Mercredi 7 janvier 2009
Les constellations nous montrent combien les enfants et les femmes ont souffert des dysfonctionnements, des secrets et des non-dits de leur clan. Il est toujours important lorsque nous observons un secret, un système familial de replacer ceux-ci dans leur contexte historique, social, culturel. Les comportements, les points de vue ont beaucoup changé depuis 40 ans, permettant aux hommes et aux femmes de vivre plus proches d’eux-mêmes, de leur choix de vie.

Voici un texte de Nathalie Chassériau issu de son livre Psychogénéalogie, Connaître ses ancêtres, se libérer de leurs problèmes qui nous fait un rappel de la condition féminine d’avant Mai-68. Elle parle de ce qu’ont pu vivre nos ancêtres et plus particulièrement nos grands-mères, nos arrières grands mères. Il est important de ne pas oublier que les femmes, depuis des siècles, ont payé un lourd tribut dû à l’ignorance, l’inconscience, l’étroitesse d’esprit, les dogmes religieux, le carcan social.

Pour beaucoup d’entre nous, prendre sa mère telle qu’elle est un long chemin. Mais, si nous prenions un peu plus conscience du parcours des femmes depuis si longtemps, nous réaliserions ce qu’elles ont
enduré ; et nous verrions qu’elles ont dû faire face aux mêmes histoires que nous, avec leurs propres mères qui elles-mêmes ont connu cela avec leurs mères, histoires se répétant de génération en génération. Il est très impressionnant et touchant d’observer toute la douleur éprouvée par les femmes lorsque nous mettons en place une lignée de femmes.......


Nous pouvons alors constater toute l’attention dont nos mères, nos aïeules ont manqué, comme nous !! Cela permet de les considérer non plus comme des mères imparfaites, mais comme des femmes qui, comme nous, ont dû gérer leurs manques du mieux qu’elles le pouvaient. Et peut-être pouvons-nous saisir qu’elles nous ont transmis l’essentiel, la vie et qu’aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir d’autres connaissances des relations humaines, des outils comme les thérapies et du temps pour transformer nos souffrances en conscience. Car beaucoup de nos aïeules avaient des journées de 15, 16 heures d’un rude labeur (ma mère se levait à 4 h du matin pour traire les vaches et ne se couchait pas avant 21 h, ma belle mère se levait aussi à 4 h du matin pour faire les lessives avant de partir travailler à la poste......)

Élargir notre regard à toute l’histoire des femmes apportent plus de compréhension pour les difficultés qu’elles ont éprouvées. C’est les reconnaître et leur rendre hommage pour ce qu’elles sont ou ont été en tant qu’êtres humains. Et en les respectant, nous nous respectons et ouvrons un chemin de compassion pour elles, pour les enfants que nous avons été et les adultes que nous sommes.

Christiane Perreau



Comment l’enfant réagit au secret
Face à un secret dont ils perçoivent l’existence sans pouvoir l’imaginer ni le mettre en mots, les enfants peuvent recourir à différentes stratégies.
Certains vont s’efforcer d’être parfaits, dans la tentative inconsciente de réparer la faute inconnue : toujours premiers en classe, ce sont les enfants sages par excellence. D’autres vont se désespérer, sombrer dans la dépression ou fantasmer sur le secret en perdant  progressivement pied avec la réalité. D’autres, enfin, vont devenir comme sourds et aveugles à ce qui se passe dans tout l’entourage familial, pour ne pas risquer de devoir affronter des vérités trop douloureuses. Ils vont s’habituer à “ne pas voir, ne pas entendre, ne pas dire”. Ce sont souvent des enfants à la personnalité cliver, qui affichent des comportements très différents selon les personnes qu’ils côtoient et les circonstances dans lesquelles ils se trouvent

Les secrets et les tabous changent selon les époques : la condition féminine avant Mai-68
Même si nous ne le savons pas, nous sommes tous héritiers de tabous sexuels de nos ancêtres. Il nous faut donc faire un réel effort pour imaginer dans quel carcan ils (et surtout elles) vivaient, et jusqu’à quel point leur vie a été conditionnée. Nous ne devons pas oublier qu’avant Mai 68, le sexe était un sujet largement censuré dans nos sociétés occidentales, et la condition féminine muselée dans la dichotomie de la “maman et la putain” : il y a encore 50 ans, les familles de la “bonne” bourgeoisie ne recevaient pas les femmes divorcées, et les métiers d’actrice, de chanteuse ou de danseuse étaient associés à une vie dissolue, proche de la prostitution.

Devoir exister selon ce modèle contraignait les épouses à supporter les infidélités – et parfois l’abandon sexuel- de leur mari, sans pouvoir rien faire, ni en parler avec personne. Toute activité sexuelle féminine en dehors du mariage était frappée d’anathème, toute vélléité d’autonomie était muselée. Mai-68 a balayé les derniers résidus de morale bien-pensante. Le contrôle des naissances et la liberté sexuelle qui s’en est suivie ont révolutionné la condition féminine et la société dans son ensemble, mais nous ne devons pas oublier que des comportements qui nous paraissent aujourd’hui évidents pouvaient représenter des péchés mortels pour nos grands-mères.


Le fait d’avoir conçu un enfant avec son futur mari avant les noces était considéré comme une faute grave et devenait souvent un secret de famille, obligeant les femmes à inventer des naissances prématurées et à tricher toute leur vie sur les dates. La religion était à l’origine de tous les tabous  sexuels –homosexualité, masturbation, adultère des femmes, statut de filles mères et de leurs “bâtards” etc. Elle a aussi causé beaucoup de malheur conjugaux : si on divorçait rarement à l’époque de nos grands-parents, ce n’est pas parce que les époux s’entendaient mieux qu’aujourd’hui, mais simplement pour éviter l’excommunication et le rejet social. Les couples mal assortis étaient condamnés à se supporter à vie, et les épouses malheureuses et frustrées reportaient sur leurs enfants leurs carences affectives, avec les conséquences que l’on peut imaginer.

Quant aux grossesses non désirées, on les interrompait dans le secret et dans des conditions hygiéniques souvent déplorables : les infections étaient monnaie courante à une époque où les antibiotiques n’existaient pas. Celles qui avaient “fauté et qui ne voulait ou pouvaient pas avorter étaient le plus souvent contraintes d’abandonner le “fruit du péché” à la porte des couvents ou de le confier à une nourrice au fin fond d’une lointaine campagne. Certaines naissances, déclarées prématurées avec la complicité du médecin ou de la sage-femme, cachaient des enfants adultérins conçus alors que le mari était à la guerre ou en voyage. Le secret honteux de la mère (auquel s’ajoutaient parfois les soupçons du père officiel) était destiné à la poursuivre toute sa vie et à devenir un fantôme pour l’enfant qui ressentait le mystère de ses origines même si on le lui taisait.

Il faut donc faire un réel effort pour essayer de se représenter le carcan dans lequel ont vécu ces femmes auxquelles nous devons la vie. Assujetties à un mari dont dépendant leur survie matérielle, à un confesseur qui avait en charge leur salut éternel et à l’opinion des voisins qui scellait leur réputation, beaucoup oubliaient qu’elles étaient femmes pour se vivre seulement comme mères.
Dans de telles conditions, comment auraient-elles pu s’épanouir et permettre à leurs enfants de devenir à leur tour des adultes sexuellement épanouis ?

