Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 13:37
Il n’y a qu’un coin de l’univers
que vous
pouvez améliorer :
c’est vous-même

Antoine St Exypéry
Hélène écrit :

Mon commentaire à votre réponse à ma question sur une expression du texte  «La prière au matin de la Vie»  -pour te faire plaisir-.
J'ai beaucoup apprécié votre réponse qui a tout à fait comblé la partie d'incompréhension du sens véritable de cette phrase à laquelle je résistais quelque peu. Remplacer ces mots par «en ton honneur» me semble aller davantage dans le sens d'honorer la personne tel que vous l'expliquez si bien: respect, estime de soi, dignité et considération.
 
Réponse de Christiane
merci

Hélène écrit :

Je savais que l'expérience d'une constellation produit des fruits, et j'aimerais vous faire part, tel qu'indiqué dans mon dernier courriel,  de ce que j'ai vécu dans les deux jours qui ont suivi la formation.
 
J'ai deux soeurs dont l'une avec qui je m'entends très bien, et l'autre dont l'agressivité monte en moi à sa seule pensée  Elle ne m'a rien fait en particulier, c'est comme ça... mais ça a sûrement un fondement.  Je me rendais chez elle suite à une invitation et avant de m'y rendre, (plus ou moins à reculons) devant une grande photo de famille je lui ai parlé à peu près dans les termes dont je me souvenais car je n'avais pas le texte( La prière au matin de la vie). Les mots «chère soeur je prends tout de toi ... au prix que cela t'a coûté, et que cela me coûte...tu es la grande (elle est l'aînée des filles), je suis la petite... tu donnes, je prends...» ont eu beaucoup de mal à sortir; j'ai dû les répéter plusieurs fois, jusqu'à l'apaisement. L'effet a été assez spectaculaire, car, à ma grande surprise, notre rencontre s'est très bien passée et en aucun temps je n'ai ressenti la moindre agressivité envers elle. Les prochaines semaines me diront si c'est une guérison à long terme! J'en déduis que lorsqu'on a retrouvé l'harmonie et la paix totales avec ses parents, cela a aussi des rebondissements sur la fratrie.

Réponse de Christiane
Merci de partager cette expérience fort intéressante avec nous ; lorsque nous disons ces phrases et qu'il y a des résistances, des obstacles qui émergent, c'est précieux d'accueillir tout ce qui vient car c'est une chance de transformer ce qui est indésirable, refoulé, inconscient en conscient ; nous faisons ainsi de la place pour créer quelque chose de nouveau.

Dans ce procédé, vous pouvez vous aider d'une photo comme l'a fait Hélène, vous pouvez fermer les yeux et voir une présence, une image de vos parents ; vous pouvez tout siplement dire les phrases et ressentir ce qui se passe en vous.
Mais si c'est trop difficile, vous pouvez poser un objet, un symbole devant vous, ce qui facilitera la mise à distance et le maintien de l'attention. En effet quand la relation est trop chargée, vous pouvez rencontrer de la confusion, de la résistance et l'image du parent est très instable.

Et puis ressentez ou regardez ce qui se passe aussi chez la personne à qui vous adressez ces paroles.

Nous ne pouvons transformer nos existenes qu'en regardant, conscientisant nos ombres issues de ressentis négatifs provenant d'expériences douloureuses et non terminées, et donc toujours actives dans notre présent. Ignorer la face sombre de notre nature humaine ne fait que l'accentuer ; cela augmente notre karma.

Hélène écrit :
 
En ouvrant l'ordi ce matin, je lisais le le témoignage d'Édith dans le dernier blog et cela me rappelait des paroles très dures à entendre pour un enfant. Après la naissance de ma soeur qui me précède de 3 ans, le médecin avait dit que ma mère ne devrait plus avoir d'enfant. J'ai souvent entendu dire par mes tantes :«Marie-Laure -ma mère- a commencé à dépérir après la naissance d'Hélène, et elle en est morte. Elle n'aurait pas dû avoir d'autre enfant»!. Comment ne pas développer une immense culpabilité devant de telles paroles, même si elles ont été dites sans méchanceté. J'ai fait la paix avec tout cela grâce aux Constellations Familiales. J'exprime ma vive reconnaissance à toutes les personnes, dont au départ M. Bert Hellinger, qui nous offrent si généreusement cet outil de cheminement tout à fait extraordinaire!


Réponse de Christiane

Les adultes sont inconscients de la portée de telles paroles qui augmentent la culpabilité des enfants. Et voilà 50 ans, l'enfant était encore peu considéré comme un être sensible et conscient. Ainsi la souffrance de l'enfant n'est pas prise en compte et celui-ci ne pourra que refouler, amoindrir ses perceptions, ses ressentis pour ne plus souffrir. la Vie qu'il est se rétrécit. Ainsi se crée le faux self.

En complément du bulletin
"l'enfant sauveur face au parent âgé", le point de vue d'Alice Miller, envoyé par Baudouin Labrique et  visible sur son site <http://www.retrouversonnord.be/famille.htm#Miller>

"Ne serait-il pas égoïste de penser à soi au lieu des autres ? N’est-il pas immoral de s’occuper de soi-même plutôt que des autres ?
Non, parce que la compassion de l’enfant ne change rien dans la dépression de la mère aussi longtemps que la mère nie la souffrance de son enfance. Il y a des mères qui ont plusieurs enfants adultes très aimants, soucieux et protecteurs, qui souffrent quand même de dépressions graves parce que les causes de leurs souffrances restent cachées dans leurs enfances. L’amour de leurs enfants ne peut rien y changer. Mais cette démarche de vouloir sauver sa s mère peut détruire toute une vie. La condition d’une vraie empathie pour les autres est l’empathie pour soi-même, ce que l’enfant maltraité ne pouvait pas avoir, au contraire, il était obligé de ne pas ressentir sa douleur.
Tous les délinquants, les dictateurs atroces y compris, montrent ce manque d’empathie, ils assassinent les autres et les laissent assassiner sans la moindre émotion. Si l’enfant doit apprendre à supprimer ses émotions, il n’a plus de compassion pour lui-même et par conséquence pas de compassion pour les autres. Ce qui favorise les comportements criminels, souvent cachés derrière le vocabulaire moraliste, religieux ou politique apparemment progressiste."


