Vendredi 13 novembre 2009
Voir notre vraie nature,
c'est entrer dans la vision de la non-matérialité,
dans la non-âme, le non-esprit, le non-corps.
Douglas Harding
Renaître à l'évidence
Constellation et Éveil à sa vraie nature
Toutefois, même s’il est question de « grande Âme » ou de Tout, il me semble que peu de personnes du monde des constellations ait le concept d’éveil à sa Vraie Nature. Or, selon ma conception, un
chemin spirituel devrait inclure cette donnée de façon claire. Et le but des constellations n’est pas de s’éveiller à notre Essence, à la Vacuité que nous sommes, même si cela peut arriver à toute
personne, qu’elle soit cliente, représentante, animateur au cours d’un stage ou même à tout moment de son existence. Et pour savoir que nous nous éveillons à qui nous sommes fondamentalement,
encore faut-il en avoir le concept !
D’ailleurs s’éveiller à sa vraie nature est un fait naturel. Il se pourrait que ce soit alors la Conscience qui prenne conscience d’elle-même dans le Ici et Maintenant.
Cette Conscience sans contenu n’a ni passé ni futur. Elle est ICI et s’éveiller à cela, c’est en faire l’expérience directe, immédiate. C’est une expérience qui court-circuite le mental, nos
fonctionnements habituels, nos identités existentielles.
La question est que cela ne dure que quelques instants, quelques heures, quelques semaines pour la majorité d’entre nous. En quoi les constellations pourraient nous faciliter cet éveil ?
Si nous ne pouvons stabiliser cet éveil, c’est-à-dire maintenir la conscience de qui nous sommes, c’est que nous sommes identifiés à des traumas, pris dans des cycles non aboutis, des intrications,
des charges émotionnelles et des intentions contradictoires qui aspirent toute notre attention et nous empêchent de voir que nous sommes celui ou celle qui fait exister les choses en les
nourrissant d’attention.
D’où l’importance de toute approche qui permet de réduire nos traumas, dénouer nos identifications compulsives qui nous font créer un futur à l’identique de notre passé. Toutes les expériences
douloureuses que nous n’avons pu intégrer constituent une « masse » dans la conscience que nous appelons inconscient et qui détermine nos existences. La constellation étant un outil qui permet de
se désidentifier d’intrications, d’identités va donc réduire la confusion et participer à ce processus de clarification. Mais la constellation a ses limites et ne peut tout solutionner.
La constellation pourrait nous apprendre une chose fondamentale, à savoir que nous ne sommes pas ce à quoi nous nous identifions. En effet, la Conscience sans contenu donne existence aux choses,
aux réalités en s’identifiant. Ainsi nous sommes identifiés à nos corps, nos émotions, notre mental, nos amours, nos rancoeurs….
Or la constellation nous donne l’opportunité de vivre une expérience pas banale et en toute conscience ; en effet un représentant va, durant un séminaire, plusieurs fois s’identifier tour à tour à
des personnes mortes ou vivantes, à des concepts comme la maladie, la mort, l’ordre, la connaissance, les forces de vie et il va en sortir. C’est-à-dire qu’il fait l’expérience de différents états
d’être puis reprend ses identités habituelles.
N’est-ce pas étrange cette capacité à représenter quelqu’un ou quelque chose puis à s’en retirer, le plus simplement du monde. Tout le monde sait faire cela. Pas besoin d’apprentissage.
S’identifier est une aptitude naturelle ; d’ailleurs la majeure partie de nos apprentissages, nous les avons faits par identification ; c’est le mode d’apprentissage des enfants, de la Vie ! Le
problème pourrait être que cette aptitude ne soit pas maîtrisée. Et en ce sens, les constellations représentent un excellent entraînement.