Nathalie Chassériau, Psychogénéalogie, Connaître ses ancêtres, se libérer de leurs  problèmes
chez Hachette


 
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Jeudi 1 janvier 2009
Le passage à la nouvelle année est souvent l'occasion de prendre de nouvelles résolutions,
d'émettre des intentions de changement.
Puis nous nous heurtons aux résistances, les nôtres, celle d'autrui.
Résistances que nous devrons confronter si nous voulons atteindre nos objectifs.
Je vous partage ce texte de Jacques Salomé
qui donne une sorte de cartographie de tout processus de changement.
Connaître ces étapes permet de mieux comprendre ce qui se passe
et facilite le maniement des résistances.

Je vous souhaite que l'an neuf vous permette de réaliser vos intentions les plus profondes.
Réaliser ses intentions en toute conscience, c'est le chemin de l'Homme éveillé.
Réaliser ses intentions les profondes, c'est le chemin du bonheur.
Christiane


Tout changement dans les relations humaines suppose un prix à payer…

dans deux directions.

Texte par Jacques Salomé, psychosociologue et écrivain.



• Un prix à payer par soi-même : réactivation de l'insécurité, nouvelles interrogations, en mutations dans les conduites et les comportements…

• Un prix, que nous fait payer l'entourage, surtout ceux qui nous sont proches par diverses réactions défensives, contradictoires et parfois rejetantes.

 


Tout changement n'ouvre pas nécessairement sur une crise
- comme on le croit trop souvent -
il transforme le plus souvent une crise larvée
en crise ouverte.


 

Postulat de base pour celui qui a entrepris une démarche de développement personnel ou de changement.

Ne pas trop compter sur la compréhension de ceux qui prétendent nous aimer. Car cette attente risque d'être déçue… si elle est comblée, recevons-là comme un vrai cadeau que nous fait notre entourage, en soutenant notre démarche !

Tout changement, toute évolution à partir d'une psychothérapie ou d'une démarche de formation aux relations humaines va non seulement nous insécuriser et nous déstabiliser, dans un premier temps (malgré l'enthousiasme ou l'euphorie des premières découvertes), mais aussi inquiéter notre entourage, nos proches et mobiliser chez eux, le plus souvent, des énergies contraires au mouvement d'évolution et d'ajustement que nous tentons d'amorcer.


Les risques à envisager :

Ils sont nombreux et vont de toute façon nous surprendre… surtout venant de la part de ceux chez lesquels nous avions confiance et dont nous attendions un soutien, une confirmation… C'est fréquemment une infirmation, des doutes, des critiques voire une disqualification qui vont se déposer sur nous.


Quelles seront les réactions les plus fréquentes de notre entourage ?

• Au delà d'une incompréhension, un retrait, une prudence méfiante, d'autant plus forte que notre changement sera spectaculaire.

• Une possible marginalisation de nous ou de notre démarche, des commentaires allant de l'ironie à l'accusation manifeste.

• Un refus, voire un rejet "d'en entendre plus"

• Des jugements de valeur sur notre personne :

"Tu es folle !"
"Tu es vraiment inconscient de faire des choses comme ça !"
"Il va falloir te faire soigner !"
"Tu ne penses qu'à toi, tu es devenu égoïste !"


• Des jugements de valeur sur notre démarche, la méthode ou l'animateur de la démarche :

"Tu n'es plus normal, tu es tombé dans une secte !"
"Tu t'es fait envoûter c'est pas possible !"
"Et tu payes pour ça, tu te fais escroquer sans t'en rendre compte…"

• Un renforcement du système relationnel précédent et une recrudescence chez nos proches, des conduites, des attitudes ou des comportements… que justement nous souhaitions éviter ou changer !

• Des contraintes, parfois des violences verbales et quelquefois physiques pour nous obliger à revenir sur des positions antérieures, sur un mode de relation plus connu, plus raisonnable.

 

Tout cela bien sûr, n'exclut pas de notre part une vigilance,
une attentivité, une écoute respectueuse de nos proches
quand ils sont confrontés à nos démarches de formation
ou de changement.

 

Il est possible aussi que ceux qui nous aiment, acceptent de se remettre en cause au travers de notre propre mutation, la rencontre des différences et des stimulations ouvrira à de nouveaux possibles.


En résumé :

Ne jamais oublier que toute démarche de changement bouscule non seulement nous même, mais notre entourage. C'est donc une invitation mutuelle au partage, au dialogue et à des échanges ouverts pour retrouver la sève profonde de toute relation nourrie par la tolérance et le respect.



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Dimanche 28 décembre 2008





Les secrets de famille ne s’opposent pas à la vérité,
ils s’opposent à la communication
Serge Tisseron




L’article sur la crise et le silence ont amené certains lecteurs a soulevé la question d’un autre silence, celui des secrets de famille qui nient, cachent, excluent, celui des non-dits, des mal-dits qui conditionnent, à notre insu, nos destins, apportant ignorance et souffrance sur plusieurs générations.

Ces silences là tuent, causent des maladies (mal-à-dire),  des actes destructeurs envers nous-mêmes, affaiblissent notre système alors que le Silence, qui est notre vraie nature, nourrit et vivifie. Les uns sont porteurs de mort, d’apathie, de renoncement,  l’autre est la Vie, source de paix, de  sérénité, d’épanouissement. Ces secrets nuisibles n’ont rien à voir à nos jardins secrets, espaces d’intimité, voire de complicité. Ils sont liés à des événements ayant provoqué la honte, l’horreur, la culpabilité. La mort et la sexualité y sont étroitement liées. Ils constituent comme des trous noirs qui absorbent l’attention et la conscience des personnes impliquées.

Dans les constellations, nous voyons que ce sont les crises, non gérées dans le temps présent au sein de la cellule familiale, notre groupe d’appartenance,  qui créent des perturbations lorsqu’ il y a eu des ruptures de réalités (deuils soudains, maladies, incestes, divorces, viol, guerres) ;  celles-ci entraînent des ruptures de communication, des non-dits, des silences qui deviennent des secrets. C’est le triangle de la compassion qui se rétrécit et engendre incompréhension, confusion, inconscience. Les secrets nous éloignent du chemin de la communion, nous exilent de nous-mêmes, de qui nous sommes en Essence.

Mais ces silences ne sont pas si silencieux que cela puisqu’ils traversent les générations et que des enfants, des descendants vont les subir et tenter de les réparer, en s’identifiant à un exclu, en reproduisant un acte néfaste ou en payant la dette d’ un ancêtre qui n’a pas assumé ses fautes. Car, comme le dit Serge Tisseron, “un enfant soumis à un secret indicible sent très bien que sa famille lui cache une vérité essentielle”.

Ainsi les secrets deviennent-ils le terreau propice aux loyautés familiales invisibles et inconscientes. Il est moins dévastateur de faire face à une réalité douloureuse, traumatique voire honteuse que d’être sous l’emprise d’un secret. Car le secret devient plus lourd de conséquences sur le long terme.



Ils en ont parlé les premiers

Ce sont deux psychanalystes freudiens qui ont introduit cette notion de secrets, avec les concepts de cryptes et de fantômes, en 1978 en publiant L’Écorce et le Noyau où ils définissent le fantôme  comme “une formation de l’inconscient qui a pour particularité de n’avoir jamais été consciente” ou comme “le travail dans l’inconscient, du secret inavouable d’un autre (inceste, crime, bâtardise"(1). Ils ont émis cette hypothèse en constatant que des patients avaient fait des actes qu’ils ne comprenaient pas, comme téléguidés par un autre, ce que confirmait leur entourage.