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Vendredi 15 février 2008 5 15 /02 /Fév /2008 14:24
Annie écrit

Merci pour ce texte très instructif. C'est tout à fait passionnant de le dire à haute voix et de regarder les identités frétiller et commenter la chose. De même, de voir les différences (et les points communs) lorsque je dis "chère Maman ou cher Papa"...
 
Pour les 2, la première strophe est difficile d'emblée
, "je le prends au prix que cela t’a coûté" ça semble raide... mais je pense qu'en le répétant chaque matin, ça doit pouvoir faire son chemin dans la conscience.
Quand
je dis "chère Maman," c'est une note d'angoisse, d'étouffement, dans la poitrine (coeur, poumons).

Quand je dis
"cher Papa", c'est une note de défi, de provocation, de sacrifice, de passage à l'acte.
Les 2 fois c'est un risque vital.
 
Pour la 3ème strophe,
"si je le peux je le transmettrai" les 2 fois, ce qui vient d'emblée c'est : c'est déjà transmis, c'est déjà fait, fait re-fait et re-re-fait pour le meilleur et pour le pire !
Je suppose que cela a à voir avec mes 3 enfants ...
 
Pour la 4ème et la 5ème, par contre, les difficultés sont différentes.
Dans
"chère Maman, le "tu peux m’avoir comme fille" a vraiment du mal à passer, un peu comme le "tu es la grande et moi la petite" Quoique cette dernière proposition soit moins réactive (je sens que la constellation faite avec toi en janvier a fait bouger les choses). Par contre, le "Tu donnes... Je prends" étonnament passe très bien, impression de grande satisfaction.

Pour
"cher papa", c'est complètement l'inverse ! La seule difficulté est dans le "Tu donnes... Je prends " qui me semble totalement faux, j'entends crier "il prend et moi je dois donner !"
 
La dernière strophe est la seule tranquille, impression de grand amour mutuel, à 2, à 3, à l'infini...
 
Voilà pour mon partage,
Encore merci




Commentaire de Christiane

Merci Annie de nous offrir les fruits de ton expérience qui est riche. Elle te permet de voir quelques identités et quelques obstacles ou contre-intentions sur le chemin de prendre père et mère. Conscientiser ce qui vient, quoique ce soit, c'est déjà désintégrer ce qui est difficile dans cette relation enfant-parents qui empêche de prendre, de jouir de ce don de la vie.

La 3ème strophe concerne effectivement notre descendance. En transmettant la vie à notre tour, nous rééquilibrons le flux donner/prendre. Nous ne pouvons rendre à nos parents ce don de la vie, même si nous donnons aussi à nos parents. Le déséquilibre peut être atténuer mais pas annuler.
La façon de rééquilibrer est de transmettre à nos enfants ce que nous avons reçu de nos propres parents.

Et pour quelqu'un qui ne pourrait pas le faire, la direction serait de faire quelque chose de bien, de beau dans son existence, quelque chose dont les autres puissent profiter. Et cela peut prendre différentes formes comme enseigner, créer de la musique, ouvrir un centre de formation. En redonnant aux autres, nous nous libérons des "dettes" que nous avons contractées en recevant et en prenant.

Pour la 4ème strophe, elle a l'avantage à mettre en évidence la qualité de lien que nous avons avec nos parents  : avons-nous la position d'enfants ou celle de parents de nos parents ? l'une est signe d'ordre, l'autre de désordre.


Je te souhaite de continuer ce processus et de nous tenir informer des évolutions.

*********************

Voir à travers nos constructions mentales permet de découvrir l’espace de clarté et de paix,
au plus profond de nous.

 Une présence transparente, un silence naturel
et une joie sans objet,
émergent lorsque le mental se tait
et que
l’on est simplement présent à ce qui est, dans l’instant.
Peter Fenner





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Vendredi 15 février 2008 5 15 /02 /Fév /2008 12:26

Partage d’Edith suite à une constellation qui a mis en évidence un secret :
une arrière grand mère morte en couches

Je voudrais partager avec toi certaines de mes compréhensions à propos de ma constellation familiale et aussi j'ai besoin de ton avis personnel qui est important pour moi dans ma recherche de la lumière.
Je me rends compte que l'ignorance est un poison. Que les croyances invisibles ignorées sont la source de grandes souffrances. Que seule la compréhension, la volonté, le courage de chercher la vraie vérité et non pas celle que l'on veut se faire croire, rétablit l'ordre, mène à l'amour et permet de faire les bons choix, ce qui est un des secrets du bonheur.
Je comprends maintenant tes paroles quand tu me disais que lorsque on est pris dans des intrications, on n’ a pas conscience de l'amour. Je portais en moi ce trauma “morte en couches”. Lorsque j'ai été enceinte de mon fils, moi, qui adore les enfants, je n'avais pas le désir d'enfant ; inconsciemment donner la vie, c'est dangereux ! mon fils est né difficilement, il a été ranimé à la naissance, c'est un enfant "indigo".
Je portais aussi en moi la peur de perdre ma maman au point où dans les moments d'angoisse, je lui téléphonais rien que pour entendre sa voix et c'était, ouf,  elle est vivante...
En regardant le film de mon histoire, je peux imaginer la souffrance de ma grand-mère, sa culpabilité d'avoir tué sa maman qui lui avait donné la vie. Ce drame sur une personne est mis à jour au temps présent.....
Je viens d'apprendre que ma fille à qui j'ai donné le même prénom que ma grand mère Mathilde, à de l'endométriose. Comment lui expliquer que nous devons rompre ces chaines ?