Et nous pourrions concevoir qu’à force de s’identifier et de désidentifier, quelqu’un pourrait prendre conscience qu’il n’est rien de tout cela, qu’il n’est pas tous ces rôles y compris qu’il n’est
pas son corps, ses émotions, son histoire, son mental, son esprit ou son âme. Il pourrait prendre conscience qu’il n’est ni ceci ni cela mais fondamentalement celui qui prend conscience, celui qui
définit, celui qui s’identifie, celui qui élimine, celui qui ressent ; il pourrait prendre conscience qu’il est la source créatrice de son destin et qu’il est fondamentalement la Vie.
C’est le propre de la Vie de s’identifier…. Sauf que la vie que nous sommes se fait piéger par la souffrance et le plaisir. En effet, ce qui lui est agréable, elle souhaite le faire persister
et ce qui lui est désagréable, elle ne le confronte pas, le refuse, le refoule, créant ainsi des couches d’illusions, de l’inconscience et de l’aberration. L’existence avec ses objectifs et ses
buts dure plus qu’une constellation et la Vie pourrait se perdre dans des cycles multiples non terminés qui l’éloignent sans cesse de qui elle est. La Vie ou la Conscience sans contenu se perd dans
la jungle des contenus de conscience qui n’en finissent pas, d’autant que nous avons du mal à clore nos cycles. Ainsi la Vie se piège t-elle dans le monde de la dualité et se rétrécit à
l’existence, au monde de la forme et du nom, au monde limité, elle qui était illimitée….
Le propre d’une constellation est d’intégrer de nouveaux points de vue, d’élargir le champ de conscience d’une personne, d’un système. En effet, elle englobe les opposés, inclut les bourreaux, les
victimes, les morts, les vivants, les identités contraires ; elle nous fait sortir d’un point de vue étriqué pour nous accorder à ce qui est, pour reconnaître ce qui a été quoique ce soit (viol,
inceste, infanticide, trahison), sans jugement, ouvrant ainsi une voie qui rassemble et unifie ce qui semblait inconciliable. En ce sens, la constellation œuvre vers le non-duel, particularité de
la Conscience sans contenu.
Ce que j'appelle la vision parfaite n'est pas
voir les autres, mais soi-même
Chouang-Tseu (IIIè siècle avant JC)
(à suivre)
Christiane Perreau
Jusqu'à présent,
vous vous êtes considérés comme étant le corps
et ayant une forme.
Là réside l'ignorance fondamentale
et la cause première de tous les maux
Ramana Maharshi
Et qu’en est-il de la « grande Âme » ?
Même si Bert Hellinger ne semble pas utiliser ces termes, ma compréhension actuelle de la « grande Âme » serait qu’elle correspond à ce que certaines voies spirituelles appellent Statique de Vie,
Dieu, Conscience sans contenu, Vide, Tout dont émane toute chose et qui donne vie à (anime) tout ce qui est manifesté. Difficile de définir cette conscience sans forme, mais pour mieux
en saisir la nature nous pourrions dire qu’elle est espace conscient, éternité, amour, présence, unité, qu’elle n’a ni commencement ni fin. Cette conscience sans contenu serait donc d’une toute
autre nature que l’univers physique ou mental.
Bien que Bert Hellinger n’emploie pas le terme de « grande âme » dans le passage suivant, « l’âme donne vie. Tout ce qui s’anime de l’intérieur, se forme, se développe puis disparaît, est
conduit par l’âme. L’âme se dirige dans l’espace et le temps vers des objectifs qui correspondent à un ordre donné dans des circonstances données.(5) », j’émets l’hypothèse que c’est ce dont
il parle.
Et lorsque Bert Hellinger évoque l’âme, les mouvements de l’âme ainsi que trois niveaux de conscience que sont la conscience familiale, la conscience systémique et la conscience supérieure, nous
pouvons comprendre qu’il s’agit des contenus de conscience de la Conscience sans contenu et donc des manifestations de la
« grande Âme ».
En ce sens, les constellations ont effectivement à voir avec ces réalités immatérielles qui n’appartiennent pas au monde physique, à la matière. Quand nous représentons une personne décédée ou
vivante, un pays, un concept, une émotion, un système, il s’agit bien de mettre à jour des contenus qui ne sont pas corporels, même si cela passe par un client qui a un corps, un esprit et des
représentants qui servent de capteurs au champ de conscience qui va être représenté.