Anne Ancelin Schützenberger écrit que “ce fantôme, ce serait comme quelqu’un qui sortirait de la tombe mal fermée d’un ancêtre, après une mort difficile à accepter, ou un événement “dont on a honte”, ou une “situation difficile” pour la famille, quelque chose de très mal vu, de “moche”, de “louche”, de “pas bien” pour la mentalité de cette époque-là. (...) Il s’agit d’oublier quelque chose ou quelqu’un qui était disgracié ou avait disgracié la famille, laquelle on avait honte, et dont on ne parlait pas.

Tout se passait comme si un membre de la famille gardait ce non-dit qui était devenu un secret, et dont il était devenu le seul détenteur, dans son coeur, dans son corps, comme dans une “crypte” en lui, et que ce fantôme, de temps en temps, en sortait et agissait , après une ou deux générations”(2)




Quels sont ces secrets inavouables ?

Ils concernent tout ce qui porte atteinte à l’image d’une famille, tout ce qui fait honte et tout ce qui n’aurait pas dû être. Viennent en priorité des événements concernant :

---les liens familiaux, la filiation : le père biologique était en fait un prêtre, frère du père officiel, ou bien le père biologique était un homme de condition sociale élevée, amant de la maman ; un enfant avant le mariage que le père renie parce que la mère est d’une condition sociale “inférieure” ou que la mère tente de cacher pour ne pas déshonorer sa famille ou être confrontée à la violence de son père ; il n’y a  pas si longtemps où être une fille mère ou un enfant naturel était dramatique ; les cas de stérilités non assumées où l’enfant ignore qu’il est né d’un don de spermatozoïdes ou qu’il a été adopté.
---la maltraitance physique ou morale des enfants ou des femmes.
---la mort : autrefois les enfants morts nés ou en bas âge étaient rayés de l’arbre généalogique.
---les suicides : il faut savoir que jusqu’en 1983, le suicide était condamné par l’église et donc c’était un fait qu’il fallait cacher ...
---l’inceste, fait hautement douloureux à assumer et qui souvent est connu de la mère “complice” -parce qu’elle ne peut assurer son rôle de femme- ou de quelques membres de la famille qui se taisent et font semblant de ne pas voir.
---la sexualité : la pédophilie, le viol d’une mère par des soldats allemands, l’homosexualité d’un Tonton,
---Les infanticides qui furent jusque dans les années 50 le “moyen de gérer les naissances indésirables”,
---les condamnations, la prison : le père est allé en prison pour cause d’inceste ou pour vol et l’on raconte à l’enfant que papa est parti en voyage par exemple !
---les crimes, les faits de guerre, la déportation ; le mythe d’un père héroïque qui était en fait un bourreau, car il a envoyé en camps de concentration des juifs ou des voisins pour des raisons de jalousie ou bien il a torturé l’ ennemi ; certains anciens combattants de la guerre d’Algérie portent en eux des zones d’ombre indicibles...

Les  causes suivantes  créent également des secrets qui hantent les familles, à des degrés moindres :

---les avortements, la légalisation de l’avortement étant récente
---les accouchements ayant engendré la mort de la mère ou le décès d’un enfant qu’il a fallu sacrifié pour la survie de la maman
---certaines maladies comme le sida et autrefois la syphilis, la tuberculose, la folie.
---le handicap physique, mental.
---les escroqueries, les faillites.


Les enfants savent.....

Un enfant sait inconsciemment ce que la famille tente de lui dissimuler et plus ce sera tu, plus cela devient dangereux pour le système. En fait, le secret en lui même, son contenu est moins dévastateur que ses conséquences ; les enfants sentent, perçoivent que quelque chose est “louche”, pas clair, “pas bien” par des mimiques, des mots ou des silences, des lapsus, des attitudes, en captant les sentiments de honte ou de culpabilité d’un parent. En fait, le secret distille sournoisement son venin dans l’inconscient familial, devenant de plus en plus toxique. Il crée des ruptures de communication, des ruptures d’élan vital,  des scissions et un éloignement entre les membres de la famille.

Les enfants ont une conscience aigüe de la globalité de leur système d’appartenance, ce qui fait qu’ils savent ; ils savent qu’il manque quelqu’un, qu’un grand père s’est noyé pour mettre fin aux douleurs intolérables que lui causait son cancer de la prostate ou qu’une aïeule était folle et a étouffé un de ses enfants. Ils savent mais sans pouvoir le nommer ce qui cause des identifications, des symptômes et comportements pouvant conduire à l’alcoolisme, la toxicomanie, la délinquance que les constellations mettent en évidence.

 Ce que les parents ou ancêtres n’ont pas mis en mots, les enfants le mettent en maux, condamnés à répéter jusqu’à ce les faits soient mis à jour, conscientisés, et les personnes concernées reconnues, inclues dans le système.

Comme le dit Didier Dumas, psychanalyste, “Ne pas révéler un secret de famille à nos enfants, c’est les condamner à répéter les fautes de leurs ancêtres. Il faut savoir que l’inconscient est transgénérationnel. L’enfant se construit par identification, c’est à dire en dupliquant littéralement l’inconscient de ses parents, avec son lot de représentation mais aussi de trous formés autour d’une absence de parole, de questions laissées sans réponse ou de secrets traumatiques. Le non-savoir nous condamne à nous heurter aux mêmes difficultés que nos parents ou grands-parents, et à ne pas pouvoir les dépasser.” (3)


Trois générations pour verrouiller un secret

En principe, le secret agit sur plusieurs générations. Il y a la génération qui n’a pas confronté l’incident traumatique et est donc génératrice du secret, prise entre le désir de dire et la peur d’avouer. Une attitude ambivalente qui crée des troubles dans la communication ce que perçoivent les enfants qui vont être perturbés . Deux mouvements contradictoires se heurtent -je dis/je dis pas- qui figent la personne, qui va avoir des comportements étranges, qui piégent une quantité importante de son attention.

À la deuxième génération, le secret est ignoré et devient innommable. Toutefois, les enfants le sentent et du coup vont se couper en deux : une partie qui sait que quelque chose est dissimulé et une autre partie qui veut ignorer et faire taire celle qui sait ; cela cause des conflits importants qui ont des répercussions graves sur la structure psychique des enfants qui iront jusqu’à manifester des troubles de personnalité et des symptômes graves.

À la troisième génération, le secret est plus refoulé et donc plus néfaste. D'innommable, il est devenu impensable, inconcevable !!! Ce qui va accentuer les symptômes, entraînant de la délinquance, de la toxicomanie, des cas de schizophrénie. La personne a un  ton chronique émotionnel bas avec de la dépression, des angoisses, des idées suicidaires, des pensées obsédantes qu’elle ne comprend pas et qu’elle ne peut maîtriser.



Les secrets dans une constellation

Lorsque nous mettons en place un positionnement et que quelque chose n’aboutit pas, que nous rencontrons un blocage que le constellant ne peut expliquer, alors nous émettons l’hypothèse d’un secret. Pour vérifier, l’animateur  demande au client de choisir une personne pour représenter le secret, ce que nous ne connaissons pas, en laissant le choix d’un représentant de sexe féminin ou masculin, ce qui peut déjà donner une indication.