Réponse de Christiane

Je te remercie de ce partage où tu progresses dans les compréhensions de ton histoire et celle de ta famille. Et je comprends que ce qui arrive à ta fille soit douloureux. C'est l'opportunité pour elle de comprendre son histoire et les constellations peuvent accélérer le processus en mettant en évidence ce qui origine la souffrance du temps présent. Il sera important que ce travail soit accompagné (psychothérapie, clarification, etc.)
Je te remercie aussi car la description des conséquences de ce trauma est très complète, éclairante.


Une femme morte en couches dans un système laisse une empreinte importante et qui a des répercussions sur plusieurs générations : 4/5.
La charge qui est liée à cet événement est identique à celle d'un meurtre. C’est une grande blessure pour le système qui n’a généralement pas la capacité à faire face à un tel trauma.
Et donc, comme tout ce qui n’est pas confronté en temps réel, ce sera le terreau de refoulements, de croyances aberrantes, qui vont oeuvrer dans le sytème à l’insu des personnes concernées.

Cet événement est souvent entouré de non-dits et devient un secret : il ne faut pas parler de la grande mère Adélaïde, par exemple. Ainsi le fait est alourdi par l’exclusion dudit événement et de la personne qui a vécu ce trauma. Et les générations suivantes ignorent  le fait consciemment et inconsciemment.
Il n’est pas rare de demander à une personne s’il y a eu une femme morte en couches en début de constellation et que celle-ci dise “non”. Soit elle n’en a jamais entendu parlé et la constellation va révéler l’événement qui sera ensuite confirmé par une mère, une grand mère, (il reste souvent un membre de la famille qui sait), soit c’est refoulé et la mise en place du système va faire ressurgir les mémoires de cette blessure. La personne dit alors : "maintenant, je me rappelle, ma grand mère est morte après la naissance de ma tante ou l'arrière grand mère Clémentine est morte quelque jours après la naissance de sa fille". Moments souvent douloureux mais libérateurs d'émotions enfouies.


Si aujourd’hui cet événement est rare, pour nos grands-mères et arrière-grands-mères, c’était un risque élevé, fréquent qui influence encore des générations de petites-filles et arrière-petites-filles.
C’est une grande peur pour tout le système ce que vont refléter les représentants dans la constellation.
Certaines femmes éprouvent une réelle phobie de l’accouchement  et revivront une grande panique incompréhensible , irraisonnée lorsqu’elles mettront elles-mêmes un enfant au monde. Et ce nouvel enfant sera imprégné de cette histoire, des impressions, du vécu de sa mère... sa vie à lui aussi pourra même être en danger.
Ou bien une fois enceinte, elles n’auront plus le désir de cet enfant car comme le dit Edith,
donner la vie est dangereux ; donner la vie est associé à la mort. Et pour éviter ce risque, certaines femmes deviendront stériles. L’endométriose pourrait avoir ce traumatisme parmi les causes programmantes. D’autres renoncent à une vie de couple.


Cela aura aussi des retentissements sur les hommes de la lignée  qui auront une tendance à expier et cela peut aller jusqu’au suicide. Les hommes vont être culpabilisés dans leur sexualité et la croyance qu’ils causent la mort des femmes en satisfaisant leurs besoins sexuels peut être véhiculée dans le système.
Pour éviter cela, certains restent célibataires, d’autres deviennent prêtres ou épousent une femme stérile.

Cela peut même être  une des causes de l’homosexualité : un enfant s’identifiera au sexe manquant afin de témoigner de la loyauté pour cette grand mère dont le destin a été tragique.
 
Par ailleurs, l’enfant né de cette femme aura  du mal à vivre sa propre existence, il se limitera pour ne pas vivre au détriment de la personne morte, sera dépressif ou aura  des tendances suicidaires. Il sait que sa vie à un coût : sa mère l’a payé au prix de sa propre existence. Il cherche à payer pour la mort de sa mère car, comme le dit Edith, l’enfant se vit comme celui qui a causé la mort de sa mère ; il en ressent une profonde culpabilité et ne peut pas intégrer le fait qu’il soit innocent.

Les dynamiques « je te suis dans la mort, dans ton destin » ou « je vais partir, souffrir à ta place » ou “je dois expier” seront importantes. Toutes ces intentions, tous ces mouvements sont des tentatives de rééquilibrer le système. Tentatives vaines, instinctives, archaïques. Les enfants concernés par ces dynamiques ne réalisent pas qu’ils rendent ainsi le sacrifice de la mère encore plus vain. Ce don de la vie que la mère a transmis ne sert à rien !


Comment intégrer ce trauma ?

Le premier pas à faire est de donner une place à la personne décédée afin qu'lle soit accueillie, reconnue, honorée. Lorsque ces personnes sont introduites dans une constellation, tout de suite l’énergie change et le système est soulagé.

Le deuxième est de permettre au client de se dégaer de l'intrication. Des phrases de ce genre faciliteront le processus :
« chère maman, tu as payé cher pour que je sois en vie. Je prends la vie au prix que cela t’a coûté.  Pour que ce sacrifice ne soit pas vain, je vais vivre ma vie en ton honneur et en ton souvenir ».