Tout ce que les constellations nous montrent, ce sont des mouvements -mouvements de l’âme selon l’expression de Bert Hellinger- qui étaient jusqu’alors invisibles dans le monde objectif même si la
personne pouvait en constater les effets (j’ai l’impression de vivre des sentiments qui ne m’appartiennent pas, je n’ai pas ma place, j’ai une maladie, etc.). Ainsi la constellation
objective ou met de la masse sur les mouvements de l’esprit d’une personne, ses intentions, sur les dynamiques qui meuvent son système familial comme l’identification inconsciente à une autre
personne, l’exclusion, le déséquilibre entre prendre et donner ou dans l’ordre d’ancienneté.
Avoir introduit la notion d’âme dans la méthode des constellations, considérée par beaucoup comme une thérapie brève est un phénomène nouveau. En effet, depuis un siècle, cette notion a
plutôt été mise de côté par les thérapeutes (à quelques exceptions près, dont C.G. Jung) tout comme par le monde médical ou scientifique. Ainsi la constellation nous conduit à prendre
conscience que nous appartenons à des systèmes beaucoup plus grands que nous en tant qu’individus se vivant séparés voire isolés des autres, du Tout.
Soyez intéressé par vous-même plus que toute autre
expérience,
Soyez avec vous-même, aimez-vous vous-même ;
La sécurité ultime se trouve seulement dans la connaissance de
soi.
Soyez honnête avec vous-même et rien ne vous trahira.
Nisargadatta Maharaj
(à suivre)
Christiane Perreau
(5) B. Hellinger Entlassen werden wir vollendet cité p. 117 dans Constellations systémiques – C.Potscka-Lang et M. Engel
Par Christiane Perreau
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Libérez vous du nom et de la forme.
Que reste-t-il ?
Le vide…
mais ce vide est plein à ras bord, il est très habité.
Nisargadatta Marahj
Constellations et Spiritualité
Bert Hellinger et plusieurs constellateurs évoquent les constellations en termes de processus spirituel. Récemment au 2ème Congrès des Constellations organisé par la L.U.S en Alsace,
j’ai à nouveau entendu de tels propos et je me suis demandée en quoi les constellations pouvaient avoir quelque chose de spirituel.
Nous utilisons souvent des mots sans vraiment clarifier les concepts qu’ils représentent ce qui risque de créer des incompris et de la confusion mentale ; j’ai donc eu le goût de me clarifier et de
partager avec vous mes réflexions. Elles ne sont ni exhaustives ni définitives ; elles ne sont qu’une facette de ma réalité actuelle, de points de vue du moment qui laisse une ouverture à tout
changement et toute nouvelle pensée.
Comment définir ce qui est spirituel de ce qui ne l’est pas ?
Quelle est la définition de spirituel ?
Spirituel vient du latin spiritalis « propre à la respiration » « immatériel »
Le petit Robert dit :
1. Qui est esprit, de l’ordre de l’esprit considéré comme un principe indépendant
2. Propre ou relatif à l’âme, en tant qu’émanation et reflet d’un principe supérieur, divin,
3. Ce qui appartient à la nature immatérielle de l’âme, opposé au corporel et ce qui concerne l’âme en tant qu’émanation ou reflet d’un principe supérieur
4. Qui est d’ordre moral, n’appartient pas au monde sensible, à la matière physique
L’esprit serait donc le monde des réalités virtuelles, des pensées, des croyances, des schémas mentaux, des dogmes, des religions, des philosophies, des points de vue ; l’esprit est le monde du
mental et ce monde ne se limite pas à l’intellect mais englobe des contenus de conscience personnels, familiaux mais aussi culturels, religieux, politiques propres à l’humanité. L’esprit d’une
personne est donc encadré par l’esprit de son système familial, des groupes auxquels elle appartient, du pays dont elle est issue et du champ de l’humanité.
Alors qu’est ce que l’âme par rapport à l’esprit ?