Si l’hypothèse se confirme, nous avons accès à de nouvelles informations et le système va manifester des ressentis, des symptômes jusque-là incconu ; les représentants vont dire qu’ils ont peur ou qu’ils n’aiment pas ce qui se passe ou au contraire, d’autres vont éprouver du soulagement depuis que le secret est entré ; il n’est pas rare d’entendre un représentant   dire “maintenant je n’ai plus à m’en occuper, cela ne me regarde plus, je vais pouvoir être plus tranquille, je suis soulagé” ;  et les identifications apparaissent plus clairement : qui est possédé par le fantôme, à quelle génération.

Nous n’allons pas rentrer dans les détails du secret, l’objectif étant de voir, de comprendre que quelque chose de grave s’est passé,  un infanticide, un inceste, un viol ou une maladie mentale. L’important est de permettre  l’amorce d’un processus de désidentification des personnes concernées. 

Parfois, ce qui se montre dans la constellation semble trop lourd et nous introduirons deux personnes à cette place. Nous pouvons rencontrer aussi de la résistance à ce que le secret soit su, connu de la part du système ou d’un parent ; si cette résistance est trop importante, nous demandons une autorisation à la personne concernée et nous ne transgresserons pas sa réponse. Il est crucial de faire comprendre que nous ne voulons pas travailler contre cette personne, contre le système mais avec.

Il est des cas où le secret sera respecté. Nous amènerons le système à prendre conscience d’un secret, qui ne peut être levé pour le moment. Des phrases comme “je te vois, je sais qu’il y a quelque chose de grave mais pour le moment, je te respecte” permettront déjà d’alléger le contexte, de faire des premiers pas vers un autre possible. L’essentiel est de permettre à la personne de réaliser qu’elle est sous l’emprise de quelque chose qui vient de son système et qui lui fait faire des actions incompréhensibles, incontrôlables. Certains secrets restent secrets et l’accompagnement consistera à permettre au client de trouver un chemin en lui, pour s’approprier son histoire tout en évoluant vers son propre destin. L’important est qu’il réalise qu’il ne peut rien aux malheurs passés de sa famille et qu’il est temps de rompre avec cette loyauté et qu’il se retire de cette intrication.. Donner une place au secret, c’est déjà l’exorciser, lui ôter du mystère, donc du pouvoir.

La révélation est libératrice parce qu’elle permet de décharger une partie des ressentis négatifs. Elle permet surtout  d’identifier avec qui la personne est intriquée, pouvant ainsi se libérer du fantôme de l’ancêtre. Ainsi des répétitions, des émotions peuvent s’arrêter. Un enfant arrête de se droguer car les parents ont pris conscience et intégré dans leur tribu un grand père violeur ou une femme peut enfin être enceinte parce qu’elle a reconnu une aïeule qui avait tué trois de ses enfants. Cela permet d’accéder à un nouveau point de vue, un nouvel ordre qu’il appartiendra à la personne de réaliser, d’intégrer dan son quotidien.

Néanmoins, la révélation peut ne pas suffire ; ce sont souvent des blessures très profondes qui demandent  un accompagnement  soutenu afin que la personne puisse évacuer toute sa douleur et prenne conscience des croyances, des schémas, des programmes mis en place pour rester fidèles à son clan. Un travail sur l’arbre généalogique est des plus précieux. Il est important d’amener la personne à prendre conscience qu’elle n’a plus à porter un fardeau qui ne lui appartient pas et qu’elle doit le restituer à ceux qui en sont cause, en sachant que cela permet à tout le monde de retrouver de la dignité.


La révélation d’un secret n’est pas sans conséquences

Souvent le secret est caché par les parents, pensant, à tort, protéger l’enfant. Ils veulent éviter le mal, repousser le mauvais exemple par peur que l’enfant devienne comme l’oncle escroc ou alcoolique et violent comme le  grand père ; or ce sont justement ces conditions d’évitement qui entraînent les identifications. Rappelons que les constellations nous montrent que toutes les personnes nées dans un système ont le même droit d’appartenance, indépendamment de leurs qualités ou “défauts”. Mieux vaut dire la vérité, dire ses erreurs, ses fautes ou son chagrin ou pourquoi nous nous sommes trompés ; c’est cela qui arrête les répétitions.

Les enfants ont besoin de connaître ce qui les concerne et influe sur leur destin ; il est important qu’un enfant sache sa place dans la fratrie, s’il a des demis frères ou demies soeur, connaisse sa filiation, soit informé si un parent ou lui-même a une maladie grave. Il est nécessaire d’adapter le langage à son âge afin que les informations soient intégrables.

Pour autant, il est des choses qui ne regardent pas les enfants, comme la vie sexuelle des parents ou leurs difficultés de couple afin qu’ils ne se sentent pas responsables du bien-être des parents.

Révéler un secret ouvertement dans le système n’est pas sans conséquences ; cela demande du courage et la capacité à faire face aux conséquences. En effet, la révélation va perturber le système dans un  premier temps et cela suivant l’importance des actes et des personnes concernées. Si la constellation nous montre une direction pour aller mieux, elle ne résout pas tout.

Ainsi quelqu’un qui découvre que sa fille a fait l’objet d’attouchements sexuels de la part du grand père maternel va être bouleversé et a besoin d’avoir des explications et une reconnaissance de la part de l’auteur du méfait. Et là, les choses se compliquent parfois car la personne peut avoir du mal à assumer la faute dans la réalité ; elle peut même chercher des justifications et devenir agressive envers “ses victimes”.

Mais il y a des secrets qu’il est parfois urgent de dévoiler, pour sauver l’intégrité morale et physique d’un enfant, d’une femme maltraités. Suivant la gravité des faits, rendre connu le secret pourra être préparé, en évaluant les conséquences pour mieux les maniant. Cela demande de la diplomatie et une clarté dans les intentions qui conduisent à dire la vérité. Dévoiler un secret est le commencement d’un cheminement de réconciliation envers les protagonistes et envers soi qui demande du temps.

Chaque mensonge important dans notre vie actuelle
doit nous faire penser au fait que nous touchons,
sans le savoir la plupart du temps,
à des “noyaux” émotionnels constitués autour de secrets
parmi les plus importants de l’histoire de notre famille.
D’autre part, on peut dire que tout mensonge nous place “hors réalité”.
Être hors réalité, c’est être mort.
Se maintenir prisonnier de secrets de famille équivaut à un arrêt des processus de vie individuels
et l’on se trouve comme “possédé” par les difficultés ancestrales. (4)



Christiane Perreau


 

Bibliographie :
(1) l’Écorce et le Noyau Nicolas Abraham et Maria Torök
(2) Aie, mes aïeux Anne AncelinSchützenberger
(3) l’Ange et le Fantôme Didier Dumas
(4) Se libérer du destin familiale Elisabeth Horowitz
Le psychisme à l’épreuve des générations – Clinique du Fantôme S. Tisseron – M. Torök – N. Rand –
C. Nachin P. Hachet – J-Cl Rouchy











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Lundi 22 décembre 2008


Je remercie les personnes qui ont manifesté leur intérêt et leurs questions pour les textes sur la crise.

Je vous signale un article dans Nouvelles Clés
écrit par Marc de Smedt et Patrice Van Eersel http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=1611,
pour ceux qui souhaitent nourrir leur méditation, intitulé


Quel genre d'humanité traversera la crise ?

et où j'ai relevé ces phrases du
philosophe Roger-Pol Droit  :


"Le cours des événements nous échappe... ?
 Notre impuissance même devient un ancrage,
 et cette fragilité assumée se révèle être notre plus ferme assiette.
 L’endurance est notre sagesse."