S’il s’agit d’une autre personne dans le système d’origine que la mère,  ceci pourra être dit :
« chère grand-mère, je te vois maintenant, tu m’as fait très peur. Tu as payé cher pour que Papa/Maman naisse. Maintenant, je te donne une bonne place dans mon cœur et pour que ce sacrifice serve à quelque chose, je vais vivre ma vie, je vais prendre ma place de femme. Regarde, çà a bien continué, tu vis en nous ».


La personne s’inclinera profondément devant sa mère ou son aïeule, avec la conscience de toutes ces phrases.

Christiane Perreau


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Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /Fév /2008 10:43
En complément des articles écrits par Brigitte Asselineau et Christiane Perreau
sur la relation au père,
voici un extrait d'un livre édité aux Editions Souffle d'Or
et écrit par Georges Didier, psychothérapeute


Extrait de Fonction paternelle et étapes de croissance



Le face à face “enfant-mère” n’est qu’une apparence. Il y a un géniteur  quelque part. Celui-ci, du fait même qu’il est extérieur à la relation, pose la question de la loi et des motivations personnelles. Il a symboliquement coupé le cordon et authentifié la séparation. Sa vocation sera de le redire autant qu’il faudra à la mère si elle se perd dans un désir fusionnel avec l’enfant, et à l'enfant en lui apprenant la nécessaire différenciation.

La vocation du père est de s’intercaler là où “ça” cherche à garder le “tout”, où “ça” cherche à continuer à faire “un”. En ce sens le père oblige à lâcher le totalitarisme et la violence de la toute-puissance. Il pose inévitablement la triangulation oedipienne. L’enfant n’est pas né que de la mère.

Ce père introduisant le trois, espace indispensable à la relation, ce sera, mataphoriquement, l’air du nageur dans son rapport à l’eau(tre). Il permettra, en donnant distance et en posant des limites, d’accéder au symbolique et au langage. Cela entraînera l’enfant –et la mère- à la liberté, et leur donnera l’espace du monde pour terrain d’aventure. Cette triangulation ouvrira l’intelligence de l’enfant.

La séparation –relative- entre l’enfant et la mère ne peut être obtenue par la force. Le père devra être, avant tout, un pédagogue. L’enjeu est trop important. Il s’agit de permettre à l’enfant d’adopter l’esprit de la loi. Plus tard, cela lui permettra de découvrir que cette dernière est un concentré d’amour. En posant les limites, elle propose en effet la liberté psychique et évite de se faire vraiment mal... Ou de se retrouver en prison (psychologique ou réelle)

Sans cesse, elle est là pour rappeler que le bonheur n’est ni possession ni violence, ni “totale relation” mais égalité partagée.

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Mardi 12 février 2008 2 12 /02 /Fév /2008 20:59

Une question de mon amie Hélène du Québec qui est en formation de constellations

Il y a quelques termes  sur lesquels nous avons buté et posé des questions dans le texte que nous récitions «L'aube de la vie». En particulier lorsque nous disions «..... pour te faire plaisir».
Nous nous sommes même interrogés sur la traduction de ces mots à partir de la langue d'origine qui est l'Allemand.
J'y voyais aussi une difficulté à m'arrimer avec Salomé lorsqu'il dit que nous ne sommes pas là pour faire plaisir aux autres. Je sais que ce n'est sûrement pas le sens du texte, mais peut-être que vous avez aussi rencontré ce questionnement lors des constellations que vous animez. Peut-être un bon sujet à traiter sur le blog???

Point de vue de Christiane

Vous allez trouver ci-après la Prière au Matin de la Vie de Bert Hellinger, il s'agit de la traduction qui est dans  le livre de Gunthard Weber, Les liens aui libèrent, sauf que j'ai remplacé "pour te faire plaisir" par "en ton honneur", expression qui me semble mieux convenir lorsque nous voulons rendre hommage à ceux qui nous ont transmis la vie. Le mot honneur implique respect, estime de soi, dignité, considération.
Cela implique aussi célébrer la Vie. La traduction serait effectivement à vérifier.

Il me semble que l'expression "pour te faire plaisir" remettrait à nouveau la personne dans la position d'un enfant qui souhaite faire plaisir à ses parents ; or, il est déjà malade d'avoir tant fait plaisir à ses derniers ; les intrications "je te suis ou plutôt moi que toi" ne sont-elles pas mues par ce besoin de faire plaisir, de réparer, de sauver, de soulager les parents, le système ! Les constellations nous montrent combien les enfants se sont sacrifiés pour leurs parents, et "pour te faire plaisir" pourrait être encore l'occasion de sacrifices inutiles qui empêchent la personne d'être elle-même, d'être authentique et qui laissent le système déséquilibré.

D'autant que nous pouvons constater que lorsqu'un enfant arrête de suivre son parent dans la maladie ou la mort ou tout autre comportement inaproprié, cela soulage le parent qui devient bienveillant pour que son enfant vive son propre destin. D'une façon générale, cela "fait plaisir" aux ancêtres (les réjouit) qu'un de leurs descendants retrouvent son chemin d'autonomie.

Nous proposons de dire ces phrases au cours d’un travail lorsqu’une personne se sent acceptée, accueillie, comprise par ses parents. Cette prière symbolise l'acceptation des parents et de la vie qui vient à travers eux. Mais ces phrases, comme toute phrase proposée dans une constellation, doivent avoir l'adhésion totale de la personne. Sinon, elles doivent être modifiées pour que la personne, le client puissent les intégrer. Si le client ou le représentant ne se sent pas en accord avec un seul mot, il est nécessaire de trouver la formule qui facilite la mise en ordre, l'apaisement. Il s'agit de vraiment faire l'expérience de ces mots, de les ressentir, c'est cela qui tranforme. Ces phrases ne sont libératrices qu'à cette condition.