La racine latine est anima qui veut dire souffle, air et qui s’oppose à corpus = corps.
Le petit Robert la définit ainsi
1. Principe spirituel de l’homme, conçu comme séparable du corps.
2. Principe de la vie morale, conscience morale
3. Ensemble des fonctions psychiques et des états de conscience
4. Ensemble des états de conscience communs aux membres d’un groupe.
Constance Potschka-Lang et Mathias Engel ont tenté eux aussi de définir cette notion dans leur livre Constellations systémiques et citent le Duden (1):
« le terme de « Seele(2) », (…) issu de l’allemand ancien est probablement un dérivé de « See »(3) et signifierait à l’origine « appartenant aux eaux du lac ». Selon une
ancienne croyance germanique, l’univers aquatique était la demeure des âmes, avant la naissance et après la mort . »(4)
Ils citent également l’encyclopédie Brockhaus
« l’âme, principe métaphysique de la vie, représenté comme force de vie ou porteur de vie. Selon certaines écoles de croyance, l’âme se séparerait du corps ou s’incarnerait dans d’autres
êtres au moment de la mort (migration de l’âme). Aristote distinguait trois univers de l’âme : l’âme végétative (métabolisme, reproduction), l’âme sensitive (perceptions, sensations) et l’âme
rationnelle (raison, esprit). »
Ainsi âme et esprit ont-ils des points communs et pourraient être de nature similaire. Ils appartiennent au monde virtuel, immatériel et j’émets l’hypothèse que l’âme pourrait désigner une partie
de l’esprit qui est un vaste monde que nous avons du mal à imaginer, concevoir. L’âme, partie intégrante de l’esprit, pourrait être comme une interface que chaque personne a et qui lui permet de
faire un lien entre le monde physique fait de masse, d’énergie, d’espace et de temps et le monde de la Vacuité, terme utilisé par les bouddhistes, que d’autres nomment Conscience sans contenu,
Non-Manifesté, Non-Chose, l’Être, le Soi, la Vie et qui est notre Vraie Nature.
(à suivre)
Christiane Perreau
(1) Duden Etymologie, volume 7 p.112 de Constellations systémiques – C.Potscka-Lang et M. Engel
(2) l’âme
(3) le lac
(4) Même si l’on ne retrouve pas l’univers aquatique dans l’étymologie du mot français « âme » (qui lui évoque le « souffle vital », le domaine du vent), il nous a paru intéressant de garder
dans cette traduction la référence à « See », le lac et à d’anciennes croyances germaniques.
p.113 Constellations systémiques – C.Potscka-Lang et M. Engel
Par Christiane Perreau
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Comme disait une participante du congrès, «nous ne sommes que mouvements
interrompus». Ils sont quasi inévitables, mais il ne s’agit pas de les nettoyer tous, une vie n’y suffirait peut-être pas !!! Il s’agit d’enlever ce qui gêne le plus en allant au moment
le plus ancien, celui qui sert de pilier fondateur aux autres mouvements interrompus et qui contient de la douleur primaire, des émotions primaires.
Plus la personne pourra aller au cœur de ce mouvement initial, plus elle aura la possibilité de s’en libérer et donc de se libérer d’une chaîne de mouvements interrompus. C’est comme faire sauter
le poste de commande d’une armée ou ôter la première perle d’un collier qui maintient les autres.
Pour cela, il nous semble nécessaire de nettoyer un minimum les émotions secondaires qui sont à la périphérie. Certes, Bert Hellinger dit qu’il ne faut pas s’y attarder et aller aux émotions
primaires le plus rapidement possible. Mais ces émotions secondaires sont là et c’est avec elles que la personne arrive le plus souvent. Et elles lui servent de bouclier bien souvent, lui
évitant ainsi la confrontation avec les émotions primaires, plus douloureuses.