Et si c'était cela un chemin de Sagesse, faire face à nos fragilités,
nos impuissances !

ou comme le dit Pierre Philippon dans ses voeux 2009

Tourner le dos à l'autre
À alter égo
Fuir les problèmes
c'est tourner le dos
À soi-même
Car tu es moi
Et je suis toi
Ne dis pas
Que ça ne se voit pas !

Et si en 2009
Quoi qu'il se passe
Nous faisions face !

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Vendredi 19 décembre 2008
Du silence naît tout ce qui vit et dure
car c'est le silence qui relie à l'univers, à l'infini
il est la racine de l'existence,
et par là, l'équilibre de la vie

Yehudi Menhui



Introduction de Christiane Perreau

J'ai pendant quelques années été nourrie par Le Jeu de Gestes et le Zen qu'enseigne Pierre Philippon qui reste une personne importante sur mon chemin spirituel. Ayant rencontré voilà 5 ans un autre chemin, celui de La Voie Directe, j'ai quitté l'enseignement de Pierre mais je lis toujours avec beaucoup d'intérêt son programme de stages dont l'introduction 2009 m'a particulièrement interpellée ; propos pertinents sur  la crise, les crises et le silence que je partage ; propos que je vous propose de méditer.

Le mot crise vient du grec krisis  qui signifie "décision, jugement" ;  toute crise nous amène à faire des choix, prendre des décisions qui implique de clarifier nos priorités, de laisser des projets, de changer de valeurs, de croyances, de comportements ; cela implique d'orienter notre attention sur des actions, des personnes qui ont plus d'importance pour nous et qui sont plus en accord avec nos objectifs, nos buts profonds. Cela implique fondamentalement de faire face à ce qui est., au lieu de se dérober, au lieu de chercher compulsivement une solution qui nous éloignera encore plus du problème d'origine. Faire face, remonter à la cause. C'est ainsi que nous pouvons  en  ressortir transformés, mûris.

Le monde actuel est en crise.....les finances, l'environnement, la santé.... et ce, malgré tout le développement technologique, scientifique de ces 50 dernières années. il semblerait que dans notre  expansion matérielle, nous ayons oublié l'essentiel, notre expansion de conscience et  qui nous sommes en Essence, "cet autre soi-même" qui est Silence, Amour et d'où "nait tout ce qui vit et dure" et que certains nomment Vacuité, Espace Conscient, Soi, Dieu. Autant d'expressions qui ne peuvent que refléter une expérience qui est hors du temps, au-delà de nos limites mentales habituelles, expérience du Non-Manifesté, de l'Innommable.

Il serait urgent qu'un nombre croissant d'entre nous travaillent à se clarifier, à s'éveiller
pour contrebalancer cette crise "économique et financière", ce déséquilibre vers toujours plus de croissance technologique que l'on tente toujours de colmater par des solutions génératrices d'autres problèmes. il serait urgent qu'un plus grand nombre entreprenne un  chemin de Pleine Conscience,  leur "révolution silencieuse" comme disait Krishnamurti.


************


La crise... les crises... et le silence

Chers amis,
Chers compagnons sur le chemin,

En cet automne 2008 on peut lire à la une de tous les journaux : « une crise économique et financière s’abat sur le monde. »

Ce qui caractérise une crise c’est qu’elle est brusque, intense, et qu’elle a des conséquences négatives... ou positives ! La chance - pour ne pas dire « la fonction » - des crises n’est-elle pas en effet que la personne qui la vit en ressorte transformée, plus consciente, plus mûre, plus responsable ?

Cette crise « économique et financière » permettra-t-elle à notre monde de mûrir et d’évoluer vers plus de justice sociale, plus d’humanité, de solidarité ? Ou au contraire va-t-elle creuser encore le fossé entre les pauvres et les riches ? Malheureusement tout porte à croire que le nombre des victimes de l’immoralité de certains responsables des mondes politique, économique et financier n’est pas prêt de décroître.

Sur le plan personnel, en arrière-plan de nombreuses crises se cache la plus grande de toutes : la mort, à laquelle personne n’échappe, bien que l’on rêve parfois d’y échapper. Le potentiel de maturation que
contient chaque crise réside précisément en cela : faire l’apprentissage de la mort, ou plutôt du « mourir », renoncer à ce qui était et que l’on souhaitait éternel. Comprendre cela, c’est réaliser que la fonction de la crise est aussi de permettre un passage, une transition nécessaire entre l’ancien et le nouveau, comme par exemple dans un accouchement, qui est une crise intense, violente, dans laquelle la future maman doit renoncer - elle n’a pas le choix - à l’ancien, l’état de femme enceinte, pour s’ouvrir au nouveau, au
nouveau-né, et à son nouvel état de mère.

S’il arrive que dans une crise il nous soit impossible d’agir sur la situation « extérieure », il est toutefois un
« lieu » sur lequel nous pouvons avoir une action : c’est nous- mêmes ! mais cela est difficile en temps de crise, car y dominent la dimension émotionnelle et la rumination mentale ; ce qui manque alors le plus c’est le silence. Il s’agit donc de ne pas attendre la crise pour agir sur soi-même en se mettant en chemin vers le silence. Ce chemin n’a jamais empêché personne de rencontrer des obstacles ! au contraire ! il est lui-même un obstacle car le silence nous montre à quel point nous sommes bruyants, dispersés, instables... c’est à dire porteurs de tout un potentiel de crise qui va exploser à la moindre occasion. Et la vie ne manque pas d’occasions ! S’entraîner au silence c’est se donner la chance de ne pas perdre le lien avec lui, même dans les situations les plus bruyantes de la vie, qu’elles s’appellent « trahison », « divorce », « maladie », « deuil » etc.

S’entraîner au silence développe l’aptitude au silence dont on a tant besoin quand on est en crise ; zazen est un entraînement au silence ; mais zazen n’est pas un « outil » pour faire face aux crises ! c’est une voie vers soi-même qui libère... de soi-même. Bien souvent en effet, comme cela se révèle lors d’une crise, on est prisonnier de soi-même, c’est à dire d’un ensemble de conditionnements, de réactions stéréotypées, de peurs, de colère, d’émotions de toutes sortes, de pensées sclérosées, de jugements figés qui tuent toute la créativité à laquelle le silence, au contraire, donne vie. Le silence auquel la pratique de zazen donne accès, libère de cette « illusion de soi-même », et met en contact avec un autre soi-même, que l’on est soi-même essentiellement, fondamentalement, un soi-même mystérieux, paisible, sans limite, et que l’on peut pourtant goûter, ressentir, parfois au cœur même des limites, parfois même au cœur des crises.

C’est ce silence qui est au cœur de l’accompagnement proposé à Paimbleau.

Pierre Philippon
paimbleau@orange.fr
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Jeudi 11 décembre 2008
Voici  le triangle de la compassion dessiné par Jacques,
un  lecteur des bulletins de La Voie Directe.
Merci Jacques pour ce beau dessin.

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Mercredi 10 décembre 2008
Introduction de Christiane Perreau

Les constellations nous montrent qu'un système perturbé, malade n'est plus en bonne communication. Elles nous montrent que des réalités n'ont pu être partagées (une rupture amoureuse, le décès d'un enfant, un avortement, la maladie d'un parent). Ces réalités douloureuses ont reçu de l'antipathie de la part du clan qui a cherché à repousser, loin de sa conscience, ce qui faisait souffrir, créant ainsi crée des ruptures de communication, de compréhension, d'affinités, d'élan avec nous-mêmes, avec les autres.