Je vous invite à pratiquer cette prière. Elle pourrait mettre en évidence où vous en êtes sur le chemin de prendre=reconnaître vos parents  et  de prendre la vie= la croquer  à pleines dents ou prendre sa vie en mains.

Ressentez où sont vos difficultés (émotions, impressions, pensées) ; quels mots, quelles expressions vous font buter, résister –sans vous juger- c’est une chance de faire un  pas de plus vers l’acceptation de ce qui est,  en conscientisant les créations, réacttions indésirables ; conscientiser libère. Et  voyez aussi vos facilités. Reconnaissez, accueillez  tous ces pas qui vous conduisent vers le meilleur de vous même.

N'oubliez pas que celui ou celle qui a pris ses parents pleinement est libre : il ou elle peut se détacher librement et joyeusement parce que le lien est là, puissant, rassurant, un lien qui donne  la force et l'envie d'explorer le monde.

Et si vous avez envie de partager vos expériences, rélfexions, adressez  un courriel à jenous@free.fr ; je serai heureuse de vous lire et de publier certaines de vos expériences si vous êtes d'accord.

Christiane Perreau
La Prière au matin de la vie de Bert Hellinger

chère Maman

Je prends tout de toi, totalement, avec tout ce que cela comporte,
Et je le prends au prix que cela t’a coûté, et que cela me coûte.

J’en ferai quelque chose de bien en ton honneur
et en souvenir de toi
Cela ne sera pas en vain.

Je conserve ce don et je l’honore
Et si je le peux je le transmettrai, comme toi.

Je te prends pour mère, et tu peux m’avoir comme enfant
(comme fille ou fils)
Tu es ma mère  en toutes choses et

telle que tu es, tu es celle qui convient
Et je suis ton enfant (ton fils, ta fille)

Tu es la grande et moi la petite
Tu donnes... Je prends.

Chère Maman
Je me réjouis  que tu aies choisi Papa
Et vous êtes les seuls parents qui me conviennent,
Seulement vous.

(Ou bien cher papa)
 

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Mardi 12 février 2008 2 12 /02 /Fév /2008 12:13
Il est difficile pour un homme de parler de son père,
car, pour lui, c'est prendre le risque de remettre en question la figure paternelle,
surtout si l'identification à ce père a été contrariée
par différentes blessures (violence, indifférence, absence),
libérer sa parole, peut être source de culpabilité.

Mais nommer les carences d'amour ou d'attention est l'un des passages obligés
pour prendre le chemin de la réconciliation et de la reconstruction de soi.
Nicole Fabre - Blessures d'enfance


 Conséquences systémiques d'une relation au père déficiente
Christiane Perreau


Quand la relation au père est distordue, malade, absente, empêchée suite à des intrications dans le système d'origine ou actuel, cela cause de nouveaux effets, de nouveaux désordres que nous pouvons observer et qui peuvent avoir des conséquences graves sur les enfants dont voici deux exemples :

Ainsi une fille qui perçoit son père en danger (lui-même étant pris dans une identification à son propre père ou un ancêtre ayant eu un destin difficile) peut devenir anorexique ; elle est dans un mouvement de sauver son père et dit intérieurement “Papa, je suis malade à ta place ou je vais disparaître à ta place”. L’enfant pense qu’ainsi, en disparaissant, il va préserver la vie ou la santé de son père. L’enfant  n’ayant pas la notion de temps peut manifester les symptômes à l’adolescence alors que son père est mort dans sa toute petite enfance. l'enfant a pris une décision lorsqu'il percevait la difficulté de son père, décision totalement oubliée sur le plan conscient mais qui reste puissamment active dans le temps présent de la personne.

Ou une mère dénigre beaucoup le père, disant ou laissant entendre que tout ce qui vient d’elle est bon alors que ce qui vient du père est mauvais ; ou la mère ne donne pas accès au père, soit d’une manière physique, soit affectivement (dénigrement du père, mise en position de l'enfant comme le "petit homme", le consolateur, le confident).
Cela empêche l’enfant de prendre son père, de profiter de  son énergie vitale, de ses valeurs, de l’appui de la lignée masculine. Alors des enfants vont développer des compensations comme celles de prendre en trop certains produits comme des drogues, de l’alcool, du tabac. C’est le terrain des dépendances, des déviances. En prenant en trop certaines choses, l’enfant veut montrer à sa mère que quelque chose est mauvais pour lui jusqu’à lui nuire. C’est une façon de se venger de la mère mais aussi de payer la non-loyauté au père.

Nous retrouvons aussi cette dynamique chez les personnes boulimiques. En effet, l’enfant qui mange est ainsi loyal à sa mère et en vomissant, il est loyal à son père.

Il est important d’avoir à l’esprit que les enfants sont loyaux au parent perçu comme le plus faible. 
Et rejeter un parent c’est comme l’exclure ce qui ouvre la porte aux intrications ou aux expiations. Un enfant qui ne peut prendre ses deux parents  pleinement sera comme incomplet et ressentira un vide qui s’exprimera par des tendances dépressives.