C’est ce que la personne connaît et qui va souvent avec un incident qu’elle se rappelle mais qui est aussi en périphérie, un peu comme la pointe d’un iceberg. Or, cet incident a souvent un
antérieur que la personne a bien refoulé pour survivre et qui peut même remonter à la période fœtale (la maman enceinte a eu une grande frayeur ou perdu une amie très proche ou un papa) ou peu
après la naissance (le bébé n’arrive pas à prendre le sein, il a des coliques, maman a eu une césarienne). C’est ce moment-là que nous voulons découvrir, rendre visible pour que la personne
comprenne pourquoi elle a mis en place toutes ces stratégies de survie. Si elle comprend, elle retrouvera de l’affinité pour ce qui s’est passé, pour elle et son parent.
Comment aller vers l’inconnu, vers les émotions primaires qui maintiennent en place les comportements inadéquats ? L’expérience nous a montré qu’en prenant ce qui était là (et c’est conforme au
principe de réalité qui inclut ce qui est, ce qui se montre), nous pouvions dégager la voie et atteindre l’endroit et le moment où ce mouvement s’est arrêté pour la première fois. Alors la personne
retrouve son mouvement à elle, sa spontanéité intrinsèque qui vont lui permettre d’entrer à nouveau en relation avec elle, avec les autres, en
confiance, à partir du Centre qu’elle est, reliée à ses parents.
Nous n’essayons donc pas de « remettre du mouvement », préférant un travail en profondeur, apte à initier une transformation dans l’existence d’une personne. Notre intention est d’impulser un
mouvement de vie dans la durée où la personne puisse intégrer dans son champ de conscience, non seulement son père et sa mère avec parfois un contexte transgénérationnel, mais aussi, des
parties d’elles-mêmes qu’elle a toujours niées et qui font obstacle à se vivre pleine et entière.
C’est ainsi que nous avons conçu un travail spécifique au mouvement interrompu avec des exercices qui utilisent le placement de la constellation et facilitent le face à face à venir avec la mère ou
le père. L’observation de ce qui se passait pour les clients et leur feed-back nous ont fait évoluer vers des séminaires de longue durée (6 jours cette année, 7 jours l’an prochain), avec
l’objectif que chacun puisse aller profondément et tranquillement dans ces structures aberrées, douloureuses et ait du temps et de l’espace pour intégrer ces expériences.
Le travail inclut des moments de contact structuré, toujours en lien avec la mère ou le père, des plages de bonding thérapeutique = étreinte codifiée qui favorisent la restauration à venir, tout en
révélant des zones fragiles et en amenant des prises de conscience. Notre objectif est que toute personne reparte en ayant bouclé son processus, avec des indices positifs : soulagement, ton
émotionnel plus élevé, meilleur élan à faire, nouvelles possibilités, nouveaux points de vue.
Et c’est en donnant suffisamment de temps que l’inconnu, le plus ancien, le plus fondateur dans la séquence d’élans rompus peut être contacté, devenir accessible et
confrontable.
Et les exercices préliminaires au face à face servent à cela ; ils permettent de commencer à réduire la charge émotionnelle, les résistances, les peurs, ce que la personne n’a jamais osé dire et
même penser . Des compréhensions se font. La confrontation devient ainsi plus aisée, en contact avec les émotions primaires. Peu à peu la restauration de l’élan vital prend forme et la plupart des
participants pourront le mener au bout, en allant dans les bras du parent ce qui sera alors prolongé par un moment de bonding dont la fin sera initiée par le client, lorsqu’il se sentira
suffisamment rempli au point de pouvoir se détacher pour expérimenter le monde.
Bien que ce soit l’objectif, le rythme du client est respecté et rien ne sera fait pour forcer « cette nouvelle naissance ». Si cela venait trop ou de façon inopportune, artificielle, la
restauration perdrait de la puissance et le client en pâtirait et serait frustré. Ne pas aller dans les bras du parent n’est pas un échec, seulement une étape nécessaire et propice à un
travail intérieur et ultérieur qui permet l’émergence de nouvelles informations.
Ce processus peut demander plusieurs interventions, en fonction du travail thérapeutique déjà fait par la personne, de l’importance des traumatismes vécus, de sa capacité à pouvoir accueillir ce
qui est. Faire l’expérience du chaos pour retrouver un nouvel ordre intérieur est un long chemin de patience, de compassion vis-à-vis de soi et d’autrui.