J'ai plaisir à vous communiquer le texte ci-après, écrit par Claude Louis, philosophe et enseignant de La Voie Directe qui explique comment le retour à la communication engendre la compréhension et l'affinité. Et cela aussi,  nous le constatons dans les constellations ; quand les choses sont dites, quelque chose s'apaise et circule à nouveau dans le système qui retrouve équilibre et compassion.

Bonne lecture !




Le triangle de la compassion

Nous avons dans notre enseignement un triangle (et même plusieurs) que nous appelons le triangle CCA ou triangle de la Communication/Compassion.

À la pointe du bas à gauche, on met le premier C qui veut dire Communication
À la pointe en bas à droite, on met le second C qui veut dire Compréhension.
Au point en haut, on met le A qui veut dire Amour ou plus exactement des degrés dans l’Affinité.
À l’intérieur du triangle, nous mettons Compassion ou Intégration qui est la véritable compréhension et l’amour inconditionnel.

Et ce triangle a pour objectif de nous montrer que tout ces éléments se tiennent.
L’amour (troisième pointe) est conditionné par la compréhension et éventuellement l’accord de la réalité (deuxième pointe), et que pour comprendre une réalité et éventuellement être d’accord il nous faut impérativement communiquer (premier C).

La porte d’entrée, qui nous mène à la compréhension et à l’amour vrai, est la communication.
Il n’est pas possible de vraiment décider de comprendre quoique ce soit sans communiquer.
Il n’est pas possible de vraiment aimer quoi que se soit sans cette compréhension.
Je rappelle que comprendre, c’est prendre avec soi, et prendre avec soi, ne faire qu’un avec ce qui est, est peut être la définition la plus profonde de l’amour.

En plus, ce triangle n’est pas statique ; quand on communique vraiment (et non pas du simple bavardage) et plus on communique, plus on comprend les autres, les réalités du monde extérieur ou intérieur, et plus on l’aime.

Et plus on aime ce qui est, plus on a la passion de communiquer encore plus, afin de comprendre encore plus, afin d’aimer plus... Ce qui nous amène à communiquer encore plus... Etc.

Communication > compréhension > amour... = Communication + > compréhension + > amour + ... = Communication + + > compréhension + +  > amour + + ... = + + + +  > + + +  > + + +  ... Etc.

Donc, ce triangle peut s’agrandir et dans ce cas l’intérieur du triangle, là où se trouve la compassion, va aussi s’agrandir, jusqu’a peut être un jour être dans l’amour inconditionnel envers toute chose. Ce triangle nous montre où nous en sommes sur notre chemin, qui devrait être un chemin d’intégration.

Mais ce triangle peut aussi se rétrécir !
Moins communiquer avec une personne ou avec une réalité physique ou virtuelle (un trauma par exemple), c’est la garantie de moins comprendre la personne, ou la réalité physique ou virtuelle (notre trauma) ce qui fait qu’on va moins aimer cette personne ou la réalité physique ou virtuelle (notre trauma...)  Qui lui aussi ne va pas beaucoup nous aimer !). Et donc, nous aurons encore moins envie de communiquer, donc moins de compréhension et moins d’amour... Et donc... Etc.

Moins de Communication > moins de compréhension > moins d’amour... = Communication - > compréhension - > amour - ... = Communication - - > compréhension  - -  > amour  - - ... =  - - -  > - - -   > - - -  ... Etc.

Dans cet exemple, l’intérieur du triangle va se rétrécir et notre compassion, ainsi que l’intégration du monde extérieur et intérieur, va se rétrécir jusqu’à ce qu’un jour nous n’ayons même plus de compassion pour nous... simplement parce que nous ne nous comprenons plus, et nous ne communiquons plus vraiment avec nous et notre compassion qui est Espace-Conscience s’est transformée en masse... Nous sommes devenus de la masse. Et dans cet exemple, il y a séparation d’avec le monde, c’est le contraire de l’intégration et de l’amour.

Et voilà un des mécanismes qui forme l’inconscient, le Réseau des incidents traumatiques et ses masses qui nous apportent mal-être et mal-à-dit et nous éloignent du Soi, de notre Vraie Nature.

Pour bien comprendre ce triangle, faites un dessin et envoyez-le-moi.

Bonne méditation

Claude Louis


Pour se comprendre lui-même, l'homme a besoin d'être compris par un autre.
Pour être compris par un autre, il lui faut comprendre cet autre.
Hora


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Mardi 9 décembre 2008
Question d'un lecteur :

Je reçois régulièrement les newletters et suis très intéressé par les différents aspects de ce qui est traité. Mais j'aimerai savoir comment vous pouvez authentifier tous ces renseignements, sur quelle base ?
Merci pour votre réponse.



Réponse de Christiane

Pour diffuser les informations qui paraissent dans ce blog, je m'appuie sur les travaux de Bert Hellinger, thérapeute allemand qui a mis au point la méthode des constellations familiales dans les années 80. 

Cette méthode a fait l'objet de nombreuses recherches par Bert Hellinger, mais également d'autres thérapeutes  allemands dont Gunthard Weber, "systémicien réputé de l'école de Heidelberg" qui a joué un rôle primordial pour faire connaître les constellations aux thérapeutes familiaux.

D' autres thérapeutes ont beaucoup apporté aux constellations, comme Hunter Beaumont, Albrecht Maar, Jakob Schneider, Leila Guni Baxa, Mathias Varga von Kibéd. (Je cite ces personnes avec qui j'ai eu l'occasion de travailler mais il y en a d'autres).

Depuis bientôt 30 ans, chacun continue d'observer la réalité des concepts énoncés, concepts basés sur les expériences, recherches et observations faites maintenant à travers le monde entier afin de faire évoluer cette nouvelle approche.

Les travaux de Bert Hellinger ont été influcencés par ceux de nombreux chercheurs et thérapeutes dont je ne citerai que quelques uns :

* les thérapies familiales avec la méthode des reconstructions et sculptures familiales de Virginia Satir
Ce sont aussi les travaux de Grégory Bateson, du Mental Research Institute (MRI)

* la thérapie primale d'Arthur Janov

* l'analyse transactionnelle d'Eric Berne

* l'hypnose Éricksonnienne

* le psychodrame de J.L. Moreno

* la Gestalt de Fritz Perls

* l'école de Milan qui répand dans les années 70 la thérapie familiale et systémique en Europe

* Boszormenyi-Nagy qui fit le lien entre un comportement pathologique et les loyautés  envers le système.

* Anne Ancelin-Schützenberger à l'origine de la psychogénéalogie.

Par ailleurs Bert Hellinger, avant d'être thérapeute systémique, a étudié la philosophie, la théologie, la pédagogie. Il est d'abord psychanalyste et son travail en groupe est influencé par l'Analyse transactionnelle, l'Hypnose. C'est seulement après avoir découvert la méthode des sculptures familiales qu'il "acquiert la conviction que les participants fonctionnent comme des "récepteurs". Il raconte comment, lors d'une séance, il a été submergé par une émotion intense parce qu'un participant a tout simplement modifié sa position. il sait intuitivement que cette émotion le lui appartient pas, mais qu'il a capté là quelque chose qui concerne cette autre famille." (1) Ce sont les prémices de cette  méthode originale que ce sont les constellations.

Je m'appuie également sur ma propre observation dans ma pratique des constellations et sur mes propres recherches et formations tant dans le domaine de la psychologie que du spirituel.