Nous somme nés de nos parents, nous portons 50 % des gênes de notre mère et 50 % de ceux de notre père et nous n’aurons pas d’autres parents que ces deux-là. Prendre ces deux parents n’a rien à voir avec leurs comportements mais avec le seul fait qu’ils nous ont transmis la Vie.
Reconnaître cela permet de mieux intégrer les bonnes choses de l’existence. En rejetant les parents, nous rejetons ce qui est bon comme ce qui est mauvais. En rejetant les parents, nous nous rejetons.
En prenant nos parents, nous pouvons faire le tri de ce qui est bon pour nous et laisser ce qui ne nous appartient pas ou ne nous convient pas. Nous pouvons alors prendre appui sur la force vitale qui vient d'eux et créer notre propre chemin, selon nos propres valeurs.
Nous pouvons dire intérieurement : "ce que tu m'as donné (sous-entendu la Vie), c' est beaucoup et pour ce qui m'a manqué, je m'en occupe et à ma façon" . C’est un long chemin qui demande parfois du temps. Mais prendre ce qui vient d’eux facilite la séparation et l’autonomie.



La relation au père
Brigitte Asselineau


Peut-être vous êtes-vous posé certaines questions comme :
 
Pourquoi ai-je peur de l’autorité ? Pourquoi je ne supporte pas les remarques de mes supérieurs ? Pourquoi la relation avec mon fils est si difficile ?
Pourquoi suis-je si soumis (e) ? etc.
Peut-être que vous vous demandez quelle relation vous avez eue avec votre père. Ou quelle est la place et le rôle d’un père ?
 
Que nous soyons un homme ou une femme, le rôle du père a tout autant d'importance. La place du père est fondamentale dans la construction de l'enfant.
Le garçon se construira sur le modèle paternel, c’est à son père qu’il va s’identifier, tandis que la fille construira de son côté une image du sexe opposé.  
C'est le père qui va nous séparer de la mère, ce qui va nous permettre de sortir de la relation duelle et fusionnelle. C'est lui qui va poser la Loi et nous permettre d'intégrer règles et limites. C'est encore lui qui va nous apporter sécurité, protection et repères. Tout ceci à condition qu'il ait pu remplir correctement son rôle.
Un père absent dans la relation à son enfant ou au contraire trop autoritaire, lui imposant des interdits injustifiés, créera chez l'enfant un sentiment d'insécurité. Le père devient alors une personne sur laquelle on ne peut pas compter ou une personne crainte. Cette image parentale, rejetante ou redoutée, sera par la suite projetée sur toute figure représentant l'autorité.
Ainsi au travers de nos relations, quelles soient familiales ou professionnelles, la  façon dont notre père a laissé son empreinte dans notre psychisme sera réactivée, nous amenant parfois à répéter sans cesse les mêmes situations d'échec.

L'histoire de notre père va aussi laisser ses traces en nous. Ses insatisfactions et ses attentes, que nous avons gravées dans notre inconscient comme autant de rôles à jouer ou de tâches à accomplir vont, elles aussi, influencer notre vie. Ainsi nous allons chercher à être celui qu'il aurait aimé devenir, à réussir là où il a échoué ou à réparer des injustices qu'il a subies.

Au-delà de notre vie affective avec notre père il y a aussi l'histoire de notre lignée paternelle avec ses transmissions inconscientes. Qu'est-ce qui s'est véhiculé de générations en générations entraînant une image négative, voire parfois néfaste, du Père ou de celle d'un père totalement impuissant. Comment cette représentation familiale et transgénérationnelle a influencé notre propre vécu d'enfant mais aussi, et surtout, comment elle continue d'agir sur notre vie d'adulte. En raison du puissant lien qui nous unit à nos racines familiales nous allons essayer de rééquilibrer le système dans lequel nous sommes nés, bien souvent au détriment de nos propres désirs et de notre liberté.
 
Pour lui redonner sa place et retrouver la vôtre, nous vous proposons un atelier de deux jours pour aller à la rencontre du Père que vous avez intériorisé.
Deux jours qui vous amèneront un nouvel éclairage sur les relations que vous avez tissées avec votre père et votre lignée paternelle.


Brigitte Asselineau est psychothérapeute et anime avec Christiane Perreau les ateliers sur le mouvement interrompu. Nous avons conçu ces ateliers autour de 3 thèmes :
  • prendre sa mère
  • prendre son père
  • prendre père et mère
il n'y a pas d'ordre pour participer à ces ateliers qui peuvent être faits et refaits et dont l'objectif est de libérer les souffrances  d'enfant qui empêchent de reconnaître, de prendre pleinement ses parents et de restaurer l'élan vital vers eux.

Nul ne peut avoir de lien avec son prochain s’il n’en a d’abord avec lui-même.
Carl Gustav Jung


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Lundi 11 février 2008 1 11 /02 /Fév /2008 16:28


Vous devez être le changement
que vous voulez voir dans le monde
Gandhi



Bonjour et bienvenue,

Ce blog est essentiellement consacré aux constellations mais j’aimerais aussi y partager, de temps à autre, mes centres d’intérêts que sont la psychologie, la philosophie, la spiritualité. Toutes ces approches et ces disciplines sont complémentaires et se limiter à une seule serait réduire nos possibilités de compréhension de l’existence et de qui nous sommes en Essence, au-delà de nos identifications inconscientes à notre corps, nos émotions, notre mental. Il se pourrait que, comme nous le disent les Traditions, nous soyons des êtres spirituels, nous soyons la Vie faisant l’expérience de l’existence, de l’humanité, du monde.

Certaines voies spirituelles nous proposent un chemin qui va au-delà de la dualité ; un chemin qui par expérience directe nous permet de retrouver notre vraie nature, d’intégrer les contraires et les paradoxes de l’existence dualiste (notre personnalité est faite d’identités qui s’opposent).
Les constellations familiales et systémiques nous invitent à inclure dans notre histoire et dans notre champ de conscience tout ce qui est ou a été : les exclus, les morts, les oubliés, les bourreaux, les victimes, les parties de nous ou de nos parents que nous ne voulons pas, que nous refoulons.
Elles nous montrent que la réconciliation avec soi et le système se trouve au delà de la dualité.