Entreprendre ce voyage aux sources de l’élan brisé, c’est apprivoiser l’ingérable avec ses cuirasses de protection, ses couches de refoulement, ses douleurs cristallisées. Cela demande
beaucoup de sécurité, de patience, de compassion pour que cet être qui souffre et s’ouvre à ce que fut l’ingérable l’impensable, l’innommable parfois. C’est à ce prix qu’une personne peut renouer
avec ses forces de vie, transmises par ses parents et qui, jusque-là étaient restées bloquées dans un incident, un moment traumatiques.
Vous pouvez découvrir l’intégralité de cet atelier
et faire connaissance avec notre travail de façon vivante,
en vous procurant le DVD
« Comment intégrer le mouvement interrompu »
auprès de la L.U.S info@libre-université-samadeva.com
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Dans la rubrique Page,
découvrez des témoignages de personnes
ayant vécu le stage de cet été
ainsi que le calendrier des stages 2010
Par Christiane Perreau
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Voici un développement de
l’atelier/conférence
donné par Brigitte Asselineau et Christiane Perreau
au 2ème Congrès des Constellations Familiales et Systémiques
à La Libre Université du Samadeva
au Clos Hermitage au Hohwald (Alsace).
Nous remercions particulièrement Coline d’Aubret,
organisatrice de ce congrès,
de nous avoir invitées à présenter nos recherches
remarquées par Daniela Conti et Coline d’Aubret
au travers de nos articles sur ce sujet
L’objectif des constellations familiales est de permettre à une personne de se réconcilier avec elle-même, ses parents , « prendre père et mère » et le système
auquel elle appartient. Or, pour réaliser cet apaisement, nous rencontrons deux obstacles majeurs qui sont :
1. Les intrications qui sont des mouvements inconscients vers une personne du système qui a été exclue afin de la « représenter », de lui donner la place qu’elle devrait
avoir. Les constellations rendent visibles ces identifications et les dénouent d’une manière remarquable.
2. Le mouvement interrompu qui est cet élan spontané, instinctif d’un enfant vers son parent, sa mère essentiellement et qui ne peut aboutir pour diverses raisons largement
évoquées dans des articles précédents. Ce mouvement est fait de ces ruptures dans la relation précoce, lors des premiers attachements de l’enfant à sa mère. Même si un attachement est impossible,
même s’il n’y a « rien », il y a un attachement avec « rien » ce qui est relatif parce qu’il n’y a jamais « rien », mais c’est cette empreinte qui va conditionner l’existence d’adulte d’un tout
petit. Ainsi, un attachement insécure, anxieux est un attachement, un attachement morbide est un attachement.
3. Ces deux obstacles fondamentaux s’imbriquent l’un dans l’autre. Une mère qui est identifiée à une aïeule morte jeune manquera de disponibilité pour son enfant : une partie de
son attention est au service de cette aïeule reniée. Cela sera d’autant plus conséquent si cette maman est née prématurément et a été séparée de sa propre mère durant 3 semaines. Lorsqu’elle
donnera naissance, ces deux mouvements risqueront d’être un empêchement à accueillir pleinement son enfant, lui causant une rupture propice à d’autres pertes similaires et des comportements
malades. Cela va agir sur la maman consciente des mouvements de retrait de son enfant qui va se culpabiliser et se vivre comme une mauvaise mère qui ne sait pas répondre aux besoins de son
enfant….ce que l’enfant va percevoir…
Presque toute constellation nous donne à voir un enfant qui ne peut pas aller vers sa mère ou son père, manifestant des mouvements de repli, de colère, de rage, de peur, de panique, refusant sa
mère ou son père car les blessures sont encore trop béantes. Aller vers le parent signifierait s’exposer à un nouvel abandon, à un nouvel échec et donc de se retrouver seul, impuissant face à
la douleur.
