant, conscientisant nos ombres issues de ressentis négatifs provenant d'expériences douloureuses et non terminées, et donc toujours actives dans notre présent. Ignorer la face sombre de notre nature humaine ne fait que l'accentuer ; cela augmente notre karma.

Hélène écrit :
 
En ouvrant l'ordi ce matin, je lisais le le témoignage d'Édith dans le dernier blog et cela me rappelait des paroles très dures à entendre pour un enfant. Après la naissance de ma soeur qui me précède de 3 ans, le médecin avait dit que ma mère ne devrait plus avoir d'enfant. J'ai souvent entendu dire par mes tantes :«Marie-Laure -ma mère- a commencé à dépérir après la naissance d'Hélène, et elle en est morte. Elle n'aurait pas dû avoir d'autre enfant»!. Comment ne pas développer une immense culpabilité devant de telles paroles, même si elles ont été dites sans méchanceté. J'ai fait la paix avec tout cela grâce aux Constellations Familiales. J'exprime ma vive reconnaissance à toutes les personnes, dont au départ M. Bert Hellinger, qui nous offrent si généreusement cet outil de cheminement tout à fait extraordinaire!


Réponse de Christiane

Les adultes sont inconscients de la portée de telles paroles qui augmentent la culpabilité des enfants. Et voilà 50 ans, l'enfant était encore peu considéré comme un être sensible et conscient. Ainsi la souffrance de l'enfant n'est pas prise en compte et celui-ci ne pourra que refouler, amoindrir ses perceptions, ses ressentis pour ne plus souffrir. la Vie qu'il est se rétrécit. Ainsi se crée le faux self.

En complément du bulletin
"l'enfant sauveur face au parent âgé", le point de vue d'Alice Miller, envoyé par Baudouin Labrique et  visible sur son site <http://www.retrouversonnord.be/famille.htm#Miller>

"Ne serait-il pas égoïste de penser à soi au lieu des autres ? N’est-il pas immoral de s’occuper de soi-même plutôt que des autres ?
Non, parce que la compassion de l’enfant ne change rien dans la dépression de la mère aussi longtemps que la mère nie la souffrance de son enfance. Il y a des mères qui ont plusieurs enfants adultes très aimants, soucieux et protecteurs, qui souffrent quand même de dépressions graves parce que les causes de leurs souffrances restent cachées dans leurs enfances. L’amour de leurs enfants ne peut rien y changer. Mais cette démarche de vouloir sauver sa s mère peut détruire toute une vie. La condition d’une vraie empathie pour les autres est l’empathie pour soi-même, ce que l’enfant maltraité ne pouvait pas avoir, au contraire, il était obligé de ne pas ressentir sa douleur.
Tous les délinquants, les dictateurs atroces y compris, montrent ce manque d’empathie, ils assassinent les autres et les laissent assassiner sans la moindre émotion. Si l’enfant doit apprendre à supprimer ses émotions, il n’a plus de compassion pour lui-même et par conséquence pas de compassion pour les autres. Ce qui favorise les comportements criminels, souvent cachés derrière le vocabulaire moraliste, religieux ou politique apparemment progressiste."


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Si nous regardons notre histoire toujours avec le même point de vue,
nous avons toujours la même histoire.
Si nous regardons notre histoire avec de nouveaux points de vue,
nous pouvons découvrir une histoire inédite et ainsi,
élaborer de nouvelles stratégies pour créer l'existence que nous souhaitons.
Les constellations permettent de découvrir très rapidement des points de vue totalement nouveaux.
Ce sont des accélérateurs de prises de conscience, de compréhensions
qui permettent  d'intégrer des zones de notre histoire inconnues jusqu'ici et
donc de devenir entier.
Christiane
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