Aller vers le non-duel pourrait être une issue à nos souffrances ; aller vers le non-duel, c’est cheminer vers notre complétude, en accueillant nos besoins et nos opposés, en réalisant nos intentions, en vivant notre propre destin, en faisant l’expérience de ce que nous sommes, Conscience, Sujet, Vacuité en Essence.

Aller vers le non-duel, c’est se pacifier, pacifier notre clan, et découvrir que nous sommes Sérénité, Amour et Joie en Essence.

Je vous souhaite donc la bienvenue sur ce blog dont l’objectif est de permettre à chacune et chacun de  se comprendre et comprendre l’autre ; chaque compréhension est un pas vers l’amour, l’amour de soi, l’amour de l’autre, un pas vers Soi.

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Par contre, vos questions, témoignages devront toujours m’être adressés directement à l’adresse  jenous@free.fr  auxquels je répondrai, soit personnellement soit sur le blog.

Amicalement

Christiane Perreau


Vis comme si tu devais mourir demain,
apprends comme si tu devais vivre toujours

Gandhi

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Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 17:08


Texte de Brigitte Asselineau et Christiane Perreau

Nous avons souvent remarqué, dans les ateliers, la difficulté que rencontrent certaines personnes à exprimer leurs frustrations, mécontentements, colères vis-à-vis du parent devenu vieux et/ou dans la nécessité. La peur que celui-ci ne puisse le supporter, s’effondre, invoquant qu’il est maintenant trop âgé, limite la personne dans son processus de désidentification, de maturation.

Cela est le signe d'une confusion entre le temps présent et le passé. La prise en charge matérielle et physique des besoins inhérents à la vieillesse alors qu’il y a une diminution des capacités physiques et intellectuelles fait partie de nos responsabilités et devoirs d’adultes. Par contre, les besoins inhérents aux conflits non-résolus (manques affectifs, deuils non faits, blessures non guéries) qui entraînent une souffrance psychique chez le parent lui appartiennent et n’ont pas à lui être enlevées.

Il est donc nécessaire de distinguer :

• la souffrance psychique liée à la maladie, à la vieillesse, à des difficultés de survie que vit la personne âgée dans son temps présent qui va être accueillie, entendue et accompagnée par un adulte capable de prendre les bonnes décisions tout en se respectant. Cela va demander effort et vigilance pour ne pas permettre au petit enfant en nous de se substituer à l’adulte.
• et celle qui est liée à l’histoire passée du parent que l’enfant, quelque soit son âge, ne peut pas et n’a pas à gérer. Comprendre que son parent est responsable de sa propre histoire, c’est le considérer comme un adulte capable de force et de dignité. Sinon, ce serait lui ôter la possibilité d’être pleinement lui-même, d’être entier.

Nous ne laissons pas tomber notre parent quand nous ne prenons pas en charge son histoire. Prendre en charge le destin d’un parent viole les lois systémiques dont celle que les derniers venus ( les enfants) n'ont pas à s'immiscer dans les affaires des premiers arrivés dans le système. C’est blesser le principe d’ancienneté, ce qui ajoute de la souffrance, du désordre dans le système car ce dernier va toujours se rééquilibrer plus ou moins douloureusement par l’intermédiaire des éléments les plus faibles que sont les enfants.

En prenant en charge de façon inappropriée un parent, la personne continue à faire ce qu’elle a toujours fait lorsqu’elle était enfant, c'est-à-dire tenter d’atténuer la détresse parentale, de souffrir avec et pour l’autre, croyant que cela va lui permettre de mieux vivre. Une mère qui souffre de ne pas avoir été aimée par sa propre mère, peut demander inconsciemment à son enfant de venir combler ses carences affectives. A ce moment-là, elle est dans la position d’une petite fille vulnérable, ce que ressent l’enfant qui, dans un amour héroïque mais aveugle, va se mettre immédiatement dans le rôle du « sauveur » de cette mère/enfant. Il se sent obligé de faire pour elle, à sa place, de “réparer” et devenir grand pour prendre soin du parent et de son fardeau. Cela libère l'enfant d'une lourde culpabilité et lui assure ainsi son droit d’appartenir au système. Mais cela fait obstacle à ce que l’enfant puisse prendre ses parents et la vie qui vient d’eux.

La situation de fin de vie des parents réactivent bien souvent ce que nous avons vécu avec eux dans notre enfance. Á nouveau nous sommes face à notre parent fragile et nos processus inconscients se remettent automatiquement en route. La personne n’a plus 50 ans mais 7 ans et rejoue son histoire « d’enfant sauveur » qui ne peut se libérer de la demande inconsciente du parent sans culpabiliser et qui est soumis à la pression du système qui tente toujours de se rééquilibrer. D’où certains propos régulièrement entendus qui montrent bien les croyances d’enfant de la personne : « Je DOIS l’aider parce que sans moi elle ne peut rien faire », « Je ne peux pas la (le) laisser tomber parce qu’elle (il) ne le supportera pas », « Je SUIS OBLIGÉ de prendre en charge ce que ma mère ou mon père ne peuvent pas prendre en charge eux-mêmes ». « Si je ne le fais pas, je suis coupable d’abandonner mon parent », “Si je ne le fais pas, il (elle) va en mourir”.