Ainsi la métapsychologie éclaire mes propos ; la métapsychologie est une science de la Conscience. En effet, la psychologie traditionnelle s’occupe essentiellement du comportement, de la personnalité alors que la métapsychologie  inclut celui ou celle qui a ce comportement et a pour objectif de permettre à une personne de retrouver la maîtrise de son propre univers mental en développant des aptitudes comme l'attention, l'intention, la Présence.  L’objectif n’est pas uniquement d’aller bien mais de découvrir quelle est notre Vraie Nature.

En constellations, il y a une règle qui est d'émettre une hypothèse à partir de ce qui est observable quand le client vient de positionner ses représentants ; cette hypothèse s'appuie sur ce qui est perçu, vu, observé, là dans le temps présent, et puis sur la connaissance des lois fondamentales qui régissent les systèmes.

Ensuite nous vérifions cette hypothèse et si cela ne marche pas, nous émettons une autre hypothèse. Comment repérons-nous que cela marche ou pas ?

1) le retour des représentants : ils se sentent mieux, cela devient plus léger.

2) le retour du constellant : ce qui est montré a du sens pour lui, le touche ; il entend des mots ou voit des attitudes qu'il connaît de ses parents par exemple ou de lui-même. et cela est important car les représentants ont u minimum d'informations sur les personnes qu'ils représentent. je rappelle que l'interview est court et il n'est pas axé sur les comportements. il est orienté sur les faits que sont les événements majeurs et les personnes appartenant au système.

3) le déroulement de la constellation en elle-même : c'est à dire que l'image finale appelée solution s'impose presque au faciliteur. il y a un mouvement qui se dégage du système et que nous suivons et qui donne un soulagement à l'ensemble des représentants et permet au constellant d'obtenir une nouvelle compréhension de lui dans son système ce que préconise le code de déontologie de la FFPCS (Fédération Française des Praticiens de Constellations Systémiques) en ces termes :

Les constellations systémiques visent entre autres choses, la compréhension - au sens premier latin cum prendere, prendre avec - des personnes, des liens, des destins des objets ou des faits, qui auparavant n’étaient pas perçus dans le système relationnel concerné.
Cette démarche peut éventuellement mettre à jour des dynamiques psychologiques ou systémiques qui auparavant étaient de l'ordre du non-dit ou de l'impensé.

Cette vision du système ouvre aussi souvent une nouvelle perception de ses propres émotions et ressentis et de celles des membres du système relationnel concerné.


J'invite tout lecteur à faire par lui même ses expériences, ses recherches, à vérifier ces informations et à participer au moins une fois à un atelier de constellations. Les concepts ne sont pas les expériences. Seule l'expérience donne une idée précise de ce que peut être une constellation et de ce qu'elle peut apporter.


Participer à une constellation est une expérience remplie d'authenticité....

Toutefois, il est évident que je porte seule l'entière responsabilité de mes propos et d'éventuelles erreurs sur les sujets abordés. Et pour conclure,  je suis toujours prête à accueillir d'autres points de vue propices à mon enrichissement.

Christiane Perreau


 

C'est la théorie qui décide de ce que nous sommes en mesure d'observer

Albert Einstein





(1) Constellations systémiques - Pratiques et perspectives - Constanze Potschka-Lang - Dr Mathias Engel












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Samedi 6 décembre 2008
La compréhension est le plus grand cadeau
 qu'un être humain puisse faire à un autre.

Christine Orban


Le terme Constellation  Familiale vient de l'expression allemande "Familienaufstellung" qui signifie littéralement "placement ou positionnement de la famille". Comment agit ce placement ? Même si cela reste encore difficile à définir, j'émets l'hypothèse qu'il y a plusieurs niveaux d'actions dont voici quelques uns.

***
processus de désidentification de la personne avec qui le constellant ou client est intriqué.
En effet quand une personne a pris une partie des identités d'un de ses parents ou ancêtres, elle en éprouve les sentiments, sensations, symptômes ; cela va même jusqu'à  prendre la maladie voire la mort d'une autre personne.

La personne qui prend conscience  de ce phénomème aberré va se retirer peu à peu de ce piège.  J'ai plusieurs fois vu des personnes identifiées à un de leurs parents qui étaient morts prématurément, par accident, maladie, suicide, qui portaient en elles une envie de mourir dont elles ne mesuraient pas l'ampleur. Elles pouvaient dire être attirées par la mort sans réaliser à quel point leur existence était en danger. Ces personnes restent au niveau conceptuel, sans  être en contact avec  ce qui les habitent car c'est trop douloureux. Elles sont coupées d'une grande partie d'elle-même.

Leurs souffrances liées à leurs intentions non abouties sont protégées par une barrière de refoulement qui permet de survivire, mais avec beaucoup d'inconscience. 
D'autres personnes, bien sûr, sont conscientes d'avoir des pulsions destructrices et luttent désespérément pour ne pas passer à l'acte.

Le placement les sort en quelque sorte de leur transe hypnotique. En effet, les grandes souffrances et tout le refoulement qu'il y a autour constituent une zone de confusion, quasie inaccessible, qui empêchent d'être conscient de ce qui est. Il faudrait beaucoup d'attention disponible pour qu'une personne seule puisse observer les rouages de son système.

Le placement met de la masse sur une zone qui était jusque là virtuelle, impalpable. Il extériorise l'intrication avec de la masse (les représentants ou les symboles) et de l'espace.
C'est un peu comme si nous démêlions des pelotes de laine enchevêtrèes, compactées et donc inutilisables. Si nous commençons à dénouer les noeuds, déméler les fils, nous y verrons plus clair et les fils deviendront utilisables.Les informations qui constituent la confusion, l'inconscience même, deviennent accessibles, lisibles. il y a une sorte de révélation.

Ainsi la personne va voir ce que jusqu'ici elle n'a pu imaginer, soupçonner et elle va commencer à le confronter.  Confronter, c'est faire l'expérience de ce qui est, les douleurs, les émotions négatives, les intentions refoulées.

Ainsi,  la personne va retirer de nombreuses unités d'attention investies à sauver, faire à la place de quelqu'un, à résister à telle personne du clan jugée dangereuse. La personne commence à prendre du recul par rapport à son histoire, obtenant un nouveau regard sur celle-ci.

***amélioration du ton émotionnel chronique donc de l'énergie ; une personne qui est prise dans une intrication est  souvent submergée de ressentis négatifs auxquels elle résiste de son mieux et qui font que son ton émotionnel habituel  est bas : peur, tristesse, chagrin, apathie. Tous les ressentis qui tournent autour de la colère contiennent un peu plus d'énergie.

Ces émotions sont ce que le petit enfant a vécu en percevant  papa déprimé ou pris dans des crises de folie ou grand père soumis à des pulsions incestueuses ou maman démunie, affolée alors qu'elle était  enceinte de lui ; ce sont aussi les émotions que le système n'a pas vécues et qu'il a refoulées. Les familles n'ont pas toujours les moyens d'éprouver en temps réel le chagrin, la tristesse dûs à la mort d'un proche ou de ressentir la terreur et le rejet qu'a provoqués, dans une lignée de femmes, une aïeule folle ou ayant commis un infanticide.

Si ces incidents avaient été pleinement vécues, ils n'auraient pas créé de désordre et il n'y aurait pas besoin de s'identifier aux personnes exclues parce que folles, malades physiquement ou psychiquement.

La constellation permet de faire du tri : elle permet de s'approprier ses propres ressentis et de restituer ceux qui appartiennent à d'autres. Ainsi le client va ressentir un soulagement parce que beaucoup de charges émotionnelles sont dissoutes ; souvent il a l'impression de se débarrasser d' un lourd fardeau.