La crainte d’échouer est trop paralysante car elle réactive la douleur « primaire » (celle ressentie dans la première rupture) où l’enfant a peut-être pris la décision de mourir pour
renoncer à l ‘existence ou pour mettre fin à tant de souffrances (çà vaut pas la peine d’exister, çà sert à rien). Décisions contre balancées par d’autres intentions contradictoires (je vais
me débrouiller seule, je me ferme comme une huître, je m’oppose et résiste) qui mettent une personne dans de perpétuels conflits intra-psychiques, la bloquant dans une existence rétrécie,
angoissante, chaotique.
Nous avons constaté que même si ce mouvement est traité dans le cadre d’une constellation (en allant au point de rupture et même en impliquant directement le client face à son père ou sa
mère), il reste très difficile et peu fructueux quant aux répercussions dans l’existence de la personne.
Ceci est d’autant plus marqué quand le contexte traumatique est trop lourd : inceste, maltraitance, abandon, humiliation, honte, maladies graves, handicaps physiques ou mentaux, infanticide
dans les lignées ou toute situation ayant nécessité l’éloignement du cercle familial (mise en prison des parents, placement à la DASS ou dans une institution thérapeutique).
C’est aussi valable pour des personnes qui ont éprouvé tant de manques d’attention, tant de ruptures qu’elles ont érigé entre elles et leurs parents un mur de haine, de résistances qui les
empêchent de prendre quoique ce soit des parents, se coupant ainsi d’une partie d’elles-mêmes et se privant de la force vitale qui vient des parents. Leur lien d’attachement est un lien de
dépendance qui empêche toute autonomie, enfermant dans la souffrance et la structure égotique malade.
Tout n’est pas systémique et le mouvement interrompu, qui est déterminant dans la construction d’une personnalité, est avant tout un mouvement émotionnel qui mérite plus d’attention, plus de temps
et des étapes intermédiaires afin de nettoyer les charges qu’il contient et faciliter l’approche du point de rupture qui demande au client une capacité de confrontation accrue et un contexte
soutenant et sécuritaire. Ainsi une intervention plus thérapeutique semble justifiée.
Il nous est apparu qu’il était nécessaire de dépister non seulement le moment de cette rupture mais aussi de permettre à une personne de faire l’expérience des émotions restées en suspens,
retenues, refoulées depuis tant d’années et de mettre à jour les obstacles, les mécanismes, les mouvements qui l’empêchent de retrouver cet élan vital.
N’oublions pas que le petit enfant, à fortiori le fœtus, n’a pas les moyens de gérer ses états émotionnels, traumatiques mais il en fait l’expérience dans son corps. C’est ainsi qu’il bloque
son diaphragme, limitant sa respiration pour ne plus sentir sa douleur, qu’il contracte le haut de son dos, de sa nuque, qu’il contient sa rage dans ses mâchoires.
Ce qui est vécu comme dangereux et ingérable par le petit enfant est mis de côté, refoulé dans un espace de sa conscience appelé l’inconscient. Il a reçu quelque chose qu’il n’a pas pu prendre avec
lui et qu’il tente de maintenir à l’extérieur de lui, faisant de lui, de nous, des personnes morcelées, fragmentées, clivées. C’est en faisant l’expérience des mouvements figés, des mouvements
contradictoires, des mouvements émotionnels restés incomplets que la personne pourra compléter et achever cette expérience douloureuse. Seule l’expérience de la charge permet l’intégration d’un
traumatisme, ouvrant le chemin de l’unité.
S’il reste trop de charges émotionnelles alors qu’une restauration a été initiée,
celles-ci resteront actives et se réveilleront lorsque la personne sera confrontée à une situation dont les ingrédients rappellent la rupture initiale. Par exemple, une rencontre amoureuse qui
compte beaucoup et prend de l’importance va raviver les souvenirs d’abandon, de perte s’ils n’ont pas été clarifiés, intégrés.