La personne justifie ses actions qui renforcent sa croyance une deuxième fois (c'est ainsi que les croyances deviennent invisibles) et l’empêche de prendre conscience qu’elle reste fidèle au contrat inconscient passé avec son parent. Rejouant ainsi la scène initiale sur le même mode relationnel, dans la position de « l’enfant sauveur » mais aussi, dans celle d’être empêchée de vivre sa vie d’adulte, comme autrefois, elle fut empêchée de vivre une enfance insouciante en se laissant porter par un parent solide, capable de prendre en charge ses affects. L’enfant devient le protecteur du parent, même une fois devenu adulte, cherchant à rester le grand et s’occupant du parent comme d’un enfant, le déresponsabilisant. Cet adulte ignore alors qu’il est en train d’affaiblir son parent tout en s’affaiblissant lui-même.

Très souvent les personnes qui « s’obligent », en restant fidèles au parent, s’en plaignent énormément. Comme si cette situation vécue douloureusement leur donnait aussi, et parfois enfin, la possibilité de se plaindre du parent qui leur en demande trop, du parent qui leur a volé tout ou partie de leur enfance. Plaintes que l’enfant n’a jamais pu exprimer par le passé. Toutes les demandes du parent sont vécues sur le mode : elle (il) m’empêche de vivre, me bouffe tout mon temps, mon énergie, mon plaisir, etc… Tout ce que la personne a ressenti enfant alors que son énergie et son attention étaient constamment tournées vers le parent qu’il fallait faire exister, sauver, rendre heureux.
Néanmoins et malgré ses plaintes, la personne continue à faire pour son parent ce qu’elle a toujours fait pour exister à ses yeux. Et l’adulte d’aujourd’hui cherchera toujours cette position de victime de l’autre qui lui en demande trop, parce que c’est généralement dans cette situation que la personne se sent reconnue, utile, d’où la difficulté à changer et à reprendre les rennes de sa propre vie. En fait, la personne est essentiellement victime de ses propres schémas mentaux, de ses croyances.

C’est aussi, et ce l’était pour l’enfant, une façon d’être en lien avec son parent. Par le biais de « je prends en charge à ta place », l’enfant essayera d’être « le bon enfant » dans l’espoir d’avoir la reconnaissance, l’attention, l’amour du parent dont il a besoin. En faisant tout, et même parfois au-delà de ses limites, pour le parent devenu vieux, la personne répète ce qu’elle a vécu dans l’enfance avec le même espoir inconscient. Espoir qui cache souvent l’immense désespoir de ne pas avoir été aimée pour elle-même. C’est une ultime tentative de combler les manques du passé et d’être enfin reconnue...

Un autre aspect de cette position s’enracine dans la toute-puissance de l’enfant. « Puisque j’arrive à faire des choses que maman (ou papa) ne peut pas faire je suis donc plus fort et puisqu’elle se repose sur moi, je suis donc plus adulte qu’elle », sont des croyances qui ont la vie dure et dont il n’est pas si facile de se défaire. Perdre sa toute-puissance pour aller dans l’impuissance de l’enfant, avant de trouver sa propre puissance bien sûr, est un passage difficile à traverser. La personne qui s’est construite dans cette illusion d’être toute-puissante a bien souvent du mal à quitter cette posture, même si pour cela elle doit continuer à tout prendre en charge et à sacrifier une partie
d'elle-même. Quand la personne se sent indispensable et veut tout faire pour le parent «déficient », elle reste dans la toute-puissance de l’enfant. Dans la croyance qu’il a absolument besoin d’elle et d’elle seule pour aller bien. Dans la pensée magique de l’enfant qui réussit à faire ce que le parent ne peut faire pour lui-même. L’enfant croyait, tout comme la personne aujourd’hui, que sans lui, sans son aide, le parent allait ou va maintenant s’écrouler, voire être anéantie.

Dans cette place d’adulte qu’a l’enfant et d’enfant qu’a l’adulte les rôles sont inversés. Ce schéma se perpétue très souvent de génération en génération, entraînant un désordre
dans la transmission inconsciente et le système. Ces enfants devenus adultes se mettent en position d’enfants et demandent souvent à leur tour à leurs propres enfants d’être des adultes capables de les prendre en charge. En constellations, nous appelons cela une parentification. Cela est conditionné par la loi implacable que tout système se rééquilibre au détriment de l’individu et au profit de l’ensemble. Et les plus faibles, les plus fragiles, les plus sensibles que sont les enfants vont alors payer un lourd tribut. Bien entendu, tout cela va à l’encontre de prendre père et mère et de l’autonomie de chacun.

Être quelqu’un d’autre que soi-même - c’est être mort.
Le cri primal – Arthur Janov

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Consteller

stages 2012

Débusquer  identifications inconscientes, croyances limitantes,loyautés invisibles pour vivre pleinement, en conscience, notre destinée

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Je suis celui qui est avant toute histoire.

Je suis celui qui sera quand toute son histoire sera comprise et qu'elle sera dissoute.

Je suis celui qui est ici avec son histoire et qui a oublié qui il est vraiment.

La fin de ma souffrance est la fin de mon histoire.

Ou au moins la fin d'une partie de mon histoire.

 

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Si nous regardons notre histoire toujours avec le même point de vue,
nous avons toujours la même histoire.
Si nous regardons notre histoire avec de nouveaux points de vue,
nous pouvons découvrir une histoire inédite et ainsi,
élaborer de nouvelles stratégies pour créer l'existence que nous souhaitons.
Les constellations permettent de découvrir très rapidement des points de vue totalement nouveaux.
Ce sont des accélérateurs de prises de conscience, de compréhensions
qui permettent  d'intégrer des zones de notre histoire inconnues jusqu'ici et
donc de devenir entier.
Christiane

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