***conscientisation de la décision source de l'intrication ; cette décision prise souvent dans la petite enfance est totalement oubliée par la personne ; un enfant a beaucoup d'unités de vie, d'attention  disponibles et ses décisions sont puissantes. Elles ne sont ni révisées, ni annulées  par la suite ; elles sont plutôt oubliées tout en restant actives tant qu'elles ne sont pas conscientisées. Des personnes de 50, 60 ans voire plus découvrent, avec  consternation, qu'elles ont sacrifié une partie de leur existence pour une intention de mourir à la place de maman morte dans un accident ou de la petite soeur morte à la naissance. Elles ne savaient pas, jusqu'à ce positionnement,  que leur existence étaient déterminée par une décision, comme les hommes sont dangereux, le sexe est dangereux, je vais partir à ta place, papa, je vais payer pour toi, je ne serai pas plus heureuse que maman, etc. Elles constataient des effets dans leur vie qu'elles ne pouvaient relier à leurs causes.

Plus le client pourra intégrer toutes les informations qui émergent de sa constellation, accompagnées de la décision fondatrice du chaos, plus il sera en mesure de se désidentifier, de retrouver ses propres intentions, son propre potentiel à créer.
Il devient alors plus stable, plus serein, plus énergique, profitant de la vie. Les personnes deviennent actrices de leur existence au lieu de la subir.  Comme l’écrit Constanze Potschka-Lang “Les pensées, sentiments et actes du client peuvent maintenant s’orienter vers une nouvelle structure. L’équilibre est rétabli”. Effectivement, toute l'attention qui était prisonnière de l'intrication,  consciemment et inconsciemment, est de nouveau disponible pour le temps présent.

***rétablissement de l'ordre dans le système
C'est un effet majeur du positionnement que de remettre de l'ordre, c'est à dire que chacun retrouve la place qui lui revient suivant l'ordre d'arrivée dans le clan. Ainsi, un enfant qui se croit et se vit comme le 3ème de la fratrie parce que la première soeur de la fratrie, morte-née et occultée par les parents trop éprouvés, ne peut se sentir à sa place, dans sa fratrie, dans son existence. Il en est de même lorsqu'un homme oublie de reconnaître qu'il n'est pas le premier compagnon de sa femme mais le 3ème par exemple. Il oublie qu'il a sa place parce que d'autres hommes ont laissé la leur. Ou bien lorsqu'un enfant vient prendre la place du père auprès de la mère, frustrée de ne pas avoir l'homme qu'elle espérait ou désespérée que son mari soit mort trop tôt. Rien que le fait de remettre les personnes à leur place libère beaucoup de tensions, de confusions.


Le processus va agir sur la personne qui fait sa constellation mais également sur son entourage sans pour autant que celui-ci ait été informé du travail.  Des relations de couple vont devenir plus fluides, des enfants vont changer de comportements, des ennemis vont se réconcilier.

Toutefois, si la personne n’est pas prête à accepter la "solution" (en allemand le mot solution implique l’idée de détachement des structures erronées et handicapantes), ou plutôt la direction qui est montrée, le travail ne portera pas ses fruits. Pour certaines personnes, ce qui se montre est encore trop loin de leur seuil de conscience et elles ne peuvent s'approprier ce scénario inédit.

Certaines solutions demandent des changements  radicaux  qu’il est difficile de mettre en place car ils bouleversent le sentiment de bonne et mauvaise conscience qui détermine les valeurs et actions de la personne. Par exemple, quelqu’un qui sacrifie sa propre existence depuis 50 ans pour sauver sa mère, peut avoir du mal à lâcher ce conditionnement du jour au lendemain. Elle peut ressentir comme une trahison vis à vis de son système ou de la personne qu'elle tente de sauver.
C’est ce qui se passe souvent dans des cas de maladies graves : cancers, anorexies, boulimies.
Comme  le rappelle Bert Hellinger  “la question est de savoir si l’âme suivra et si l’on est prêt à laisser derrière soi les bénéfices secondaires de la souffrance. C’est parfois très pénible”.

Il se peut que ce soit un peu tôt dans l’histoire de la personne ; c'est comme si nous faisions accouchement prématuré....il faudra reprendre ce travail encore, voire qu'il soit soutenu par un travail de psychothérapie, d'accompagnement.

Pour d'autres, ce sera sans effet : juste cela crée une ouverture ou une nouvelle vision des relations et des souffrances humaines.

Enfin, pour d’autres,  il suffit d’assister ou de participer à une constellation pour que des prises de conscience importantes se fassent et amènent une transformation salutaire.

La constellation est un accélarateur de prises de conscience donnant accès à des points de vue inconnus.
Elle amène de nombreuses compréhensions sur nos difficultés et celles de notre clan, procurant ainsi un apaisement, une réconciliation.

Cette réconciliation se fait d'abord en nous car cette notre façon de voir, d'interpréter notre famille, notre système, le monde qui nous fait souffrir. En comprenant les causes et les effets de ces souffrances, nous pouvons les prendre avec nous, nous pouvons prendre notre système qui devient alors une source de forces. Il y a de la compréhension et cette compréhension est amour. La constellation permet d'élargir notre vision à quelque chose de plus holistique, de plus grand que nous. Cela permet de sortir de notre prison psychologique étriquée. Chaque constellation devient ainsi un moment d'humanité.

Christiane Perreau



Chacun, quelle que soit  sa vie, devait faire tout ce qui était en son pouvoir
pour se débarrasser de ses propres fardeaux et malédictions
 afin de ne pas avoir à les charger, à l’instant de quitter ce monde, sur le dos de son propre fils...
Nos peines ne s’effacent pas avec nos existences,
elles demeurent vivantes
et nos enfants en héritent aussi naturellement que l’on hérite d’un terrain ou d’une maison lézardée.
                  Les 7 plumes de l’aigle   Henri Gougaud


Par Christiane Perreau - Publié dans : Constellations familiales et systémiques
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Vendredi 5 décembre 2008



Si la famille d'origne est placée
,
 il ne s'agit pas de mettre en lumière la multitude des liens familiaux,
mais seulement l'intrication majeure dans laquelle le client est pris et qui absorbe son énergie.
Ici, il convient, en particulier, de voir quels sont les liens avec des membres de la famille exclus ou mort prématurément.

Si la famille actuelle est placée,
le but est de donner à un conjoint ou à un amour antérieur la place qui lui revient,
 de clarifier la relation de couple
 et/ou la relation entre parents et enfants.


Manuel des constellations familiales
Bertold Ulsamer
Ed. Jouvence


******************************
Dates à retenir :

restauration du mouvement interrompu vers la mère
31 janvier - 1er février  2009
Tours
consultez la rubrique page pour en savoir plus
ou adressez un courriel à jenous@free.fr



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Si nous regardons notre histoire toujours avec le même point de vue,
nous avons toujours la même histoire.
Si nous regardons notre histoire avec de nouveaux points de vue,
nous pouvons découvrir une histoire inédite et ainsi,
élaborer de nouvelles stratégies pour créer l'existence que nous souhaitons.
Les constellations permettent de découvrir très rapidement des points de vue totalement nouveaux.
Ce sont des accélérateurs de prises de conscience, de compréhensions
qui permettent  d'intégrer des zones de notre histoire inconnues jusqu'ici et
donc de devenir entier.
Christiane
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