Nous avons émis l’hypothèse qu’en nettoyant le plus possible la charge émotionnelle, c’est-à-dire en allant à la racine ou au plus près du premier incident d’élan brisé, le client
retrouverait de l’espace, des unités d’attention et d’intention disponibles qui permettraient au mouvement d’attachement de jaillir à nouveau. Cet élan d’amour est vital et ne demande
qu’à se déployer ! C’est quelque chose de spontané, de naturel.
(à suivre)
Par Christiane Perreau
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Vous êtes peut être déjà en vacances ou vous préparez activement vos
bagages ; vous êtes peut être déjà rentrés de vacances où vous avez fait le plein d'énergie et vous avez l'intention de faire de nouveaux choix qui seront alignés avec l'existence que vous aimeriez
avoir.
Votre système familial est-il une ressource
qui vous aide à concrétiser vos rêves ou une entrave ?
Les constellations familiales et systémiques permettent de découvrir les liens invisibles qui vous lient au passé et vous limitent dans votre présent, votre futur. Elles permettent de mettre en
évidence que ce qui vous arrive aujourd’hui dans votre existence personnelle est une reproduction d'expériences douloureuses vécues dans le passé par un membre de votre famille, un de vos
ancêtres.
Un des objectifs majeurs de cette merveilleuse méthode est de nous faire prendre conscience des identifications inconscientes que nous avons avec certains membres de notre famille.
Nous pourrions être en train de rejouer constamment l’histoire d’un de nos ancêtres, sans en être vraiment conscients, afin qu’il fasse partie du clan, espérant ainsi rétablir l'ordre dans le
système, inconscients d'en augmenter le chaos.
Certaines personnes appartenant à notre famille (notre système) ont été exclues de celui-ci tant leur destin douloureux (maladie, mort prématurée, amours interrompues, inceste, avortement,
injustice, guerre, etc) n’a pu être confronté en temps réel.
Donc, leurs cycle douloureux, non terminés, pourraient bien avoir été repris par un autre membre de leur famille... par “vous” ou par un de vos enfants, inconsciemment !
Une grande partie des difficultés que vous pouvez rencontrer aujourd’hui pourrait provenir d’une identification “involontaire” à une ou plusieurs personnes de votre famille.
Peut-être tentez-vous d’harmoniser et d’unifier votre système familial sans en avoir ni la pleine conscience, ni le savoir-faire qu’il faudrait pour y réussir.
Le destin que vous avez aujourd’hui est-il bien le
vôtre ?
Grâce aux participants qui représentent le temps de votre constellation, les membres de votre famille, vous aurez l’opportunité de découvrir dans quel rôle vous avez investi votre vie, dans quelle
situation douloureuse vous êtes bloqués.
Est-ce bien l’existence dont vous avez
rêvée que vous vivez aujourd’hui ?
L’objectif d’une constellation est de faciliter le processus de
dés-identification au membre de votre famille afin de redevenir vous-même. Elle permet de cibler rapidement là où nous pouvons mettre notre attention pour transformer nos souffrances en
conscience et alléger le poids de l'héritage transgénérationnel qui entrave la circulation de l'amour dans un système.
Il consiste, entre autres, à révéler ce qui a été refoulé et à initier un nouvel ordre dans votre système familial ; c’est ce qu’on appelle “remettre de l’ordre”. Le résultat sera porteur de
nouvelles potentialités vous permettant de réaliser votre propre mission de vie.
La restauration du mouvement interrompu a pour
objectif de contacter ce moment crucial où une rupture de liens et de continuité a eu lieu entre un enfant et son parent. Et cette rupture bloque la personne dans un passé d’enfant qui, à son insu,
persiste dans son présent. C’est un mouvement émotionnel qui nécessite d’être repris là où il s’est figé afin que la personne puisse renouer avec l’élan vital interrompu et le
restaure.
En allant dans la rubrique page, vous découvrirez le programme des stages ainsi que les prochaines rencontres sur les constellations familiales qui ont lieu à côté de Strasbourg du 25
au 27 septembre où différents professionnels
partageront leurs recherches dans ce domaine toujours en évolution.
Christiane Perreau
Par Christiane Perreau
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